Le cri de Catherine Bernard, vigneronne dans l’Hérault… A lire et à partager.

Catherine Bernard pousse ici un CRI dans l’acception de l’œuvre expressionniste de l’artiste norvégienEdvard Munch dont il existe cinq versions réalisées entre 1893 et 1917.Symbolisant l’homme moderne emporté par une crise d’angoisse existentielle.

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C’est bien de cela qu’il s’agit.

Lisez et relayez, merci !

Bougez-vous le cul !

Je suis vigneronne.

Je n’écris pas en qualité de vigneronne.

Je n’écris pas non plus en qualité de vigneronne victime d’une calamité agricole, d’une catastrophe naturelle ou d’un accident climatique. Ce qui s’est produit dans les vignes du Gard et de l’Hérault vendredi 29 juin, est d’une tout autre nature, d’un tout ordre, ou plus exactement d’un tout autre désordre.

J’écris en qualité de témoin du changement climatique à l’œuvre, qui est en fait un bouleversement, qui ne concerne pas ici des vignerons, là des arboriculteurs, hier des pêcheurs, demain des Parisiens asphyxiés, mais bien tous, citadins ou ruraux, habitants du Sud comme du Nord, de l’Ouest, ou de l’Est.

J’écris en qualité d’hôte de la terre. Nous sommes chacun, individuellement, interdépendants les uns des autres.

J’étais vendredi matin dans les vignes pour faire un tour d’inspection des troupes et ramasser des abricots dans la haie de fruitiers que j’ai plantée en 2010 entre les terret et les cinsault. Il faisait déjà très chaud. Je ne sais pas combien, je ne veux pas ouvrir le livre des records. Je suis rentrée au frais, et je me suis plongée dans la lecture d’un livre passionnant, La vigne et ses plantes compagnes de Léa et Yves Darricau. J’ai repoussé la plantation de 30 ares de vignes à l’origine programmée pour cette année, à plus tard, à quand je saurai comment et quoi planter. Je cherche. A 18 heures, Laurent, mon voisin de vignes avec qui je fais de l’entraide, m’appelle :

– Là-haut à Pioch Long, les syrahs sont brûlées.

– Comment ça brûlées ?

– Oui, brûlées, les feuilles, les raisins, comme si on les avait passé au chalumeau.

J’ai pris ma voiture, et je suis allée dans les vignes. Quand j’ai vu à La Carbonnelle, les grenaches, feuilles et grappes brûlées, grillées, par zones, sur la pente du coteau exposée sud-ouest, je n’ai pas pensé à la perte de la récolte. J’ai vu que certaines étaient mortes, que d’autres ne survivraient pas. Il faisait encore très très chaud et j’ai été parcourue de frissons. La pensée m’a traversée que c’était là l’annonce de la fin de l’ère climatique que nous connaissons, la manifestation de la limite de l’hospitalité de la terre. Puis je suis passée sur le plateau de Saint-Christol, là où depuis le XIIème siècle l’homme a planté des vignes pour qu’elles bénéficient pleinement des bienfaits du soleil et du vent. Et là, à droite, à gauche, j’ai vu des parcelles de vignes brûlées, grillées dans leur quasi-totalité.

Il y aura des voix, celles des porte-parole des vignerons, chambre d’agriculture, représentants des AOC, et c’est leur rôle, pour évaluer les pertes de récolte, la mortalité des ceps, et demander des indemnisations.

Il y aura les voix invalidantes de la culpabilité, celle des gestes que l’on a faits dans la vigne les jours précédents et que l’on n’aurait peut-être pas dû faire, ou ceux que l’on n’a pas faits et que l’on aurait dû faire. Et si j’aurais su. A ceux-là, je réponds, les si n’aiment pas les rais. (1)

Il y aura des voix pour dire qu’à cela ne tienne, on va généraliser l’irrigation, et si cela ne suffit pas, eh bien on plantera des vignes, plus haut dans le Nord, ailleurs. Peut-être même y en aura-t-il pour s’en réjouir. A ceux-là, je réponds qu’ils sont, au mieux des autruches, au pire des cyniques absolus et immoraux, dans les deux cas des abrutis aveugles.

Ce qui s’est produit ce vendredi 29 juin dans les vignes du Midi, est un avertissement, un carton rouge. Ce n’est pas seulement les conséquences d’un phénomène caniculaire isolé doublé d’un vent brûlant, mais la résultante de trois années successives de stress hydrique causé par des chaleurs intenses et de longues périodes de sécheresse qui, année après année, comme nous prenons chaque année des rides, ont affaibli les vignes, touchant ce vendredi 29 juin, celles qui étaient plantées dans ce qui était jusqu’alors considéré comme les meilleurs terroirs. C’est aussi la résultante d’un demi-siècle de pratiques anagronomiques.

La Carbonelle est plantée de vignes depuis 1578. C’est un mamelon en forme de parallélogramme bien exposé au vent et soleil. Ce qui s’est passé le 29 juin, dit que l’ordre des choses s’est littéralement inversé. Le vent et soleil ne sont plus des alliés de l’homme. La solution de l’irrigation est la prolongation d’un défi prométhéen. On se souviendra qu’il lui arrive quelques bricoles à Prométhée. Cela dit aussi que le changement va plus vite que la science agronomique et ses recherches appliquées, cela nous précipite dans un inconnu. Il nous faut radicalement changer notre rapport à la terre, ne plus nous en considérer comme des maîtres, mais des hôtes, que l’on soit paysan ou citadin.

Ceux qui voudraient circonscrire à la viticulture du Midi ce qui s’est produit le 29 juin s’illusionnent. Le phylloxéra a été identifié en 1868 à Pujaud dans le Gard. Les vignerons des autres régions ont cru ou feint de croire qu’ils seraient épargnés. En 1880, le puceron avait éradiqué la totalité du vignoble français, et gagné toute l’Europe. Le phylloxéra était lui-même la « récompense » de notre quête du mieux, du plus. Il a été à l’origine de la seule grande émigration française et d’une reconstruction du vignoble qui a profondément changé l’équilibre même de la vigne. Nous en sommes les héritiers directs.

Ceux qui voudraient circonscrire le phénomène à la viticulture se dupent aussi. La vigne nous accompagne, sur notre territoire, depuis plus de deux millénaires, et l’homme depuis plus de 6 000 ans. Sa culture est tout à la fois un pilier et un symbole de notre civilisation. Si la vigne n’a plus sa place dans le Midi, l’homme ne l’aura pas davantage car le soleil et le vent seront brûlure sur sa peau.

Nous, vignerons, devons en tout premier lieu renouer avec la dimension métaphysique de notre lien à la terre et alors, nous pourrons changer radicalement nos pratiques. Mais il faudra autant de temps pour retricoter ce que nous avons détricoté. L’œuvre elle-même est vaine si par ailleurs, nous, vous, moi continuons à prendre l’avion comme nous allons promener le chien, goûtons aux fruits exotiques comme si on les cueillait sur l’arbre, mettons la capsule dans la machine à café comme un timbre sur une lettre, ainsi de suite. Ce que les vignes disent, c’est que notre civilisation elle-même est menacée.

Les abeilles l’ont aussi dit, avant la vigne. Mais nous ne les avons pas entendues.

Catherine Bernard

(1) « Si j’avais su je n’aurais pas venu… » petit Gibus la guerre des boutons

La règle est que lorsqu’on emploie la conjonction si, qui exprime déjà une condition, il est inutile de la doubler d’un verbe conjugué au conditionnel. Un moyen mnémotechnique traditionnel pour assimiler cette règle est de mémoriser la phrase « Les scies n’aiment pas les raies », ou plus simplement, «Les si n’aiment pas les rais». Bescherelle

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Vive le rugby ! à XIII comme à XV…

Nous venons de célébrer le 75eme anniversaire du débarquement en Normandie par les forces alliées et cet événement sonnait pour les Français les premières notes réconfortantes jusque-là étouffées par un assourdissant bruit de bottes…

C’est quelques années auparavant, en 1941, que le régime de Vichy, entre autres victimes, condamnait à mort le rugby à XIII.

Le Rugby à XIII qui est né en 1895 à Hudersfield en Angleterre s’installa en France en 1934 sous l’impulsion des anglais et lorsque la deuxième guerre mondiale a éclaté, ce sport était en pleine ascension tant sur le plan sportif qu’au niveau de sa popularité.

On comptait 172 clubs dans l’hexagone dont 14, qui jouissaient d’un statut professionnel, évoluant au plus haut niveau tandis que les quinzistes marquaient un peu le pas du fait de leur amateurisme, de leurs règles poussiéreuses et surtout en raison de leur éviction de la scène internationale depuis 1932, date à laquelle les anglais refusèrent de rencontrer les tricolores dont ils condamnaient les excès de violence sur le terrain.

Aussi, ayant vu se diviser par deux le nombre de club en activité en France en moins de quinze ans, la FFR, souhaitant garantir sa pérennité, profitait de quelques acuentances de certains de ses dirigeants avec le Gouvernement de Vichy pour titiller les convictions moralisatrices du Maréchal et de ses affidés susceptibles d’être offusquées par le statut professionnel des treizistes…*

Ainsi, fut créé en Octobre 1940 par le Commissariat Général des Sports un Comité d’étude de professionnalisme et d’amateurisme qui concluait dans la foulée que « les sports professionnels devaient être supprimés« .

Un sursis de trois ans etait accordé au football, au cyclisme, à la boxe et à la pelote basque mais la sentence de mise à mort fut immédiate pour le tennis et le rugby à XIII.

L’avis de décès du rugby à XIII était officialisé par un Décret, publié le 19 décembre 1941, émanant du Secrétariat d’État à l’éducation nationale et à la jeunesse, qui a eu pour effet la dissolution de la Fédération, la spoliation de tous ses biens, la saisie de ses archives par la police de Vichy et l’obligation pour les treizistes de jouer désormais à XV pour pouvoir continuer à toucher le ballon ovale…

Ce n’est qu’en Septembre 1944 que la ligue francaise de rugby à XIII renaissait de ses cendres à Toulouse avant d’etre à nouveau autorisée, en se ralliant à l’amateurisme et sous la houlette de Paul Barrière que les Carcassonnais connaissent bien, mais il s’appellera désormais « jeu à XIII » probablement pour ne pas faire revivre l’ancienne fédération de rugby et l’empêcher ainsi de réclamer restitution de ce qui lui avait été volé.

