La civilisation de l’olivier…

 

20180501_175033393945081.jpgIl existe sur notre Terre un arbre si familier qu’on l’appelle par son prénom, c’est un arbre à la silhouette noueuse qui évoque chez nous dans le midi de la France le soleil, la chaleur, le chant des cigales et les collines chères à Marcel Pagnol.

C’est un arbre d’exception qui a suscité et suscite encore une fascination tant il représente notre civilisation au sein de laquelle il est omniprésent.

Il est vrai que d’après ce que l’on sait, les Perses le cultivaient il y a 14000 ans, bien avant les Egyptiens dont on sait qu’ils le faisaient pousser 6000 ans avant notre ère.

Dès 2500 AVJC, les Crétois en ont extrait de l’huile et nos ancêtres en ont planté à partir de 600 AVJC dans le Midi de la France où l’on investi encore de nos jours dans des plantations et des moulins à huile comme la famille BARDOU du Domaine des Pères qui inscrit son nom dans cette tradition à Trèbes (11) et dans le Minervois.

Même s’il n’est cultivé essentiellement que dans les pays méditerranéens, il a une dimension universelle et exerce sur l’humanité un impact fondamental.

Il est le symbole de la longévité et de la ténacité et aujourd’hui encore, de jeunes rameaux poussent sur des racines vieilles de plus de 2000 ans.

Dans le bassin Méditerranéen qui est son terroir de prédilection, il existe des arbres millénaires comme à Jérusalem où un mont porte son nom et où certains spécimens, qui constituent un trésor national, dépassent les 5000 ans.

En France et plus précisément dans le sud de la France, il était présent bien avant la vigne et il se dit qu’un des plus vieux arbres, de plus de 2000 ans, se trouve à Cap Martin dans les Alpes Maritimes tandis qu’en Espagne, dans la Senia, un spécimen dénommé « la Farga del Arion » aurait été planté en 314 sous l’empereur Constantin selon une datation  de l’université polytechnique de Madrid…

Il est un arbre sacré et à ce titre, il est souvent cité dans la bible où, dans le catholicisme ou le judaïsme, son huile est la divine source de lumière servant de guide aux hommes.

Les Hébreux pressaient son huile à la main et en enduisaient leurs grands prêtres, leurs juges et leurs rois pour que leur soit conféré la puissance et l’autorité.

Le Coran également enseigne que cet arbre est sacré, qu’il est « l’arbre central », symbole de l’Homme universel. Associé au figuier, il est l’axe du monde, l’arbre sacré du paradis au sujet duquel Mahomet aurait dit : « consommez de l’huile et frottez vous le visage car elle provient d’un arbre béni »…

Selon Homère, il est le symbole de la force, Hercule en faisait ses massues ainsi que le pieu qu’il utilisa pour vaincre le cyclope.

Il est également symbole de fidélité peut être parce que le lit de Pénélope était de son bois et qu’il n’accueillit aucun des prétendants au royaume d’Ithaque, celle-ci étant restée fidèle au héros grec durant ses 20 ans d’absence.

En 400 AVJC, dans les jardins de l’académie, Platon enseignait la philosophie à l’ombre de son feuillage et il est encore et toujours très agréable aujourd’hui de déjeuner sous cet arbre qui nous abrite comme un frère le ferait, c’est-à-dire en nous protégeant des coups de soleil mais en laissant quand même passer la lumière.

Il est symbole d’éternité car il ne perd pas ses feuilles qui demeurent vertes, couleur de l’espérance en la vie éternelle et il est aussi symbole de sagesse car les rigueurs du climat ne le rebutent pas, il donne ainsi une leçon d’exigence et de vie, portant ses fruits en hiver quand le froid condamne au sommeil tous les autres arbres et mettant l’homme à l’épreuve en lui imposant de faire montre de création et de mesure pour transformer le caractère amer du fruit en une douce huile purificatrice.

Il a été et demeure symbole de victoire et de récompense comme à Athènes aux Jeux Olympiques où jarre de son huile et couronne de ses feuilles étaient offertes aux vainqueurs

Mais quand une colombe porte à Noé un de ses rameaux à la fin du déluge, il est aussi symbole de paix entre Dieu et les hommes et de pardon.

En Inde où il est encore l’arbre de la pacification et de l’apaisement, on en offre à une rivière en crue pour la faire rentrer dans son lit ou à un typhon pour le détourner d’une région ou encore pour calmer la violence d’un tremblement de terre.

En Chine, il protégeait contre le poison et plus généralement, il était réputé pour renforcer la fécondité des femmes et accroître la vigueur sexuelle des hommes.

Il existe encore des endroits, dans le sud de la France, où l’on croit pouvoir, en plaçant quelques feuilles sous le matelas à hauteur de la tête, transformer un époux ou une épouse acariâtre en un partenaire doux et aimable.

Ce n’est par hasard enfin que les immortels de l’Académie Française arborent encore et toujours des broderies vertes sur leur habit qui représentent une de ses branches qui ornait également naguère les pièces de monnaie française de un franc.

Sur le drapeau de l’ONU, c’est encore une couronne de ses rameaux entourant le monde qui symbolise la paix universelle….