Ce n’est que près de 50 ans plus tard, en 1993, au terme d’un très long procès engagé par la FFR qui souhaitait demeurer le seul rugby, que le « jeu » treiziste pourra renouer avec son appellation de rugby d’origine mais le mal était fait.

Le Rugby à XIII, qu’on se le dise une fois pour toutes, a bien été une des victimes du gouvernement de Vichy bien aidé en celà par une inssupportable rancune de certaines instances quinzistes qui n’ont pas hésité, à l’époque, à bannir à vie et à interdire de terrains ceux qui voulaient y jouer au rugby à deux de moins et avec les numeros inversés sur le maillot…

Cette attitude à laissé des traces et je denonce aujourd’hui ceux qui maintiennent cette malsaine concurrence, saluant au passage ceux qui comme moi estiment que le ballon ovale, peut importe le nombre de joueurs sur le terrain, n’a d’importance que par les valeurs qu’il inculque et qu’il véhicule.

Pourtant, la popularité d’avant guerre n’etaient pas définitivement perdue et commençait alors une nouvelle période de gloire..

En effet, les stades se remplissaient à nouveau et en 1951, lors de la première tournée en Australie du XIII de France emmené par Puig-Aubert, Dop, Cantoni, Mason, Martin et consorts, ces derniers remportaient 20 victoires et ramenaient une notoriété mondiale qui leur valu, à leur retour au pays, un accueil fracassant par 100.000 personnes venues acclamer a Marseille les héros du rugby.

Le XIII de France renouvela ses exploits en 1955 puis en 1960 et localement, durant cette periode, il existe des images de nos stades, dans nos têtes et sur photographies, comme celui de la Pépinière a Carcassonne devenu Albert Domec, plein à craquer comme on ne l’a jamais revu.

À partir de 1968 et malgré une place en finale de la coupe du monde, des virages sûrement mal négociés par les instances annoncèrent le declin du XIII que Jacques Fouroux, ancien capitaine du XV de France, ne parvenait pas à relancer en 1995 en dépit de la qualité et de la noblesse de son projet.

Aujourd’hui, le XIII français se remet à briller dans le championnat anglais avec les Dragons Catalans, qui ont même gagné la Cup à Wembley l’an dernier devant 80.000 spectateurs et le Club de Toulouse Olympique qui mérite de suivre le même chemin pour récompenser les Toulousains d’avoir tellement fait pour les deux rugby, pour l’ovalie en général.

M’inspirant de Jean Giraudoux, je pense comme lui que le rugby c’est à « Six ou huit joueurs forts et actifs, deux légers et rusés, quatre grands rapides, et un dernier, modèle de flegme et de sang-froid. Le rugby, c’est la proportion idéale entre les hommes » et c’est aussi vrai aujourd’hui pour les femmes…

Pourquoi ne serais-je pas autant satisfait ce soir de voir d’un coté la Coupe de France Lors Derby gagnée pour la quinzième fois de son histoire, à XIII, par une équipe de Carcassonne qui était donnée pour morte à la fin de la saison dernière et de voir de l’autre coté la qualification, à XV, du Stade Toulousain pour sa vingt huitièmes finales du championnat.

C’est effectivement à Toulouse, notamment, que le XIII comme le XV ont eu quelques unes de leurs plus belles heures de gloire, tant aux Minimes qu’au Stadium l’un et l’autre systématiquement plein à craquer et ce n’est peut être pas par hasard si, sous l’impulsion de son president @didierlacroixx, le Stade Toulousain va bientôt permettre au TO XIII de recevoir dignement ses adversaires anglais à Ernest Wallon.

Belle leçon de tolérance et d’ouverture en perspective qui merite d’etre saluée et qui devrait faire des émules pour qu’un jour les deux rugby parviennent à se traiter sans rivalité, d’égal a égal, pour que plus jamais on affuble du mot infamant « jeu » ce noble sport qui se joue aussi magnifiquement à XIII…

Pour oublier la triste période où un rugby a participé au meurtre de son frère au rythme du bruit des bottes sur la triste et détestable partition de la Collaboration, c’est encore aujourd’hui sous l’égide d’une nouvelle collaboration, au sens de l’entraide et du soutien dans une Paix retrouvée, que l’ovalie retrouvera ses lettres de noblesse et les valeurs qui façonnent ce ballon si étrange portées par tous ceux qui en jouent quels que soit leur nombre sur le terrain.

Vive donc le rugby ! A XIII comme à XV…

Franck Alberti

*Robert Fassolette – histoire politique du conflit des deux rugby en France

* photo : France / Kiwi 8 Janvier 1956 au Stadium à Toulouse

Trèbes 2020 : Soyons dignes et à la hauteur des enjeux

Cinq ans se sont écoulés depuis les précédentes élections Municipales et c’est à Trèbes, où j’ai émigré de Carcassonne il y a plus de trente ans, que j’ai cru devoir m’engager au début de l’année 2014, après un quart de siècle marqué par le règne de Claude BANIS auquel on doit, malgré de trop nombreuses dissensions créées au sein de ses administrés, de belles réalisations sur la commune.

En 2014, Les barons locaux qui avaient toujours été adjoints au Maire depuis les années 80 n’avaient qu’une seule idée en tête : y rester, n’hésitant pas pour cela à se lancer dans la bataille avec pour seul bagage la volonté de nuire au seul motif qu’étant en place depuis tellement longtemps ils ne comprenaient pas pourquoi ils n’y seraient pas encore davantage, comme si la ville leur appartenait.

Au soir du premier tour, cela se soldait par 172 voix a leur actif et c’était déjà les prémisses d’une certaine idée du « dégagisme » qui pointait son nez.

De son coté, le Rassemblement Bleu Marine tentait déjà de faire main basse sur la ville, emmené pour cela par un enfant du village, issu d’une famille d’agriculteurs, qui s’est très tôt engagé politiquement au RPR puis au RPF, cher à Charles Pasqua, avant de se promener opportunément dans les rangs du FN devenu RN, promenade qui l’a conduit aujourd’hui à devenir conseiller Régional d’Occitanie et membre du bureau national du parti d’extrême droite.

Le parti socialiste quant à lui, du haut de son omnipotence départementale et avec le sentiment d’avoir été si longtemps injustement dépossédé de la ville aux trois B, se mettait en transe à l’idée de se réapproprier la commune mais se déchirait pour mettre en place sa tête de liste et le combat fut rude entre celui, président du Club de rugby, qui pensait que c’était incontestablement son tour au bénéfice de ses précédentes vaines candidatures et l’autre, président du club de football, qui s’engageait le 7 Janvier 2014, entre autres promesses et comme s’il s’agissait de l’ambition suprême, à rendre la ville au parti.

Il me semblait que Trèbes ne méritait pas les querelles qui s’annonçaient mais il n’en fallait pas plus pour que je décide d’y participer en constituant autour de moi une équipe qui s’est transformée en une liste, que j’ai présentée au public le 7 Février 2014 et que j’ai cru devoir composer, peut être naïvement et certainement trop tôt, de femmes et d’hommes issus de tous bords et de toutes sensibilités qui avaient pour vocation de se rassembler et d’appeler au rassemblement de tous autour de projets simples et réalisables, non partisans, adaptés à notre ville, s’inscrivant dans l’intérêt de tous les citoyens.

Une association pour aller « ensemble plus loin » était créée avec un objet qui résumait l’essentiel du programme que nous allions défendre.

Alors que la droite commençait à se diluer, que la gauche s’effritait et que le système partisan ne valait plus que par la politique des slogans, par ses oppositions systématiques et stupides, ses basses stratégies et ses promesses non tenues, nous pensions que le temps était venu à Trèbes où les citoyens auraient la capacité de prendre leur destin en main et de se rassembler autour d’un nouveau mode de partage s’inscrivant dans l’intérêt de tous, équilibré, apaisé et constructif. C’est ce que nous proposions.

Mais si rien n’est plus puissant qu’une idée dont le temps est venu, c’est aussi avoir tort que d’avoir raison trop tôt.

En effet, l’heure n’était manifestement pas encore venue de mettre en œuvre nos idées non partisanes mais malgré l’échec, j’avais néanmoins acquis la conviction que personne ne pourrait plus arrêter ce qui se levait parce que finalement, notre seule revendication était celle de la sortie des carcans partisans et de la réhabilitation de notre liberté et c’est au nom de cette liberté, n’ayant personnellement pas eu d’autre ambition que celle d’œuvrer pour l’ensemble des Trébèens, que nous nous sommes retirés au deuxième tour malgré les plus de 17 % de votants enregistrés au premier, refusant ainsi de négocier quoi que ce soit avec quelque candidat que ce soit demeurant en lice, ce qui constituait simplement la suite logique de la campagne saine, sincère et engagée que nous avions menée.

Le 30 Mars 2014, à l’issue du deuxième tour et à trente votants près, c’est Eric MENASSI, un autre enfant du village, qui traînait ses guêtres sur le même banc d’école que le premier, qui a été élu sous la banniere « vraiment Trebes » en recueillant 1252 voix, soit quand même moins de 30 % des inscrits.

*******

Le Maire et son équipe auront fait ce qu’ils ont pu durant ce mandat, dirigés et aiguillés par le tout puissant Conseil Départemental.

Mais tout ceci n’a plus aucun intérêt aujourd’hui à Trèbes.

Les haines et les dissensions, pourtant présentes comme jamais, n’ont plus aucun sens quand on pense que quatre ans jour pour jour après le premier tour des élections municipales qui se sont déroulées le 23 Mars 2014, Carcassonne et Trèbes étaient odieusement frappées par un minable barbare qui a semé la terreur en s’attaquant à des innocents, blessant deux personnes et causant de sang-froid la mort de Messieurs Hervé SOSNA, Jean MAZIERES, Arnaud BELTRAME et de mon ami Christian MEDVES qui était sur ma liste quatre ans auparavant et qui avait dit et écrit de lui, au moment de s’engager :

« Né à Carcassonne il y a 45 ans, c’est le charme de Trèbes, de son vieux village, de son clocher, du canal, de sa proximité avec la ville tout en étant rurale qui nous ont décidé avec mon épouse de nous enraciner à Trèbes il y a 18 ans.
Mon métier c’est Boucher et j’ai la chance de pouvoir l’exercer dans ma ville.
Aujourd’hui, Trèbes est en plein devenir, en pleine expansion et il est important de bien aborder cette évolution.
La première chose à réussir pour que tous les autres projets se réalisent, c’est assurer la sécurité et le bien être des Trébèens. »

Et si assurer la sécurité et le bien être des Trébèens constituaient encore aujourd’hui la première chose à réussir pour que tous les autres projets puissent se réaliser…

Ce drame a laminé la commune de Trèbes et ses habitants et comme si cela n’était pas suffisant, moins de sept mois plus tard, dans le courant de la même année 2018, de terribles inondations anéantissaient une partie de la ville, de très nombreuses maisons, ses installations, sa piscine, le camping, des écoles, traumatisant toute la population et tuant six personnes dans la funeste nuit du 15 Octobre.

Lors de la cérémonie organisée en hommage aux victimes des attentats un an plus tard le 23 Mars 2019, le premier Ministre de la France, Monsieur Edouard Philippe, rendait hommage à « la très grande petite ville de Trèbes » qui était devenue, bien malgré elle, « le symbole de la destruction et de la reconstruction ».

Et si les seules choses qui comptaient vraiment ne résidaient désormais que dans la nécessité de reconstruire cette ville et de regonfler le moral de ses habitants…

Et si la seule chose véritablement utile ne consistait qu’à agir ensemble pour mettre en œuvre et réussir cette reconstruction…

Et si les Trébèens n’avaient besoin que de se sentir assistés, aidés pour pouvoir reconstruire et trouver en eux une bonne raison de ne pas quitter définitivement la ville comme déjà, de nombreuses personnes l’ont fait.

Et si les futurs élus de la commune n’avaient pas d’autres choix que de s’engager pour être dignes et à la hauteur du symbole qu’est devenue la ville de Trèbes qui se serait bien passée d’une telle notoriété…

Et si les futurs élus de Trèbes n’avaient pas d’autres choix que d’enterrer la hache de guerre et de ranger les dissensions et les haines nourries par leurs partisans respectifs, sentiments qui n’ont plus leur place dans une cité qui a souffert comme Trèbes a souffert…

Et si, pour nous en convaincre, nous nous rappelions un instant l’élan de solidarité immense qui s’est emparé de tous les Trébéens dans les jours qui ont suivi les inondations durant lesquels il n’existait plus qu’un maître mot, celui de l’entraide dans la reconstruction à laquelle nous devons tous continuer à participer au-delà de nos différences et jusqu’à la satisfaction générale.

Trèbes a été confrontée, en raison des évènements tragiques qui l’ont terrassée, à une situation inimaginable et les Trébéens lui doivent d’être à la hauteur et donc de réagir d’une manière inimaginable.

Il est inconcevable qu’à l’approche des prochaines échéances électorales, nous puissions oublier les drames qui ont frappé notre commune et faire comme si rien ne s’était passé.

Trèbes n’a pas besoin de vivre cela ! Elle doit marquer sa différence.

Notre différence, c’est que nous ne pouvons pas nous permettre de nier ou de nous attaquer au symbole qu’est devenue notre ville, notre souci ne pouvant pas consister en 2020, comme c’était le cas en 2014, de débusquer l’ennemi, de l’insulter, de le calomnier et de l’exclure pour demain et pour après demain…

Personne ne devrait pouvoir se lancer dans une prochaine campagne avec l’idée fixe de conquérir ou de conserver la Mairie de Trèbes.

Trèbes n’est pas en mesure de supporter que l’on s’engage contre quelque chose ou quelqu’un alors qu’on doit le faire uniquement pour elle, pour sa reconstruction.

Personne ne devrait pouvoir se lancer dans une prochaine campagne à Trebes en pensant qu’en raison de ce qui s’est passé il ne pourra que gagner.

Personne ne devrait pouvoir se lancer dans une prochaine campagne à Trèbes sans avoir la volonté primordiale de faire montre d’humilité et d’aller à l’essentiel, de rassembler toutes les bonnes volontés et de gommer les dissensions devenues ridicules au regard des drames qui nous ont traumatisés et de l’ampleur de la destruction et du traumatisme que la ville et ses habitants ont subi.

La prochaine équipe Municipale devra être obligatoirement composée de femmes et d’hommes qui auront la capacité à célébrer tout ce qui doit nécessairement nous unir et à agir dans le seul but de réussir non seulement la remise en marche de la commune qui prendra de nombreuses années mais également la remise en état de la confiance en l’avenir des Trébéens qui ont souffert et qui souffrent encore d’avoir autant été au cœur de la tourmente en si peu de temps.

La responsabilité de la future équipe Municipale consistera obligatoirement à sortir des querelles partisanes et à engager dans l’œuvre collective de reconstruction toute la population qui n’a pas besoin, contrairement à ce qu’elle pourrait penser, d’être impliquée dans un combat où les bas-instincts prendraient à nouveau le dessus.

Comment peut-on imaginer pouvoir reconstruire la ville de Trèbes en excluant de cet énorme chantier les deux tiers ou la moitié de la population ?

C’est bien ce qui se trame si on ne propose rien d’autre !

Le souci permanent de la future équipe Municipale devra donc être celui de la réconciliation et il devra consister à veiller en permanence à n’oublier personne sur le chemin.

Ne pas oublier nos ainés ni nos enfants,

Ne pas oublier nos actifs, nos commerçants, nos agriculteurs et ceux qui aspirent à le devenir.

Ne pas oublier ceux qui songent à quitter la ville et essayer de leur donner envie d’y rester ne serait ce que par l’image que nous allons leur renvoyer.

Ne pas oublier ceux qui pourraient venir s’y installer auquel nous allons devoir garantir la sécurité et un bien être retrouvé dans notre ville dont l’objectif serait à terme de redevenir attractive.

En bref, il ne faudra oublier personne et n’oublier personne, c’est d’abord penser à tous et agir pour tous, mais cela ne sera pas encore suffisant.

N’oublier personne, c’est aussi témoigner du respect pour tous et permettre à chacun d’avoir droit à une perspective dans sa ville,

N’oublier personne, c’est ne pas être partisan, ne pas agir pour les uns et contre les autres…

Ainsi, parce qu’à Trèbes, comme toujours, cela ne se passera pas comme ailleurs et parce qu’à Trèbes en 2014 figuraient pas moins de cinq listes aux Municipales, je suggère que les candidats potentiels ne se bornent pas en 2020 à « ouvrir » leur liste à quelques personnes venues d’autres horizons pour ratisser plus large comme cela va et doit se faire banalement partout ailleurs.

Le prochain mandat qui débutera en 2020 pour s’achever en 2026 sera forcément à Trèbes un mandat de transition destiné à la seule reconstruction.

Aussi, je suggère que soit constituée pour les prochaines élections municipales de Trèbes non pas une troisième liste qui aurait pour vocation de rassembler ceux qui ne sont pas passionnés par les deux autres listes et même s’ils sont nombreux, cette initiative banale qui ne serait pas à la hauteur des enjeux, pourrait juste porter la responsabilité de ce qui se profile, c’est-à-dire propulser Trèbes plus encore vers la division et le repli qui la gangrène déjà.

Pour être à la hauteur des enjeux, il n’y a qu’une seule solution et je regrette que personne ne l’ait suggérée avant aujourd’hui.

Pour être à la hauteur des enjeux, Il faut parvenir dans huit mois à ne constituer et à ne déposer qu’une seule liste sur laquelle figurera autant de femmes que d’hommes issus de tous les bords voir de toutes les listes précédemment en lisse de sorte que les 29 candidats, laissant au vestiaire les parties qui les clivent, seront tous élus pour composer le futur conseil municipal qui se rassemblera autour d’un projet de reconstruction dont le préambule serait, comme Christian le souhaitait, le retour du bien être et de la sécurité des Trébéens permettant la réalisation de l’entier projet de reconstruction et qui, recueillant l’agrément de tous, renverra à la population l’image d’une magnifique et enthousiasmante union sacrée pour la bonne cause et l’intérêt de tous…

Et pourquoi les mêmes ne sauraient-ils pas défendre d’une même voix les intérêts de Trèbes auprès de Carcassonne Agglo ?

Quand les uns et les autres cesseront de se jeter à la figure leurs reproches ad hominem, peut-être songeront ils à former des propositions constructives pour que Trebes envisage de retrouver sa figure et les Trebeens le bien-être auquel ils aspirent ?

Ne sommes-nous pas tous d’accord pour baisser les impôts locaux ?

Ne sommes-nous pas tous d’accord pour améliorer les conditions de vie dans la ville de Trèbes en organisant durablement son développement notamment en matière d’économie et de tourisme…

Ne sommes-nous pas tous d’accord pour que sorte enfin de sa torpeur la zone de Beragne, dernier Parc Regional d’Activites Économique (PRAE) du Sud de la France à sortie d’autoroute sur lequel ne pousse encore que du blé dur, et au sujet duquel, comme à chaque veille d’élection depuis 30 ans, des annonces de démarrage immédiat vont bientôt être diffusées à la population…

Ne sommes-nous pas tous d’accord pour favoriser la prise en charge de nos enfants ainsi que la solidarité avec les anciens et les plus démunis, pour aider les associations qui œuvrent pour nos loisirs et dans les domaines sportifs, éducatifs ou humanitaires…

Ne sommes-nous pas tous d’accord pour encourager la culture accessible à tous, pour valoriser le patrimoine de Trèbes, tous ses quartiers, ses traditions et ses terroirs tout en modernisant tous les moyens propres à y parvenir…

C’était l’objet de mon engagement en 2014 et il demeure intact et même conforté aujourd’hui.