Je veux croire en la civilisation de l’olivier qui, sans que nous le réalisions vraiment, est le témoin privilégié de notre histoire qu’il accompagne à chaque instant. Il est symbole d’éternité, de paix, de fidélité, de sagesse et d’espérance et c’est sûrement pour toutes ces raisons, et bien d’autres peut-être encore, qu’un olivier a été planté dans le jardin de Christian. Comme une main tendue destinée à recevoir ce qu’il a encore à nous donner, cet arbre nous signifie que notre ami est et sera toujours là, fort et généreux, éclairant famille et amis, les invitant à réfléchir et opposant les symboles, la lumière, la force, la beauté et la sagesse à l’obscure déviance des hommes.

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Le Putain de Moine

20170717_151314Je vous présente mon plus savoureux juron…

« Le Putain de Moine », jusqu’à présent un fut divisé en 280 fioles, n’est pas mis en bouteilles chaque année (2006, 2008, 2010, 2011, 2012, 2014 et 2015), cette appellation doit se mériter et pourtant il s’agira toujours d’un vin de table qui caractérise pour moi, contrairement aux idées reçues, non pas le signe infamant d’un vin qui se plairait à mettre en avant sa piètre qualité mais la marque (déposée) que revendique un vin sans prétention, simple fruit de la passion et de la tradition, qui se boit à table entre copains…

Le vin de table est le symbole et le moyen de la communion sociale : la table entre tous les convives établit le même niveau et le verre qui y circule nous pénètre envers nos voisins d’indulgence, de compréhension et de sympathie.

C’est le vin qui favorise les discussions ainsi que l’euphorie et qui peut transformer un simple repas en événement mémorable…

La Cave, quant à elle, caractérise l’arrivée des crus mais aussi le départ des cuites et l’escalier qui nous permet d’y descendre pour nous remonter est bien le chemin le plus sur et le plus agréable pour aller au Paradis…

Mon plus savoureux juron ne se trouve pas dans le commerce, il n’est distribué qu’à mes amis mais dans la mesure où les amis de mes amis sont mes amis et parce que le vin, aussi rare soit-il, n’est fait que pour être partagé, vous en boirez sûrement un jour ou l’autre… si Dieu le veut.

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Agissons pour que les vendanges 2018 ne soient pas les dernières…

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En ces premiers jours du mois d’octobre 2018, les vignerons Audois s’apprêtaient à terminer les vendanges tandis que les plus téméraires semblaient vouloir attendre encore un peu pour cueillir à la main le raisin plus que mûr, à la limite du raisonnable, pour en faire un vin qui ressemble à notre territoire.

Cette vendange vigneronne qui consiste à récolter du raisin pour en faire du vin, c’est le résultat d’une année de patience, de surveillance et de soins prodigués à la vigne.

Si dans chaque région, il faut attendre l’autorisation Préfectorale pour démarrer la récolte, ce qu’on appelle le ban des vendanges, le vigneron attend et espère surtout qu’advienne au cœur de ses raisins le bon équilibre entre l’acidité et le sucre.

Quand la décision est prise et que la colle des vendangeurs est organisée, c’est encore l’anxiété qui domine guidée par la crainte de la mauvaise surprise ou de l’accident susceptible d’empêcher le vigneron de rentrer sa récolte.

Ce n’est que par l’excitation, qui résulte probablement de l’impression que l’on a de prendre part à la transmission d’une tradition séculaire, que le plaisir prend le pas pour laisser place en se multipliant à une commune et heureuse agitation dans tous les villages vignerons de notre Département.

C’est généralement à ce moment là, à l’occasion des vendanges, que l’on peut se remettre à apprécier les petits matins frais qui mettent fin aux chaleurs de l’été ainsi que les copieux petits déjeuners pris chaque matin au bout d’une rangée de ceps qui, bien que noueux, se tiennent alignés comme s’il s’agissait d’une ligne tracée, fière et rigoureuse, à la gloire du travail des viticulteurs.

Des dos courbés de vendangeurs se distinguent dans les rangs et plus haut encore émergent les chapeaux et casquettes qui dépassent des feuillages dont certains, de couleur rouille, abritent quelques grains fripés qui noirciront et feront coller les mains plus que les autres mais qui finiront quand même, en étant bien traités, dans les paniers d’osier, les seaux et les comportes.

Triés et égrainés à la cave, les raisins seront ensuite plongés dans la cuve où le miracle s’enclenche avec les levures, indigènes ou pas, qui travaillent sans relâche pour qu’à force de piges et de remontages, le mustimètre puisse descendre, en moins de trois semaines si tout va bien, de 1120 à 994…

Cette période du 22 Septembre au 21 Octobre s’appelait autrefois « Vendémiaire », dans le premier calendrier Républicain Français, un nom qui faisait référence à la période des vendanges.

Mais en cette période, il y a le 15 Octobre et dans l’Aude, cette date correspond parfois à la fête ancestrale du « dius a vol » qui est une expression occitane que clamaient les paysans autrefois pour louer la Providence d’avoir bien voulu protéger le travail commun sous la grande lumière du Sud.