Ainsi, dans ce mandat de transition, le Maire pourrait rester le Maire, ses opposants devenir ses adjoints, chacun s’engageant à sortir des carcans qui nous empêcheraient de mener à bien cette magnifique entreprise qui fera, sans nul doute, parler encore une fois de Trèbes bien au-delà de la région non pas cette fois-ci en rapport aux drames qui l’ont frappée mais eu égard à cette initiative humaine et humaniste que les Trébèens auront su prendre en raison des circonstances et avec la dignité et la hauteur qui s’imposent.

Cette idée apparemment fantasmagorique, qui relève peut-être d’une utopie, constitue pourtant le paroxysme de l’engagement politique dans l’intérêt de tous et s’il n’est évidemment pas réalisable partout, il est néanmoins réalisable à Trèbes et en 2020 en raison de ce que les gens y ont vécu et en fonction de ce qu’ils sont en droit d’y attendre car il n’y a qu’ensemble que nous pourrons reconstruire Trèbes, il n’y a qu’ensemble et en renvoyant cette image d’union que nous pourrons la mener plus loin.

Je sais que cette idée ne laissera pas indifférent ceux qui aiment leur ville et dont la volonté ne consiste qu’à s’engager pour elle et pour l’ensemble de ses habitants.

Et si cela marchait ?

Qui pourrait en effet refuser de tenter cette aventure d’union municipale dans l’intérêt de nos concitoyens Trébéens qui ont bien droit et besoin d’une telle conversion positive du regard sur la politique locale ?

Ce que vous venez de lire vous incite peut-être à sourire et à rétorquer que « la politique c’est sérieux !  » mais c’est bien parce que la politique c’est sérieux et qu’il n’y a pas de plus beaux engagements que celui qui consiste à s’engager pour servir les autres que j’invite chacun à y réfléchir sérieusement et à réaliser à quel point nous serions bien inspirés d’essayer d’y donner suite avec détermination.

J’invite le Maire bien entendu, j’invite ses opposants évidemment et je m’engage bien sûr moi-même à faire comme les autres, le cas échéant, ma part sur ce chantier pour que cela réussisse.

Nous devons bien cela aux Trébèens car le pessimisme de la lucidité sur notre passé nous oblige à l’optimisme de la détermination pour notre avenir.

A vous lire ! et tant pis pour celui qui osera refuser, signifiant ainsi qu’il privilégie ses intérêts personnels à ceux de la commune !

Franck ALBERTI

Dmanche 26 Mai 2019… chronique de fin du scrutin européen !

Avant d’aller accomplir mon devoir de citoyen ce matin dans les urnes, je faisais un tour au jardin pour récupérer les oeufs de nos poules et mettre trois coups de pioches supplémentaires autour des semis car depuis quelques années, et comme une évidence, il nous est apparu en famille que le meilleur desherbant était l’outil et non plus le produit…

Beaucoup de choses ont changé depuis cinq ans mais il convient de constater qu’après avoir recueilli 24,86 % des suffrages aux élections européennes en 2014, le FN, devenu entre temps RN, ne rassemble finalement pas plus qu’auparavant puisqu’il ne fait que se rapprocher de sa performance antérieure, perdant même deux députés au Parlement avec 22 sieges en 2019 contre 24 précédemment.

Dans le contexte, c’est plutôt décevant pour les fans de la famille Le Pen mais il ne faut pas le dire…

En 2019, c’est le parti présidentiel, la REM, n’ayant enregistré aucun score en 2014 car il n’existait pas, qui talonne desormais le RN avec 23 % des votes exprimés (22 sieges également) et non plus l’UMP qui enregistrait a l’époque en seconde place 20,81 %…

Dans le contexte, c’est plutôt un bon résultat pour le parti présidentiel mais il ne faut pas le dire…

Au chapitre des confirmations depuis la dernière élection Présidentielle, c’est bien l’effondrement des partis qui ont alternativement dirigé la France durant plus de 40 ans qui est à noter avec 8,5 % pour LR (-12%), score artificiellement élevé en raison de la belle tenue en campagne du sieur Bellamy qui n’a toutefois pas séduit au delà des purs et durs de son camp en raison d’une vision trop étriquée de notre société.

Le PS de son coté avec 6,5% perd 7,5% mais cela permettra quand même au département de l’Aude de conserver un député européen qui devra desormais se consacrer à une mission, non pas celle consistant a répéter que le PS n’est pas mort mais celle qui tend à s’associer a Messieurs Jadot et Canfin pour entretenir la salutaire progression de l’ecologie en Europe dont le parti EELV, bien qu’ayant enregistré une très belle progression jusqu’à 13 % des suffrages, aurait tort de penser qu’il suffit de s’approprier le nom et la couleur pour avoir l’apanage de la protection de notre planète qui est en réalité l’affaire de tous et de tous les partis.

Au chapitre des nouveautés, le Révolutionnaire Imaginaire de la France dite Insoumise à été démasqué et se retrouve ce soir au niveau qu’il n’aurait jamais dû quitter.

Je plains véritablement le peuple de gauche qui a pu croire sincèrement qu’un bonimenteur nanti, qui respire la révolution mais qui a le souffle coupé par son égo surdimensionné et ses pulsions haineuses, pouvait véritablement incarner leurs valeurs.

Sans aller forcément jusqu’à se retirer dans l’arrière pays Marseillais ou dans le Larzac pour élever des chèvres, domaine qu’il connaît bien pour en être largement entourée, il est, avec Wauquiez, Hamon, Dupont, Philippot et Faure, un de ceux qui devraient, dès demain, tirer les conséquences du résultat de ce scrutin en se retirant de la vie politique.

Enfin, le Parti Communiste, fort de son siècle d’histoire, fait à peine mieux que le Parti Animaliste avec peu ou prou 500.000 voix sur tout le territoire..

Ainsi, et aussi surprenant que cela puisse paraître, on constate d’une part que les partis fascisant, qui sont contre l’UE, rentrent massivement au Parlement Européen pour tenter d’acrediter de l’intérieur la thèse d’une Europe qui serait nocive, juste bonne à verser les indemnités aux élus trop souvent absents outre les sommes détournées au profit de collaborateurs fictifs…

Toutefois, force est de constater d’autre part que nous venons d’envoyer au Parlement à Strasbourg plus de députés pro-européens que de réfractaires, ce qui signifie que le scrutin du 26 Mai 2019 reste encore très marqué non seulement par le rejet des peuples pour ce que l’Europe est devenue mais également par le sentiment d’urgence à l’egard de la nécessité d’organiser, 70 ans plus tard, sa renaissance.

Ce n’est donc pas le combat national Français qui compte vraiment avec cette lutte duelle entre LREM et RN mais bien les alliances qui doivent maintenant se nouer pour rassembler dans l’hémicycle européen suffisamment de députés qui auront la volonté et la capacité de concrétiser la renaissance de l’union Européenne qui n’est aujourd’hui qu’une vilaine boîte remplie de règles et de normes plus contraignantes qu’inspirantes à laquelle il faut désormais donner une dimension humaine en la remplissant d’européens, de femmes et d’hommes auxquels on rendraient leurs illusions et qui deviendraient ainsi capables de faire enfin le premier pas vers une Europe des citoyens qui se verraient confier un projet commun, des objectifs partagés et une ambition prioritaire, celle d’imposer la préservation de notre planète en adoptant la nouvelle écologie comme ligne de conduite dans tous les secteurs et dans toutes nos décisions.

Au niveau national, il apparaît clairement que l’offre politique à été remaniée avec une droite et une gauche qui ont ete laminées pour n’avoir pas su voir notre pays évoluer.

Durant cette période de transition qui permettra sûrement aux partis traditionnels de se remettre vraiment en question et de se repositionner pour le bien de notre société, notre pays va connaître encore quelques temps un combat frontal entre un parti de gouvernement composé de gens d’horizons divers rassemblés autour de projets et de réformes s’inscrivant dans l’intérêt commun des français et de la France et un mouvement de rejet et de haine qui n’a même plus honte de revendiquer ses inspirations neo-nazis comme en temoigne cette photo où, au moment du discours suivant la proclamation des résultats, un neo-nazi notoire dénommé Vardon, est positionné juste à coté de la tête de liste RN Bardela.

L’acte II du quinquennat d’Emmanuel MACRON peut donc démarrer mais il devra necessairement tourner son regard non pas vers la droite, non pas vers la gauche, mais vers plus de justice sociale et vers un indefectible engagement destiné à protéger notre planète en général bien sûr mais aussi à preserver nos territoires et en particulier nos territoires ruraux qui connaissent une progression effrayante des votes RN comme en témoigne la couleur marron qui souille de boues dans le pays la majeure partie de nos campagnes.

C’est plus de 31 % des suffrages exprimés dans notre département de l’Aude qui sont comptabilisés pour le RN de sorte qu’il faudra plus que la seule force d’une République en Marche pour en venir à bout à l’occasion des prochaines élections locales et notamment dans notre département où la trop longue omnipotence socialiste a joué un rôle crucial dans l’inexorable montée de ce Ramassis National.

Le combat ne fait que commencer et après avoir vu hier soir Daniel Cohn-Bendit et Gilbert Collard s’insulter copieusement sur un plateau télé, Marine Le Pen stupidement demander au President de dissoudre l’Assemblée Nationale, la droite et la gauche traditionnelle rejeter la responsabilité de leurs échecs respectifs sur le Président MACRON qui a décidément les épaules les plus larges que la Veme République a connu, j’ai quand même entendu le discours gaulien, humble et digne de notre premier Ministre qui m’a apaisé en cette fin de journée électorale et incité à faire un dernier petit tour dans le jardin pour voir si mes tomates bio poussaient correctement et pour tailler encore quelques bois d’oliviers en pensant qu’il en faudra de cette essence là pour mener les prochains combats électoraux, ce bois cher a notre territoire dont Hercule à fait ses massues et dont Ulysse à fait le pieu avec lequel il parvint à terrasser le Cyclope…

S’engager pour la RENAISSANCE de l’Europe…

Voter le 26 mai 2019 pour la liste #Renaissance, c’est espérer la RENAISSANCE de l’Europe, c’est permettre à la France Républicaine de se réapproprier ses valeurs fondatrices pour proposer aux Français un nouveau partage et ainsi redevenir, au sein d’une Europe refondée, forte et terre d’espérance.

À l’heure où le Président Macron vient de clore le Grand Débat National qui aura été pour moi la seule chose positive que nous devons aux gilets jaunes, nous sommes très nombreux à attendre de lui et de nos futurs élus européens qu’ils proposent aux Français la mise en place immédiate d’un nouveau contrat social instaurant un nouveau partage qui devrait être non pas la fin mais le début d’un nouveau dialogue.

L’heure est venue du nouveau partage

L’heure est donc venue du NOUVEAU PARTAGE démocratique, économique et social qui consiste dans tous ces secteurs à rééquilibrer les rapports entre les différents acteurs grâce à un nouveau pacte social instaurant toujours une contrepartie permettant à tous de comprendre et d’adhérer.

L’objet de l’engagement des uns doit en effet toujours être la cause de l’engagement des autres et c’est encore en respectant ce principe fondamental de droit qu’un nouveau partage sera compris et donc possible.

Le NOUVEAU PARTAGE, c’est par exemple donner d’un coté plus de liberté aux entreprises et plus de confiance aux entrepreneurs afin qu’ils créent des emplois. Mais, c’est aussi, en même temps, permettre aux salariés de voir augmenter leur pouvoir d’achat et de vivre décemment de leur travail notamment par une baisse des charges salariales et aussi une participation aux bénéfices de leur entreprise.

Le NOUVEAU PARTAGE, c’est aussi modifier le sens que l’on donne aux allocations perçues en cas de chômage qui ne seront plus le résultat d’une assurance, mais le fruit d’une solidarité dont bénéficieront tous ceux qui traversent une période difficile (quel que soit leur statut), à charge pour eux d’accepter de changer de cap et de choisir le nouveau métier pour lequel ils auront été formés.

Le NOUVEAU PARTAGE, c’est encore appréhender d’un côté la nouvelle écologie comme ligne de conduite mais également comme un facteur de développement pour notre agriculture qui permette à chacun d’accéder à une alimentation de qualité à des prix accessibles et donner d’un autre coté la garantie d’un revenu correct aux paysans qui doivent pouvoir vivre correctement de leurs métiers.

Ce NOUVEAU PARTAGE ne pourra être mis en œuvre que si nous parvenons à résister à la tentation de l’isolement prônée par les extrêmes pour eviter d’avoir à affronter le monde et ses contraintes.

Nous devons au contraire nous engager pour façonner une nouvelle Europe, pour sa renaissance, afin qu’elle soit capable de faire voyager notre espérance commune à travers le monde et tout au long du XXIeme siècle.

L’Europe est un atout majeur a la renaissance de laquelle nous devons nous remettre collectivement à rêver.

C’est bien au moment où elle est au plus mal, que nous devons nous employer à refaçonner l’Europe pour lui donner un nouveau contenu et du sens.

Nous devons en finir avec cette Europe faible, oligarchique et soumise, cette Europe sans projet ni objectif partagé, cette Europe sans frontières extérieures et ce marché commun qui n’a pas de règle commune.

Il nous faut une Europe plus musclée, plus homogène et peut être même avec moins de pays, mais qui accepte de partager, non seulement sa monnaie mais également un modèle social et fiscal commun.

Il nous faut une Europe avec un territoire délimité par des frontières externes surveillées par une Police Européenne des Frontières, ainsi qu’une défense et une douane communes.

Si nous sommes nombreux à rêver de cette nouvelle Europe et si nous nous mettons à marcher vers tous ceux qui, dans l’union, doivent la rebâtir avec nous, alors, le 26 mai prochain, à condition d’aller voter, sa renaissance pourra devenir réalité.

Franck ALBERTI

Sa Nostre

C’est lorsque la vigne devient rouge de colère aux derniers beaux jours de l’automne que le Tempranillo, venu discrètement d’Espagne jusqu’à chez nous dans les années 70, est vendangé en famille et entre amis juste après le grenache, « père la rondeur », ainsi qu’une pointe de mourvedre dont on dit que pour donner toute sa gourmandise, il doit avoir vu sur la mer ou tout au moins en ressentir, même de loin, l’iode et la salinité portées par les embruns…

Egrainé à la main avec l’aide des enfants puis mis en cuve pour un voyage fermentaire indigène et chaotique de plusieurs semaines avec « piges » quotidiennes, remontages, delestages et autres mots particuliers correspondants à autant d’attentions minutieuses, ce vin naturel est ensuite confié à la garde d’un fut de chêne relativement sobre pour avoir déjà bu les deux récoltes précédentes.

Depuis la campagne 2005, au profond de la terre dans la cave aux bouteilles des Capucins de Trèbes, entre un pressoir séculaire et une echaudeuse aux cuivres encore étincelants qui attendent, insatiables, les prochaines récoltes, reposent les fruits de tant de soins nocturnes dans des flacons petits ou grands, litigieusement millesimées, sobrement et traditionnellement habillés et reconnus sous les noms divers, donnés au gré des moments et des goûts, de Sa Nostre, Pater Noster, l’enchanteur, Pré(cep)tes, Amici, Ténors ou encore le Putain de Moine lorsqu’il semble porter toutes les qualités requises pour devenir, à terme, mon plus savoureux juron…

Lorsque je décoiffe l’une de celle-ci, c’est l’instant de se taire, comme dirait l’autre, et de lever vers la voûte un verre pansu à l’issue resserrée… l’oeil d’abord, le nez ensuite, la bouche enfin !

Seule, dans le règne végétal, la vigne nous rend intelligible ce qu’est la véritable saveur de la terre tant elle ressent et exprime par la grappe tous les secrets du terroir.

C’est un moment privilégié que de realiser à chaque fois que la vigne est « la clef du sol« , ce sésame qui nous ouvre la porte sur la civilisation du vin, celle où les femmes et les hommes cherchent à s’améliorer et à mieux se connaître pour moins se combattre et davantage s’aimer.

Ne cherchez pas mes vins dans le commerce, ils y sont introuvables car Sa Nostre, comme son nom le signifie, n’appartient qu’à mes amis.

Que ceux qui n’ont pas encore eu leur bouteille en signe d’amitié n’en prennent pas ombrage et qu’ils s’empressent plutôt de venir la chercher car, limitant ma « production » à moins de trois hectolitres, j’ai le bonheur d’avoir plus d’amis que de bouteilles…

Mais comme le vin est fait pour presider à un moment de partage, si vous avez la chance d’être un ami de mes amis et que vous trouviez Sa Nostre sur sa table prêt à être dégusté, il suffira alors qu’il soit à votre goût pour que vous soit donné a goûter, à première demande, « le vin de table » le plus confidentiel de toute l’Occitanie.

Franck Alberti

Des Arènes et des Hommes… 160 ans de tauromachie Carcassonnaise

Parce qu’il faut rendre à César ce qui appartient à César, il faut rappeler d’emblée que Bayonne est la plus vieille place taurine de France et qu’elle doit probablement ce titre à une femme, Eugénie de Guzman plus connue sous le nom de Montijo, comtesse de Teba, dont on sait qu’elle a assisté, à Saint Esprit Les Bayonne dès 1852, à une corrida « corsée à l’espagnole » par la mise à mort du taureau.

Elle était accompagnée par Théophile GAUTIER et la Presse Française qui ne se privèrent pas d’en faire l’écho étant précisé que durant le mois d’aout 1853, quelques mois après son mariage avec napoléon III, celle-ci assistait encore à des corridas dans la même ville accompagnée de son empereur de mari.

Quelques années plus tard, ont eu lieu d’abord à Périgueux, dans des arènes inaugurées le 2 Avril 1860, une série de corridas qui ont connu un grand succès au point que l’impresario originaire de Cadix, Don Pablo Mesa, se rendit ensuite avec son matériel et son personnel à Béziers puis à Toulouse et Carcassonne pour organiser des corridas.

Des courses furent données par intermittence et avec un succès mitigé à Carcassonne durant une vingtaine d’années mais visiblement pour la plus grande joie des aficionados de plus en plus nombreux et engagés puisque ces derniers soumettaient une pétition au Conseil Municipal de la ville qui finissait par décider, le 22 Juin 1885, de la construction d’une arène sur le terrain qui servit plus tard d’assiette aux abattoirs municipaux.

Le toréro Français « Le Pouly » qui jouissait à l’époque d’une grande réputation y remporta avec un brio extraordinaire la médaille d’or lors du spectacle donné le 14 juillet 1886 et la plazza fonctionna par la suite, avec des fortunes diverses, jusqu’en 1898, date à laquelle furent édifiées de nouvelles arènes sur l’emplacement de l’ancien vélodrome au lieu dit « de la justice ».

Ces nouvelles arènes furent inaugurées le 21 Mai 1899 par une course provençale suivie de deux autres courses les 14 et 15 Juin puis de trois corridas espagnoles en Juillet et encore trois de plus en Aout de la même année.

Entre temps, le Cercle Taurin Carcassonnais qui venait de se former déposait le 22 Juillet ses statuts qui furent approuvés le 16 Septembre 1899 et commençait alors partout en France et surtout dans le midi, y compris à Carcassonne, le plein développement de l’aficion, le Cercle Taurin Carcassonnais, quant à lui, en relation étroite avec les autres clubs de la région, fonctionna très activement jusqu’en 1914.

Il fallu ensuite attendre 1925 pour que les courses de taureaux commencent à se relever en premier lieu dans les grandes villes disposant d’arènes Romaines et malgré le fait que celles de Carcassonne avaient été détruites par un incendie, le Cercle taurin demeurait très actif pour organiser durant cette période des déplacements à Nimes, Béziers et Arles et pour entretenir localement la flamme de la tradition notamment au café Glacier, Boulevard Roumens, devant lequel une corrida fut organisée place d’Armes.