Cette année, et sauf s’il s’agissait du fait de l’Homme, Dieu n’a manifestement pas voulu…

En effet, cette date du 15 Octobre, qui dans l’Aude coïncide à peu près à la sortie traditionnelle du vin primeur, restera chez nous désormais, et pour longtemps, celle des inondations dramatiques qui ont traumatisé toute la population.

En écrivant ces lignes, je pense non seulement à ceux qui sont morts et à leur famille ainsi qu’à ceux qui ont tout perdu mais également aux vignerons qui incarnent ce département de l’Aude et qui s’illustrent par leur force, leur courage et leur abnégation.

Aux vignerons audois qui ont déjà été affectés depuis plusieurs années par la sécheresse, la grêle, le gel et cette année par le mildiou avant d’assister, impuissants ce 15 Octobre, à la destruction par les eaux de tout ou partie de leurs vignes qui ont plié et rompu sous la force du fleuve et de ses affluents en furie, je veux dire mon attachement, mon respect à l’égard de leur dignité et toute ma solidarité.

Parce que la solidarité n’est pas un vain mot et parce que nous avons été privés cette année des traditionnelles festivités marquant la fin des vendanges, nous en organiserons d’autres, celles de la solidarité, et je salue en attendant le fait que « Dius a vol » a malgré tout constitué pour nous, depuis la catastrophe, un véritable appel œcuménique qui a engendré entraide et solidarité, comme une bienveillante louange tournée vers la nature qui nous a pourtant fait tant de mal, marquant l’attachement viscéral des Audois à leur territoire, au ciel qui le surplombe et aux vignes qui les rendent fiers…

Agissons pour que les vendanges 2018 ne soient pas les dernières…

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Parce que la vie continue…

Ce soir, 13 juillet 2018, Trèbes prenait les devants pour faire briller dans le ciel nos couleurs bleu, blanc et rouge comme si toute la France lui avait fait la politesse de pouvoir en premier et tout à la fois célébrer notre fête de la fédération et notre devise nationale, rendre hommage aux victimes des attentats perpétrés le 23 mars au Super U et marquer le soutien de toute la nation pour son équipe de foot en vue de la finale du plus grand et prestigieux tournoi de la planète…
C’est parfois dans les choses les plus futiles que l’on peut dissiper le chagrin résultant des choses les plus graves et quoi que l’on fasse, en ce grand jour d’unité nationale et tous les autres jours de l’année, on ne perd jamais son temps en agissant pour rassembler, enthousiasmer (du grec theo, dieu interieur), et essayer de rendre le sourire ainsi que de procurer un peu de bonheur autour de soi…

Les eaux du Plateau de Sault… Dérèglement climatique ou temporel ?

Le Jeudi 2 Juin 2018, des pluies diluviennes se sont abattues sur le Plateau de Sault à l’extrême sud ouest du département de l’Aude affectant spécialement la commune de Roquefeuil sur laquelle il est tombé jusqu’à 40 centimètres d’eau par endroit en trois heures, inondant une centaine de maisons et transformant la rue principale en torrent de boue…

Mais cette « terre privilégiée » audoise du canton de Chalabre, anciennement connue sous le nom de pays de Kercorb que Casimir Pont s’est si brillamment employé à décrire, n’en était pas hier à son coup d’essai en matière de désastre.

On sait que c’est un véritable ouragan qui s’est abattu le 7/07/1767 sur le village de Rivel en bouleversant la commune en ce jour de fêtes où des pluies torrentielles mêlées d’énormes grêlons ne laissèrent aucune chance aux épis de nos moissons dorées et à nos vignobles que les courants d’eau venus des collines déracinèrent.

Les registres de la même commune signalent egalement la fameuse inondation dite de la Saint Jean le 24 juin 1807 où il est tombé assez d’eau, comme disent nos paysans, pour éteindre tous les feux de la Saint Jean allumés sur toute la surface de la Terre. De mémoire d’Homme, on n’avait jamais vu les eaux s’élever à une telle hauteur et on crut en vérité à l’arrivé d’un nouveau déluge…

Le 7 Août 1840, une nouvelle inondation désastreuse fit songer, par opposition, à la sécheresse qui sévit en 1832, à laquelle se rapporte la mort de celui que chacun, dans le pays, considérait comme un père, un protecteur ou un ami, le nommé Jean PONT FILLOL, qui tenait ce nom de son aïeul qui l’obtint lui même dans une circonstance magnifique, elle aussi liée à un événement climatique, qui mérite d’être racontée tant elle révèle le génie dont le genre humain est capable lorsqu’il est inspiré par la bienveillance et la solidarité.