La guerre d’Espagne puis la deuxième guerre mondiale plongeaient dans le sommeil toute velléité d’organisation de corridas à Carcassonne et ce, jusqu’en 1951 où fut organisée une course qui n’eut finalement pas lieu pour des raisons financières.

Une nouvelle fois pressé par la population, dans sa séance 27 février 1952, le Conseil Municipal de Carcassonne constatait que la tradition taurine avait été ininterrompue dans la Cité sauf les cas de force majeure provoqués d’une part par les guerres de 1914-1918 et 1939-1945 et d’autre part par l’incendie des arènes aménagées au lieu dit « La Justice ».

Le même jour était décidé la cession pour une durée de 18 ans d’un terrain communal situé à « Patte d’Oie », à l’extrémité sud des allées d’Iéna, pour l’aménagement d’arènes fixes susceptibles de recevoir plus de 10.000 personnes à charge pour l’entrepreneur de spectacle, en l’occurrence Monsieur Etienne Pouly, de verser une redevance de 1,50 % sur les recettes des spectacles taurins et de 4 % sur tous les autres spectacles.

C’est ainsi que le 8 Juin 1952, dans les arènes édifiées avec le bois récupéré des arènes de Canet, s’est déroulée à Carcassonne une corrida de la ganadéria d’infante da Camara pour les figures de l’époque Pepe Dominguin, Luis Miguel Dominguin et Antonio Ordonez.

En ce temps là, vivaient et faisaient encore vivre le Cercle Taurin Carcassonnais douze membres qui étaient à l’origine de la création du club en 1899 et on pouvait déjà y voir à l’œuvre un secrétaire très actif en la personne de Guy FESQUET pour accueillir pendant quelques années dans des arènes pleines à craquer les grandes vedettes de la tauromachie à pied ou à cheval de l’époque dont, entre autres : Ortéga, Aparicio, les frères Péralta, Conchita Cintron, Ordonez et Luis Miguel Dominguin…

Le premier congrès national de la fédération des sociétés taurines de France d’après guerre eut lieu à Carcassonne du 29 Mai au 1er Juin 1953.

Malgré le grand succès rencontré par les corridas, le promoteur de l’époque fit savoir dès 1954 que les arènes allaient quitter Carcassonne et que seul le versement d’une somme de 7.000.000 de francs était susceptible d’empêcher le démontage et le départ des arènes sous d’autres cieux.

Monsieur Jules FIL, Maire de l’époque, devait considérer la somme réclamée comme excessive au point qu’il n’informa même pas le Conseil Municipal de cette offre au grand dam de l’opposition placée devant le fait accompli et notamment de Monsieur Itart-Longueville qui ne manqua pas de le lui reprocher comme en témoignent les articles de presse publiés autour de Noel 1954.

Monsieur Jules Fil tenta d’amortir le choc avec la promesse de bâtir des arènes « en dur » mais ce projet ne fut jamais suivi d’effet.

Le Cercle Taurin Carcassonnais présidé par Monsieur SIGE, (avec Monsieur VERDIER, pharmacien à Trèbes, comme vice président et Monsieur BOUDENNE comme Trésorier, Monsieur FESQUET comme secrétaire, Monsieur SEIGNE, directeur des travaux de la ville), a continué très activement à se livrer au développement de la culture taurine au sein du chef lieu Audois même en l’absence d’arène mais c’est curieusement sur la commune de Trèbes, au mois de Juillet 1960, qu’a eu lieu une corrida qui a connu « un beau succès d’affluence » dans des arènes démontables installées au beau milieu de ce qui constitue aujourd’hui le quartier de l’Aiguille.

Des Clubs taurins s’étaient créés dans tout le Département et fonctionnaient à Espéraza (Mr SENTY Président), à Quillan (Mr SIGNOLLES), à Lézignan (Mr LARROUDE), à Ouveillan (Docteur MARY), à Narbonne (Docteur BERTRAND), à CUXAC D’AUDE (Mr CUFRECHOU), à CUXAC CABARDES (Mr BEAUX), à Limoux (Mr TARBOURIECH) et quelques années plus tard, c’est à Quillan, notamment le 17 Aout 1966 et devant 1500 spectateurs, que s’est déroulée une corrida qui permit à Manolo CATATALLU de confirmer ses valeurs de toréro.

En 1981 à Fanjeaux se déroula une corrida avec torero à cheval et toréra à pied puis en 1992, à Lézignan, une corrida fut organisée mais en raison d’une arène portative aux qualités portantes douteuses, le Préfet a cru devoir annuler la manifestation pour des raisons alléguées de sécurité.

Durant les années 90, même sans arène à disposition, le Cercle taurin demeurait très actif, voyageant vers les places voisines et publiant très régulièrement «a las Cinco de la tarde» pour la grande joie des aficionados locaux.

Durant cette période, furent étonnamment construites à Trèbes, sur l’initiative du Maire Claude BANIS, les fameuses arènes en dur que toute l’aficion départementale attendait depuis des années mais celles-ci n’auront eu pendant longtemps, attisant la polémique parce que c’est à Trèbes et nulle part ailleurs, que le privilège d’être les seules arènes au Monde à n’avoir jamais vu un taureau.

Au début des années 2000, toujours sans arène mais avec un enthousiasme renouvelé et débordant, le Cercle Taurin Carcassonnais, réunissant au Conseil d’Administration des passionnés comme Christophe DURAND, dit «caillasse», ayant précédé Bernard CASTAN à la présidence, Marc TEULIE, Serge BERARD, André BREFFEIL, Marc POZZA, les regrettés Daniel DUMAS et Alain CLINARD, Jean Alain JOURNET, Jean Michel BOULEGUE, Martine AUBERT et Geneviève PEYRE notamment, investissait la Chapelle de la rue Barbès pour en faire son siège et se laissait aller à l’idée d’organiser des courses dans le cadre d’une féria, soutenu en cela par le maire de Carcassonne, grand aficionado devant l’éternel, en la personne de Raymond CHESA qui, comme Jules FIL cinquante ans plus tôt, ambitionnait pour sa ville de construire celle qui était devenue l’arlésienne : la fameuse arène en dur.

C’est ainsi que fort de son enthousiasme et devançant même la volonté Municipale, après quelques gentilles beceradas, le CTC annonçait, le 20 Novembre 2001, l’organisation future d’une novillada avec mise à mort prévue pour le 1er Septembre 2002.

Comme on pouvait s’y attendre, des associations anti-corridas Nîmoises et Strasbourgeoises ont engagé des procédures destinées à interdire l’organisation des spectacles comprenant la mise à mort de taureaux.

S’appuyant sur la jurisprudence reconnaissant notamment « avoir repéré une tradition taurine dans le midi de la France entre le pays d’Arles et le pays Basque, entre garrigues et méditerranée, entre Pyrénées et Garonne, en Provence, en Languedoc, Catalogne, Landes et Pays Basque », et sur la base des nombreuses pièces produites (grace à l’immense travail du président) pour mettre en évidence que la tradition taurine n’avait jamais été interrompue spécialement dans le Carcassonnais, le Cercle Taurin Local obtint gain de cause et organisa comme prévu, le 1er Septembre 2002 dans une arène pleine à craquer sur laquelle Bernard CASTAN n’était pas peu fier d’afficher « no hay billettes », une corrida de novillos de la ganadéria d’ Enrique Ponce qui permit à Juan de Dios de la Rosa, à Gino Torres et au Nimois Camille Juan de fouler à nouveau en habit de lumière le sable taurin de Carcassonne.

C’était le début de la semaine espagnole chère à Christine PLANCHENAULT, des corridas et de la féria qui devaient désormais accompagner et égayer chaque année le retour de vacances des Carcassonnais sur la dernière semaine du mois d’Aout.

Carcassonne avait (re)trouvé sa fête et l’espace des anciens abattoirs, sur lequel nous devions voir à terme s’édifier les arènes en dur attendues depuis 150 ans, était baptisé « espace Jean Cau », du nom de celui qui reçu le prix Goncourt en 1961, natif de Bram et grand défenseur des corridas.

Mais les hommes, dans leur inébranlable capacité à se disputer, sont les meilleurs ennemis de ce qui devrait pourtant les réunir.

L’enthousiasme était tel que les dirigeants du CTC, qui avait fêté ses 100 ans d’existence, ont cru pouvoir se payer le luxe d’une discorde au sujet de la programmation des spectacles, devant être nettement « toristes », selon certains, ou plutôt « toréristes » selon d’autres tout autant passionnés.

Les dissensions ont conduit à la scission puis à la création d’un second Club Taurin dénommé Carcassonne Toros présidé par Marc TEULIE et auquel la commission taurine près la ville de Carcassonne présidée par Jean Michel Boulegue confiait l’organisation des spectacles taurins jusqu’à l’élection, comme maire de Carcassonne en 2009, de Jean Claude PEREZ dont la politique au sujet des corridas, du type « faites ce que vous voulez mais sans un rond public », mettait en danger les velléités d’organisation de Carcassonne Toros qui était de surcroit représenté par des opposants politiques notoires au nouveau pouvoir en place.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, c’est aussi en 2009 que Christian BAILE, aguazil de la place Carcassonnaise, fut chargé jusque dans le « callejon de la placita » et très grièvement blessé par un toro de Miura.

Au mois d’Avril 2010, la commission Taurine présidée par Michel Molherat procédait à un vote pour l’attribution de l’organisation des spectacles taurins pour les années 2010, 2011 et 2012 et c’est l’UDAC, Union Des Aficionados Carcassonnais, qui fut choisie pour relever le défi et organiser, avec à sa tête quelques bénévoles locaux accompagnés de professionnels de la tauromachie et de la communication en l’occurrence Robert MARGE et Didier LACROIX, grâce auxquels les aficionados Carcassonnais ont pu assister, dès 2010 dans une arène à nouveau bondée, à une corrida formelle de Torrestrella qui a vu triompher Juan José PADILLA, Juan BAUTISTA et Medhi SAVALLI auxquels succédèrent en 2011 avec le même Médhi SAVALLI, avec le même succès et sur le même élevage Antonio BARRERA et David MORA

L’UDAC réussissait à remplir les arènes mais échouait dans sa volonté de réunifier l’Aficion Carcassonnaise qui ne pouvait pourtant pas se payer le luxe de l’éparpillement et ce sont encore de nouvelles dissensions entre les hommes, pourtant heureux de travailler ensemble, qui ont conduit les corridas à ne pas avoir lieu en 2012, ce qui a permis à l’association Carcassonne Toros devenue Carcassonne Aficion, plus enthousiaste que jamais car le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres, de reprendre la main de 2013 à 2018 avec la présentation systématique de beaux spécimens taurins dont ceux de l’illustre élevage andalou de MIURA.

En 2018, c’est encore probablement un problème d’hommes mais également un problème d’arène, récemment achetée mais visiblement sans la notice de montage, qui conduisit la commission de sécurité à ne pas autoriser les corridas qui n’eurent donc pas lieu pour le plus grand plaisir des anti-corridas haineux et narquois auxquels il est bien difficile de faire entendre que la haine est absente d’une corrida où ne règnent que la peur et l’amour comme se plaisait à le rappeler Jean Cocteau.

Même si nous sommes manifestement en période de creu, il en faudra surement davantage pour éteindre l’enthousiasme des Carcassonnais pour la chose taurine qui finira bien par disparaitre pour se figer dans l’ancien monde, comme beaucoup d’autres choses si difficiles à transmettre car de nos jours, à trop vouloir rester jeunes, les parents en oublient de transmettre leur passé à la jeunesse qui se demandera nécessairement bientôt quelles émotions on peut aller chercher dans une arène, oubliant peu à peu que celle que l’on ressent en assistant à une corrida n’existe nulle part ailleurs car, comme l’explique si intelligemment Francis WOLFF dans son ouvrage intitulé « philosophie de la corrida », elle n’est pas seulement l’émotion physique de la peur apaisée, ni l’émotion esthétique de la beauté contemplée mais justement la rencontre si singulière des deux.

Mais cette fin programmée ne résultera surement pas de l’action des antis-corridas dont les idées, certes respectables, se trouvent discréditées par leur radicalité qui mène les opposants, dans leur combat pour la défense animale, à détester lamentablement le genre humain.

C’est pourtant une très belle histoire, faite de hauts et de bas, qui fait partie qu’on le veuille ou non de l’histoire de Carcassonne et qui a permis à cette dernière de vivre 160 ans de tauromachie à laquelle je souhaite encore, tant qu’il y aura des arènes, des taureaux et des hommes, longue vie.

Franck Alberti

La civilisation de l’olivier…

 

20180501_175033393945081.jpgIl existe sur notre Terre un arbre si familier qu’on l’appelle par son prénom, c’est un arbre à la silhouette noueuse qui évoque chez nous dans le midi de la France le soleil, la chaleur, le chant des cigales et les collines chères à Marcel Pagnol.

C’est un arbre d’exception qui a suscité et suscite encore une fascination tant il représente notre civilisation au sein de laquelle il est omniprésent.

Il est vrai que d’après ce que l’on sait, les Perses le cultivaient il y a 14000 ans, bien avant les Egyptiens dont on sait qu’ils le faisaient pousser 6000 ans avant notre ère.

Dès 2500 AVJC, les Crétois en ont extrait de l’huile et nos ancêtres en ont planté à partir de 600 AVJC dans le Midi de la France où l’on investi encore de nos jours dans des plantations et des moulins à huile comme la famille BARDOU du Domaine des Pères qui inscrit son nom dans cette tradition à Trèbes (11) et dans le Minervois.

Même s’il n’est cultivé essentiellement que dans les pays méditerranéens, il a une dimension universelle et exerce sur l’humanité un impact fondamental.

Il est le symbole de la longévité et de la ténacité et aujourd’hui encore, de jeunes rameaux poussent sur des racines vieilles de plus de 2000 ans.

Dans le bassin Méditerranéen qui est son terroir de prédilection, il existe des arbres millénaires comme à Jérusalem où un mont porte son nom et où certains spécimens, qui constituent un trésor national, dépassent les 5000 ans.

En France et plus précisément dans le sud de la France, il était présent bien avant la vigne et il se dit qu’un des plus vieux arbres, de plus de 2000 ans, se trouve à Cap Martin dans les Alpes Maritimes tandis qu’en Espagne, dans la Senia, un spécimen dénommé « la Farga del Arion » aurait été planté en 314 sous l’empereur Constantin selon une datation  de l’université polytechnique de Madrid…

Il est un arbre sacré et à ce titre, il est souvent cité dans la bible où, dans le catholicisme ou le judaïsme, son huile est la divine source de lumière servant de guide aux hommes.

Les Hébreux pressaient son huile à la main et en enduisaient leurs grands prêtres, leurs juges et leurs rois pour que leur soit conféré la puissance et l’autorité.

Le Coran également enseigne que cet arbre est sacré, qu’il est « l’arbre central », symbole de l’Homme universel. Associé au figuier, il est l’axe du monde, l’arbre sacré du paradis au sujet duquel Mahomet aurait dit : « consommez de l’huile et frottez vous le visage car elle provient d’un arbre béni »…

Selon Homère, il est le symbole de la force, Hercule en faisait ses massues ainsi que le pieu qu’il utilisa pour vaincre le cyclope.

Il est également symbole de fidélité peut être parce que le lit de Pénélope était de son bois et qu’il n’accueillit aucun des prétendants au royaume d’Ithaque, celle-ci étant restée fidèle au héros grec durant ses 20 ans d’absence.

En 400 AVJC, dans les jardins de l’académie, Platon enseignait la philosophie à l’ombre de son feuillage et il est encore et toujours très agréable aujourd’hui de déjeuner sous cet arbre qui nous abrite comme un frère le ferait, c’est-à-dire en nous protégeant des coups de soleil mais en laissant quand même passer la lumière.

Il est symbole d’éternité car il ne perd pas ses feuilles qui demeurent vertes, couleur de l’espérance en la vie éternelle et il est aussi symbole de sagesse car les rigueurs du climat ne le rebutent pas, il donne ainsi une leçon d’exigence et de vie, portant ses fruits en hiver quand le froid condamne au sommeil tous les autres arbres et mettant l’homme à l’épreuve en lui imposant de faire montre de création et de mesure pour transformer le caractère amer du fruit en une douce huile purificatrice.

Il a été et demeure symbole de victoire et de récompense comme à Athènes aux Jeux Olympiques où jarre de son huile et couronne de ses feuilles étaient offertes aux vainqueurs

Mais quand une colombe porte à Noé un de ses rameaux à la fin du déluge, il est aussi symbole de paix entre Dieu et les hommes et de pardon.

En Inde où il est encore l’arbre de la pacification et de l’apaisement, on en offre à une rivière en crue pour la faire rentrer dans son lit ou à un typhon pour le détourner d’une région ou encore pour calmer la violence d’un tremblement de terre.

En Chine, il protégeait contre le poison et plus généralement, il était réputé pour renforcer la fécondité des femmes et accroître la vigueur sexuelle des hommes.

Il existe encore des endroits, dans le sud de la France, où l’on croit pouvoir, en plaçant quelques feuilles sous le matelas à hauteur de la tête, transformer un époux ou une épouse acariâtre en un partenaire doux et aimable.

Ce n’est par hasard enfin que les immortels de l’Académie Française arborent encore et toujours des broderies vertes sur leur habit qui représentent une de ses branches qui ornait également naguère les pièces de monnaie française de un franc.

Sur le drapeau de l’ONU, c’est encore une couronne de ses rameaux entourant le monde qui symbolise la paix universelle….

Je veux croire en la civilisation de l’olivier qui, sans que nous le réalisions vraiment, est le témoin privilégié de notre histoire qu’il accompagne à chaque instant. Il est symbole d’éternité, de paix, de fidélité, de sagesse et d’espérance et c’est sûrement pour toutes ces raisons, et bien d’autres peut-être encore, qu’un olivier a été planté dans le jardin de Christian. Comme une main tendue destinée à recevoir ce qu’il a encore à nous donner, cet arbre nous signifie que notre ami est et sera toujours là, fort et généreux, éclairant famille et amis, les invitant à réfléchir et opposant les symboles, la lumière, la force, la beauté et la sagesse à l’obscure déviance des hommes.

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Le Putain de Moine

20170717_151314Je vous présente mon plus savoureux juron…

« Le Putain de Moine », jusqu’à présent un fut divisé en 280 fioles, n’est pas mis en bouteilles chaque année (2006, 2008, 2010, 2011, 2012, 2014 et 2015), cette appellation doit se mériter et pourtant il s’agira toujours d’un vin de table qui caractérise pour moi, contrairement aux idées reçues, non pas le signe infamant d’un vin qui se plairait à mettre en avant sa piètre qualité mais la marque (déposée) que revendique un vin sans prétention, simple fruit de la passion et de la tradition, qui se boit à table entre copains…

Le vin de table est le symbole et le moyen de la communion sociale : la table entre tous les convives établit le même niveau et le verre qui y circule nous pénètre envers nos voisins d’indulgence, de compréhension et de sympathie.

C’est le vin qui favorise les discussions ainsi que l’euphorie et qui peut transformer un simple repas en événement mémorable…

La Cave, quant à elle, caractérise l’arrivée des crus mais aussi le départ des cuites et l’escalier qui nous permet d’y descendre pour nous remonter est bien le chemin le plus sur et le plus agréable pour aller au Paradis…

Mon plus savoureux juron ne se trouve pas dans le commerce, il n’est distribué qu’à mes amis mais dans la mesure où les amis de mes amis sont mes amis et parce que le vin, aussi rare soit-il, n’est fait que pour être partagé, vous en boirez sûrement un jour ou l’autre… si Dieu le veut.

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Agissons pour que les vendanges 2018 ne soient pas les dernières…

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En ces premiers jours du mois d’octobre 2018, les vignerons Audois s’apprêtaient à terminer les vendanges tandis que les plus téméraires semblaient vouloir attendre encore un peu pour cueillir à la main le raisin plus que mûr, à la limite du raisonnable, pour en faire un vin qui ressemble à notre territoire.