« Un dimanche, les habitants de Luxault se réveillèrent, émerveillés, découvrant six pieds de neige couvrant les maisons et l’unique rue de la bourgade qui se prolonge sur un sentier dont la pente rapide conduit à Rivel. Or, ce même jour, devait se faire le baptême d’un enfant, né depuis 24 heures dans la famille du sieur PONT et comme tout le monde le savait, on se demanda comment ferait le joyeux cortège pour se rendre à l’église. On avait bien pu tracer un sentier à Monsieur le Curé qui logeait presque à l’ombre du clocher mais les parents de l’enfant logeaient bien en haut du village et toute la journée du dimanche n’aurait pu suffire à déblayer le chemin. C’est alors qu’une idée aussi ingénieuse que touchante vient à l’esprit de ces bons montagnards. Le parrain et la marraine se rendirent à l’église comme ils purent, puis, à l’heure marquée pour la cérémonie, les hommes de la bourgade, s’échelonnant sur tout le parcours qu’eut du suivre le cortège en se rendant à l’église, l’enfant fut passé de main en main, depuis la maison paternelle jusqu’aux fonts baptismaux. Et c’est ainsi que le nouveau-né devient le filleul de tout le village, en patois languedocien le Fillol. Si ce baptême fut un événement et si chacun des parrains fit des vœux pour l’enfant à mesure qu’il passait dans ses bras, celui qui, cent ans plus tard, fut son petit fils et hérita de ce nom affectueux, le leur rendit bien par son dévouement, ses bons conseils et ses exemples…« 

Mais continuons à relater les événements qui ont laissé de si pénibles impressions dans l’âme des habitants de ce pays de Sault encore touchés il y a quelques jours à une date pourtant inattendue.

Le 27 Mai 1852, un nouveau déluge de grêle et de pluie tombait encore sur le village de Rivel…

Même si le dernier épisode climatique désastreux du 2 Juin 2018 est bien loin d’être le premier du genre dans ce coin, sous les regards croisés et impuissants des Châteaux de Puivert et de Montségur, il apparaît néanmoins qu’il témoigne d’une rupture et d’un certain dérèglement.

En effet, les lecteurs attentifs auront pu constater que le 2 Juin 2018 est la seule date qui ne comporte pas le chiffre -7- pourtant bien présent jusque là dans tous les désastres climatiques ayant touché cet endroit de notre pays audois.

C’est la preuve qu’un dérèglement affecte notre petite planète non pas forcément sur l’existence même et la répétition des événements mais sur le fait qu’ils se produisent désormais n’importe quand !

Quoi qu’il en soit, ayons une pensée pour les habitants su pays de Sault et plus spécialement pour ceux du village de Roquefeuil, situé à 23 kilomètres de celui de Rivel, qui ont été surpris par un déluge improbable venu les bousculer à l’improviste le 2 Juin dernier alors que l’on finissait par penser qu’ici, sur cette terre privilégiée qui n’a pourtant jamais été épargnée, il ne pouvait y avoir de désastres climatiques à une date dépourvue de 7.

S’il ne s’agit pas forcément d’un dérèglement climatique, nous assistons forcément à un dérèglement temporel…

Franck ALBERTI

La civilisation de l’olivier…

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Il existe sur notre Terre un arbre si familier qu’on l’appelle par son prénom, c’est un arbre à la silhouette noueuse qui évoque chez nous dans le midi de la France le soleil, la chaleur, le chant des cigales et les collines chères à Marcel Pagnol.

C’est un arbre d’exception qui a suscité et suscite encore une fascination tant il représente notre civilisation au sein de laquelle il est omniprésent.

Il est vrai que d’après ce que l’on sait, les Perses le cultivaient il y a 14000 ans, bien avant les Egyptiens dont on sait qu’ils le faisaient pousser 6000 ans avant notre ère.

Dès 2500 AVJC, les Crétois en ont extrait de l’huile et nos ancêtres en ont planté à partir de 600 AVJC dans le Midi de la France où l’on investi encore de nos jours dans des plantations et des moulins à huile comme la famille BARDOU du Domaine des Pères qui inscrit son nom dans cette tradition à Trèbes (11) et dans le Minervois.

Même s’il n’est cultivé essentiellement que dans les pays méditerranéens, il a une dimension universelle et exerce sur l’humanité un impact fondamental.

Il est le symbole de la longévité et de la ténacité et aujourd’hui encore, de jeunes rameaux poussent sur des racines vieilles de plus de 2000 ans.

Dans le bassin Méditerranéen qui est son terroir de prédilection, il existe des arbres millénaires comme à Jérusalem où un mont porte son nom et où certains spécimens, qui constituent un trésor national, dépassent les 5000 ans.

En France et plus précisément dans le sud de la France, il était présent bien avant la vigne et il se dit qu’un des plus vieux arbres, de plus de 2000 ans, se trouve à Cap Martin dans les Alpes Maritimes tandis qu’en Espagne, dans la Senia, un spécimen dénommé « la Farga del Arion » aurait été planté en 314 sous l’empereur Constantin selon une datation  de l’université polytechnique de Madrid…

Il est un arbre sacré et à ce titre, il est souvent cité dans la bible où, dans le catholicisme ou le judaïsme, son huile est la divine source de lumière servant de guide aux hommes.

Les Hébreux pressaient son huile à la main et en enduisaient leurs grands prêtres, leurs juges et leurs rois pour que leur soit conféré la puissance et l’autorité.

Le Coran également enseigne que cet arbre est sacré, qu’il est « l’arbre central », symbole de l’Homme universel. Associé au figuier, il est l’axe du monde, l’arbre sacré du paradis au sujet duquel Mahomet aurait dit : « consommez de l’huile et frottez vous le visage car elle provient d’un arbre béni »…

Selon Homère, il est le symbole de la force, Hercule en faisait ses massues ainsi que le pieu qu’il utilisa pour vaincre le cyclope.

Il est également symbole de fidélité peut être parce que le lit de Pénélope était de son bois et qu’il n’accueillit aucun des prétendants au royaume d’Ithaque, celle-ci étant restée fidèle au héros grec durant ses 20 ans d’absence.

En 400 AVJC, dans les jardins de l’académie, Platon enseignait la philosophie à l’ombre de son feuillage et il est encore et toujours très agréable aujourd’hui de déjeuner sous cet arbre qui nous abrite comme un frère le ferait, c’est-à-dire en nous protégeant des coups de soleil mais en laissant quand même passer la lumière.

Il est symbole d’éternité car il ne perd pas ses feuilles qui demeurent vertes, couleur de l’espérance en la vie éternelle et il est aussi symbole de sagesse car les rigueurs du climat ne le rebutent pas, il donne ainsi une leçon d’exigence et de vie, portant ses fruits en hiver quand le froid condamne au sommeil tous les autres arbres et mettant l’homme à l’épreuve en lui imposant de faire montre de création et de mesure pour transformer le caractère amer du fruit en une douce huile purificatrice.

Il a été et demeure symbole de victoire et de récompense comme à Athènes aux Jeux Olympiques où jarre de son huile et couronne de ses feuilles étaient offertes aux vainqueurs

Mais quand une colombe porte à Noé un de ses rameaux à la fin du déluge, il est aussi symbole de paix entre Dieu et les hommes et de pardon.

En Inde où il est encore l’arbre de la pacification et de l’apaisement, on en offre à une rivière en crue pour la faire rentrer dans son lit ou à un typhon pour le détourner d’une région ou encore pour calmer la violence d’un tremblement de terre.

En Chine, il protégeait contre le poison et plus généralement, il était réputé pour renforcer la fécondité des femmes et accroître la vigueur sexuelle des hommes.

Il existe encore des endroits, dans le sud de la France, où l’on croit pouvoir, en plaçant quelques feuilles sous le matelas à hauteur de la tête, transformer un époux ou une épouse acariâtre en un partenaire doux et aimable.

Ce n’est par hasard enfin que les immortels de l’Académie Française arborent encore et toujours des broderies vertes sur leur habit qui représentent une de ses branches qui ornait également naguère les pièces de monnaie française de un franc.

Sur le drapeau de l’ONU, c’est encore une couronne de ses rameaux entourant le monde qui symbolise la paix universelle….

Je veux croire en la civilisation de l’olivier qui, sans que nous le réalisions vraiment, est le témoin privilégié de notre histoire qu’il accompagne à chaque instant. Il est symbole d’éternité, de paix, de fidélité, de sagesse et d’espérance et c’est sûrement pour toutes ces raisons, et bien d’autres peut-être encore, qu’un olivier a été planté dans le jardin de Christian. Comme une main tendue destinée à recevoir ce qu’il a encore à nous donner, cet arbre nous signifie que notre ami est et sera toujours là, fort et généreux, éclairant famille et amis, les invitant à réfléchir et opposant les symboles, la lumière, la force, la beauté et la sagesse à l’obscure déviance des hommes.

Pour Christian, allumons nos flambeaux…

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Jeudi 22 Mars en rentrant de Paris, en voiture pour éviter d’être pris au piège tendu par les divers mouvements sociaux, je me suis surpris à râler à plusieurs reprises sur le chemin pour des choses futiles : trop de travaux sur l’autoroute, trop de radars, trop de chauffards…

Et puis en arrivant à Carcassonne, avant les derniers kilomètres et la descente sur Trèbes, fatigué mais heureux à l’idée de prendre dans la tronche à la nuit tombée notre Cité illuminée, je m’étonnais et râlais encore en constatant qu’elle se trouvait dans le noir…

Je ne savais pas à cet instant que notre Cité de Carcassonne, qui a tout vu depuis près de 1000 ans du haut de sa colline située au centre de cette route du peuple qui relie Toulouse à Montpellier, anticipait par ce deuil le drame du lendemain.

C’est sur la colline d’en face, à Grazailles, endroit idéal pour contempler le feu d’artifices du 14 Juillet, qu’est venu au monde Christian 50 ans plus tôt, quelques jours avant moi , dans l’insouciance du printemps 1968.

Je ne peux pas m’empêcher de penser au quartier d’où nous sommes issus et où toutes les communautés ont su, à l’époque et bien avant que cela devienne un concept, réellement vivre ensemble.

C’est ainsi que des individus, Français ou pas, d’origines Italiennes, Algériennes, Espagnoles, Portugaises, Marocaines et autres se trouvaient là, dans ce quartier, à cohabiter en partageant les bons et les mauvais moments et j’ai une pensée émue en y repensant pour l’abbé Mazières, curé de la paroisse du quartier qui, lorsqu’il devinait quelques tensions entre communautés, organisait un match de football qu’il arbitrait suivi d’une tournée générale de chocolat chaud dans le but de nous réconcilier.

C’est plus tard vers Trèbes, comme moi, que Christian a dirigé et construit sa vie en bâtissant avec Nathalie une famille qui constituait sa raison de vivre et en plantant ici et là des graines d’amitiés qu’il a cultivées comme le plus merveilleux des jardiniers, arrosant ses plants d’une joie de vivre permanente et utilisant en guise de soleil une loyauté et une fidélité à toute épreuve….