Cette vendange vigneronne qui consiste à récolter du raisin pour en faire du vin, c’est le résultat d’une année de patience, de surveillance et de soins prodigués à la vigne.

Si dans chaque région, il faut attendre l’autorisation Préfectorale pour démarrer la récolte, ce qu’on appelle le ban des vendanges, le vigneron attend et espère surtout qu’advienne au cœur de ses raisins le bon équilibre entre l’acidité et le sucre.

Quand la décision est prise et que la colle des vendangeurs est organisée, c’est encore l’anxiété qui domine guidée par la crainte de la mauvaise surprise ou de l’accident susceptible d’empêcher le vigneron de rentrer sa récolte.

Ce n’est que par l’excitation, qui résulte probablement de l’impression que l’on a de prendre part à la transmission d’une tradition séculaire, que le plaisir prend le pas pour laisser place en se multipliant à une commune et heureuse agitation dans tous les villages vignerons de notre Département.

C’est généralement à ce moment là, à l’occasion des vendanges, que l’on peut se remettre à apprécier les petits matins frais qui mettent fin aux chaleurs de l’été ainsi que les copieux petits déjeuners pris chaque matin au bout d’une rangée de ceps qui, bien que noueux, se tiennent alignés comme s’il s’agissait d’une ligne tracée, fière et rigoureuse, à la gloire du travail des viticulteurs.

Des dos courbés de vendangeurs se distinguent dans les rangs et plus haut encore émergent les chapeaux et casquettes qui dépassent des feuillages dont certains, de couleur rouille, abritent quelques grains fripés qui noirciront et feront coller les mains plus que les autres mais qui finiront quand même, en étant bien traités, dans les paniers d’osier, les seaux et les comportes.

Triés et égrainés à la cave, les raisins seront ensuite plongés dans la cuve où le miracle s’enclenche avec les levures, indigènes ou pas, qui travaillent sans relâche pour qu’à force de piges et de remontages, le mustimètre puisse descendre, en moins de trois semaines si tout va bien, de 1120 à 994…

Cette période du 22 Septembre au 21 Octobre s’appelait autrefois « Vendémiaire », dans le premier calendrier Républicain Français, un nom qui faisait référence à la période des vendanges.

Mais en cette période, il y a le 15 Octobre et dans l’Aude, cette date correspond parfois à la fête ancestrale du « dius a vol » qui est une expression occitane que clamaient les paysans autrefois pour louer la Providence d’avoir bien voulu protéger le travail commun sous la grande lumière du Sud.

Cette année, et sauf s’il s’agissait du fait de l’Homme, Dieu n’a manifestement pas voulu…

En effet, cette date du 15 Octobre, qui dans l’Aude coïncide à peu près à la sortie traditionnelle du vin primeur, restera chez nous désormais, et pour longtemps, celle des inondations dramatiques qui ont traumatisé toute la population.

En écrivant ces lignes, je pense non seulement à ceux qui sont morts et à leur famille ainsi qu’à ceux qui ont tout perdu mais également aux vignerons qui incarnent ce département de l’Aude et qui s’illustrent par leur force, leur courage et leur abnégation.

Aux vignerons audois qui ont déjà été affectés depuis plusieurs années par la sécheresse, la grêle, le gel et cette année par le mildiou avant d’assister, impuissants ce 15 Octobre, à la destruction par les eaux de tout ou partie de leurs vignes qui ont plié et rompu sous la force du fleuve et de ses affluents en furie, je veux dire mon attachement, mon respect à l’égard de leur dignité et toute ma solidarité.

Parce que la solidarité n’est pas un vain mot et parce que nous avons été privés cette année des traditionnelles festivités marquant la fin des vendanges, nous en organiserons d’autres, celles de la solidarité, et je salue en attendant le fait que « Dius a vol » a malgré tout constitué pour nous, depuis la catastrophe, un véritable appel œcuménique qui a engendré entraide et solidarité, comme une bienveillante louange tournée vers la nature qui nous a pourtant fait tant de mal, marquant l’attachement viscéral des Audois à leur territoire, au ciel qui le surplombe et aux vignes qui les rendent fiers…

Agissons pour que les vendanges 2018 ne soient pas les dernières…

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Parce que la vie continue…

Ce soir, 13 juillet 2018, Trèbes prenait les devants pour faire briller dans le ciel nos couleurs bleu, blanc et rouge comme si toute la France lui avait fait la politesse de pouvoir en premier et tout à la fois célébrer notre fête de la fédération et notre devise nationale, rendre hommage aux victimes des attentats perpétrés le 23 mars au Super U et marquer le soutien de toute la nation pour son équipe de foot en vue de la finale du plus grand et prestigieux tournoi de la planète…
C’est parfois dans les choses les plus futiles que l’on peut dissiper le chagrin résultant des choses les plus graves et quoi que l’on fasse, en ce grand jour d’unité nationale et tous les autres jours de l’année, on ne perd jamais son temps en agissant pour rassembler, enthousiasmer (du grec theo, dieu interieur), et essayer de rendre le sourire ainsi que de procurer un peu de bonheur autour de soi…

Les eaux du Plateau de Sault… Dérèglement climatique ou temporel ?

Le Jeudi 2 Juin 2018, des pluies diluviennes se sont abattues sur le Plateau de Sault à l’extrême sud ouest du département de l’Aude affectant spécialement la commune de Roquefeuil sur laquelle il est tombé jusqu’à 40 centimètres d’eau par endroit en trois heures, inondant une centaine de maisons et transformant la rue principale en torrent de boue…

Mais cette « terre privilégiée » audoise du canton de Chalabre, anciennement connue sous le nom de pays de Kercorb que Casimir Pont s’est si brillamment employé à décrire, n’en était pas hier à son coup d’essai en matière de désastre.

On sait que c’est un véritable ouragan qui s’est abattu le 7/07/1767 sur le village de Rivel en bouleversant la commune en ce jour de fêtes où des pluies torrentielles mêlées d’énormes grêlons ne laissèrent aucune chance aux épis de nos moissons dorées et à nos vignobles que les courants d’eau venus des collines déracinèrent.

Les registres de la même commune signalent egalement la fameuse inondation dite de la Saint Jean le 24 juin 1807 où il est tombé assez d’eau, comme disent nos paysans, pour éteindre tous les feux de la Saint Jean allumés sur toute la surface de la Terre. De mémoire d’Homme, on n’avait jamais vu les eaux s’élever à une telle hauteur et on crut en vérité à l’arrivé d’un nouveau déluge…

Le 7 Août 1840, une nouvelle inondation désastreuse fit songer, par opposition, à la sécheresse qui sévit en 1832, à laquelle se rapporte la mort de celui que chacun, dans le pays, considérait comme un père, un protecteur ou un ami, le nommé Jean PONT FILLOL, qui tenait ce nom de son aïeul qui l’obtint lui même dans une circonstance magnifique, elle aussi liée à un événement climatique, qui mérite d’être racontée tant elle révèle le génie dont le genre humain est capable lorsqu’il est inspiré par la bienveillance et la solidarité.

« Un dimanche, les habitants de Luxault se réveillèrent, émerveillés, découvrant six pieds de neige couvrant les maisons et l’unique rue de la bourgade qui se prolonge sur un sentier dont la pente rapide conduit à Rivel. Or, ce même jour, devait se faire le baptême d’un enfant, né depuis 24 heures dans la famille du sieur PONT et comme tout le monde le savait, on se demanda comment ferait le joyeux cortège pour se rendre à l’église. On avait bien pu tracer un sentier à Monsieur le Curé qui logeait presque à l’ombre du clocher mais les parents de l’enfant logeaient bien en haut du village et toute la journée du dimanche n’aurait pu suffire à déblayer le chemin. C’est alors qu’une idée aussi ingénieuse que touchante vient à l’esprit de ces bons montagnards. Le parrain et la marraine se rendirent à l’église comme ils purent, puis, à l’heure marquée pour la cérémonie, les hommes de la bourgade, s’échelonnant sur tout le parcours qu’eut du suivre le cortège en se rendant à l’église, l’enfant fut passé de main en main, depuis la maison paternelle jusqu’aux fonts baptismaux. Et c’est ainsi que le nouveau-né devient le filleul de tout le village, en patois languedocien le Fillol. Si ce baptême fut un événement et si chacun des parrains fit des vœux pour l’enfant à mesure qu’il passait dans ses bras, celui qui, cent ans plus tard, fut son petit fils et hérita de ce nom affectueux, le leur rendit bien par son dévouement, ses bons conseils et ses exemples…« 

Mais continuons à relater les événements qui ont laissé de si pénibles impressions dans l’âme des habitants de ce pays de Sault encore touchés il y a quelques jours à une date pourtant inattendue.

Le 27 Mai 1852, un nouveau déluge de grêle et de pluie tombait encore sur le village de Rivel…

Même si le dernier épisode climatique désastreux du 2 Juin 2018 est bien loin d’être le premier du genre dans ce coin, sous les regards croisés et impuissants des Châteaux de Puivert et de Montségur, il apparaît néanmoins qu’il témoigne d’une rupture et d’un certain dérèglement.

En effet, les lecteurs attentifs auront pu constater que le 2 Juin 2018 est la seule date qui ne comporte pas le chiffre -7- pourtant bien présent jusque là dans tous les désastres climatiques ayant touché cet endroit de notre pays audois.

C’est la preuve qu’un dérèglement affecte notre petite planète non pas forcément sur l’existence même et la répétition des événements mais sur le fait qu’ils se produisent désormais n’importe quand !

Quoi qu’il en soit, ayons une pensée pour les habitants su pays de Sault et plus spécialement pour ceux du village de Roquefeuil, situé à 23 kilomètres de celui de Rivel, qui ont été surpris par un déluge improbable venu les bousculer à l’improviste le 2 Juin dernier alors que l’on finissait par penser qu’ici, sur cette terre privilégiée qui n’a pourtant jamais été épargnée, il ne pouvait y avoir de désastres climatiques à une date dépourvue de 7.

S’il ne s’agit pas forcément d’un dérèglement climatique, nous assistons forcément à un dérèglement temporel…

Franck ALBERTI