En 2014, il était presque l’heure de se mettre en marche pour servir les Trébéens dans le cadre des élections municipales et Christian, que j’ai sollicité, n’a pas hésité une seconde pour s’engager avec moi dans l’aventure.

C’est aussi grâce à ses exceptionnelles qualités qui ont trouvé écho chez d’autres colistiers que cette campagne s’est transformée en une somptueuse aventure humaine faite de rires, de pleurs et d’amitiés profondes qui ont laissé de belles traces dans l’esprit de tous ceux qui l’ont vécue et qui pleurent aujourd’hui avec moi notre pote Christian qui, ironie du sort, m’avait confié en s’engageant « que la première chose à réussir pour que tous nos autres projets se réalisent consistait à assurer la sécurité et le bien être des Trébéens« .

Cinquante ans ont passé et sans savoir exactement quels maillons ont cassé pour en arriver là, Vendredi matin 23 Mars, Christian s’est levé avant tout le monde et a quitté sa maison et les siens pour aller travailler… il ne rentrera plus jamais.

A 11 heures du matin, il venait de terminer sa journée lorsqu’il a croisé la route d’un minable délinquant qui a cru qu’il suffisait de se décréter « soldat de Daesh » pour avoir le droit d’aller baiser au paradis après avoir détruit la vie des autres.

Ce barbare dont il faut taire le nom pour ne pas lui donner une notoriété qu’il ne mérite pas, a tué notre ami Christian parce que celui ci était un rayon de soleil et que ce minable meurtrier n’aspirait qu’aux ténèbres. C’est Platon qui disait à juste titre que l’on peut pardonner à l’enfant qui a peur de l’obscurité mais que la vraie tragédie de la vie, c’est quand les hommes ont peur de la lumière.

La lumière, c’est faire le choix de donner sa vie pour en sauver d’autres comme l’a fait vendredi avec un courage inouïe le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame qui s’est proposé à l’obscurité dans laquelle se fourvoie l’esprit du poltron qui a choisi de détruire la vie des autres au nom d’une religion dont il n’a jamais su qu’à priori, elle n’enseignait pas le mal.

C’est par ce choix que ce héros a gagné, au prix de sa vie, le combat de la lumière qui justifie l’hommage national qui lui sera rendu et c’est aussi par ce choix qu’un peuple vit ou meurt en se rassemblant autour des valeurs qui le constituent. Il est nécessaire aujourd’hui de crier fort et de mener haut la révolte de la lumière, non seulement pour préserver nos valeurs et notre civilisation mais également pour que tous ceux qui se réjouissent des conséquences de cet obscurantisme sachent qu’ils sont déjà morts.

Notre cri sera d’autant plus entendu si nous sommes nombreux à le pousser et il faut pour cela que tous ceux qui souffrent des blessures infligées à notre pays, quelles que soient leurs nationalités et leurs origines, allument leurs flambeaux pour dénoncer l’inhumanité de ceux qui les infligent.

Les mots sont dérisoires devant un tel effroi et une telle tristesse mais ils sont nécessaires et il peut être important de les prononcer ou de les écrire à l’attention des victimes, de leur famille, de ceux qui souffrent des conséquences d’une telle barbarie ou de ceux qui, comme moi, restent figés dans l’incompréhension.

Ce besoin d’exprimer ses sentiments est humain et même si les réseaux sociaux nous donnent l’impression de partager les souffrances des victimes et de leur famille, en fait, on ne les partage pas, on tente juste de les comprendre mais on n’y parvient pas car ces souffrances sont uniques, juste visibles dans les yeux de chacun, enfouies sous leur peau, présentes à jamais dans leur cœur….

Alors « Amici » de Christian qui était un mec pétri d’humanité et également un héros pour les siens, soyons dignes de l’amitié qu’il nous a donnée et qui nous lie et allumons nos flambeaux puis dédions lui une cuvée lumineuse de ce vin qu’il aimait tant pour qu’à chaque ouverture d’une fiole reste un peu son âme ici…

Ciao vecchio amico…

Franck Alberti

Pour que Carcas sonne et que danse avec elle l’Aude tout entier

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Je veux saluer et rendre hommage à ceux qui aiment l’Aude pour son histoire, qui l’aiment pour sa géographie, à ceux qui aiment ce département pour ses racines et qui se préoccupent de son avenir.

J’aime rappeler à mes enfants, peut-être pour les encourager à y rester, non seulement que l’Aude est magnifiquement situé au Centre de la région Occitanie, entre Gascogne et Méditerranée, entre les Cévennes et les Pyrénées,  mais également qu’il représente superbement, au point de vue territorial, la synthèse de la France.

En effet, dans l’étroitesse de ses frontières, l’Aude, que Jean Girou a fidèlement et fièrement décrit, nous offre le désert et la plaine, les causses et les coteaux, les landes et les forêts, la montagne et la mer et donc, pour ainsi dire, dans cet espace restreint, le résumé du paysage Français, un microcosme tel que s’il ne fallait garder de la France qu’un seul département comme échantillon, ce serait l’Aude qu’on choisirait car on pourrait, avec facilité, y composer toute la France.

La grande diversité de notre département est son atout mais il semble être sa faiblesse aussi si on en croit les difficultés éprouvées pour harmoniser les différents courants de notre communication collective.

L’Aude est en effet un pays de vents aux souffles alternés, du cers vif et froid qui descend du Nord et du marin épais, chaud et humide qui vient d’Espagne.

Il y a ceux qui vivent au pays du cyprès et ceux qui comme moi descendent tout droit de la civilisation de l’olivier mais il y a aussi les adeptes du sapin et du mélèze, ou bien encore ceux qui cultivent et moissonnent les blés à côté de ceux qui vendangent les vignes pour produire, certains du raisin et d’autres du vin.

Comme l’Aude possède tous les paysages, il possède aussi tous les climats, tous les fruits, toutes les fleurs, toutes les chasses, du sanglier à l’isard en passant par le lièvre et toutes les pêches aussi…

Avec ses sites déjà classés et ceux qui le seront bientôt, sa Cité devenue Grand Site, le canal du Midi, ses châteaux cathare, ou sentinelles de montagne, et plus de 50 km de plages ou de falaises sur le littoral méditerranéen, notre département est d’une beauté qui ne devrait qu’inciter à la découverte, susciter toutes sortes de vocations, forcer souvent l’admiration et inviter aussi parfois à quelques réflexions.

Pourtant, alors que le tourisme a pris globalement son envol en 2017 sur tout le territoire national, l’Aude et plus spécialement son phare emblématique que constitue la Cité de Carcassonne semble marquer le pas et connaître une baisse de fréquentation.

Bien sûr il y a eu l’an dernier encore vingt millions de nuitée dans notre département pour ceux qui ont souhaité le visiter, mais seule 14 % ont été recensées dans le Carcassonnais…

Nous avons probablement commis des erreurs techniques et stratégiques pour aboutir à un tel résultat, mais à la décharge de nos élus, il est facile de tomber dans le piège, en disposant de tels atouts, qui consiste à nous reposer sur nos lauriers et à considérer que la Cité, qui attire et fascine depuis un millénaire, attirera encore forcément 1000 ans de plus sans qu’il soit besoin d’y faire grand-chose.

Améliorer les choses est l’apanage de ceux qui n’ont rien et au contraire, ceux qui disposent de toutes les richesses ont tendance à se satisfaire du fait de penser qu’ils en disposent.

Mais existe t-il beaucoup d’endroit dans le monde comme la Cité où devant elle tu peux fermer les yeux, respirer, ré-ouvrir les yeux et avoir l’impression que tu as voyagé dans le temps ?

Il y a bien peu d’humilité à dire cela mais la Cité est bien là, au centre du département, classée comme Grand Site et dont la première grandeur devrait consister à être le moyen de rapprocher et fédérer tous les audois autour d’elle.

La seule chose que je suis en mesure d’affirmer à cet égard, parce que chacun de mes modestes engagements dans les domaines associatifs, sportifs, ludiques, traditionnels ou familiaux n’ont consisté qu’à tenter sans cesse de rapprocher les gens, c’est que l’on ne peut réaliser de belles choses qui profitent au plus grand nombre que si l’on fait abstraction de ses intérêts propres et si on recherche à partager une vision commune du bien-être collectif.

Même s’il y a un Conseil Départemental qui est censé mener une politique globale et harmonieuse, force est de constater que dans l’esprit des gens, au-delà des aspects si différents de notre territoire qui permettraient de recomposer ici toute la France, il est impossible d’expliquer pourquoi, au sein même du département, les Audois semblent se replier sur eux-mêmes.

Il y a en effet encore chez nous, comme il y avait au début du siècle dernier chez Jean de Florette ceux des Bastides Blanches et ceux de Crespin, des gens qui ne s’aiment pas, mais qui ne sauront probablement jamais pourquoi.

Par exemple, comment expliquer que les festivités majeures qui se déroulent durant l’été tant à Narbonne qu’à Carcassonne ou à Castelnaudary ont toutes lieu le même dernier week-end du mois d’Août.

Serions nous frappés sans le savoir du syndrome Catalan pour estimer que le « Festival TRENET » à Narbonne (devenu par pudeur « Barques en scène »), serait condamné à n’intéresser que les Narbonnais tandis que la Féria serait réservée aux Carcassonnais et la Fête du Cassoulet accessible qu’aux seuls habitants de la capitale chaurienne peut-être pour marquer ainsi une certaine volonté d’indépendance et même de concurrence.

En réalité, c’est simplement une idiotie et je le dis d’autant plus fermement que j’ai personnellement essayé en vain d’y remédier.

Il faut se rendre à l’évidence, l’Aude est duelle et pose en son sein des frontières partout : L’Est et l’Ouest, les campagnes et les villes, Carcassonne et Narbonne, Castelnaudary et Limoux, ses deux rugbys inconciliables, les villes phares et les communautés de communes,  leurs offices de tourisme respectifs concurrents et surabondants, la pure nature d’un côté et Monsanto/Malvesi de l’autre, les belles pensées qui s’opposent aux vilaines actions, partout des pros et des antis et leur lot d’intolérance qui nous consume à petit feu.

Il est grand temps de sonner le tocsin pour éviter d’entendre sonner l’hallali et d’essayer de rassembler les Audois autour de la nécessaire et salutaire démarche qui consiste, dans l’intérêt de tous, à rassembler nos moyens et à s’employer à mettre en avant tous les trésors que notre territoire recèle, les produits de nos terroirs, ses sites touristiques que nous avons sous les yeux et dont l’importance et l’ampleur disparaissent parfois sous la brume diffusée par les relents infectieux des discordes politiques stériles.

Mais pour cela il faut chercher à comprendre notre département et comprendre ce territoire, c’est d’abord se mettre à sa disposition pour le servir en combattant cette dualité qui l’asphyxie.

Servir l’Aude ne réside pas uniquement dans l’acte de mettre en évidence ce qui ébloui et qui marche déjà.

Servir l’Aude pourrait consister à ne pas se contenter des visiteurs qui passent moins de deux heures à la Cité avec un ticket moyen inférieur à 10 euros avant de quitter le département par l’autoroute ou le chemin de fer sans LGV vers Toulouse ou vers l’Espagne avec comme souvenir le plus prégnant celui du prix du parking tout aussi exorbitant que celui du sandwich-kebab de midi ou celui d’une ville assiégée par les supermarchés.

Servir les Audois pourrait reposer sur l’idée de déceler toutes les beautés cachées de cette terre d’Aude pour les promouvoir et inciter les visiteurs à quitter la Cité pour aller à la rencontre de tous nos autres sites remarquables à commencer par les Espaces Naturels Sensibles dont encore trop peu de gens ne soupçonnent l’existence.

Nous  devons pour cela nous ouvrir aux autres et faire découvrir cette terre riche d’histoire, de civilisation, de beauté et d’art, mais qui fait encore figure de « terre inconnue » comme un faible maillon central de notre Occitanie qui serait posé là, sur « la route du peuple », entre Toulouse et Montpellier sous le soleil et le vent qui le caractérisent et le sèchent.

Cette vision globale et sans œillère est celle qui doit désormais présider sur notre département car elle favorise l’ouverture d’esprit, mais aussi  l’esprit de conquête pouvant tout aussi bien préparer et pousser un gars ou une fille de chez nous à partir à l’assaut du monde entier que l’inciter à rester ou à revenir dans l’Aude pour y réussir sa vie.

Pour cela, il est temps de travailler au déverrouillage de notre territoire, de guérir le syndrome du pouvoir accaparé qui conduit à l’immobilisme et dans cette ère de tous les dangers qui débute, en cette époque de toutes les transitions, il faut se consacrer à rechercher ce qui est juste et dépasser les clivages.

Notre territoire doit parvenir à tourner la page des 30 dernières années et à glisser sous ses doigts celle de l’avenir, ce qui implique qu’il devienne partout de plus en plus attrayant pour toutes sortes d’initiatives et que le numérique, via le haut débit, puisse accompagner chacune d’elles pour propulser la ruralité vers le monde qui nous attend tout en préservant son authenticité.

Mais, au-delà de la nécessaire ouverture vers l’entreprise et l’innovation, notre département est particulièrement marqué par l’agriculture et plus spécialement la viticulture qu’il faut ardemment défendre et accompagner.

Même si la crise est grave et malgré les caprices de la météo qui ont encore récemment aggravé la situation de nos viticulteurs, le vin est encore partout chez nous et c’est bien d’abord à travers lui et pour lui que nous devons aménager le territoire et lutter contre la résignation en nous tournant vers l’extérieur pour transmettre notre culture et valoriser ce que nous avons de meilleur.

Pour les Audois, le vin demeure un élément identitaire et il constitue la colonne vertébrale du département. Mais, au-delà de notre histoire, notre avenir avec la viticulture ne se borne pas, contrairement à ce que l’on pourrait être tenté de croire, au rayonnement de quelques domaines étendards viti-aeno touristiques qui sont devenus néanmoins de magnifiques vitrines dont on peut être fier.

L’avenir viticole de notre département réside au moins autant si ce n’est plus dans le maintien des vins et des cépages qui lui ressemblent issus de nos caves particulières et de la coopération qui jalonnent nos riches et divers terroirs qui ont fait et qui feront encore la profondeur, la personnalité et la renommée de notre viticulture.

J’aime penser et rappeler que notre département a tellement de passé avec nos vignerons que nous ne pouvons avoir avec le vin qu’énormément d’avenir, et en ces temps particuliers où les gens ont tendance à se replier sur eux-mêmes, nous devons, imprégnés de notre passé, nous engager dans l’avenir avec audace et humanité.

Ces deux mots doivent à eux seuls donner du sens à l’action qui doit être menée.

L’audace serait de s’évertuer à convertir les risques en opportunités, cela serait faire de notre département non pas le maillon faible, mais le maillon central de l’Occitanie. C’est développer l’économie et les infrastructures. C’est mettre en œuvre des projets qui marchent, miser sur le numérique, éclairer et faire briller notre territoire dans le monde entier. C’est prendre conscience de ce que nous avons ici, en être fier tout en acceptant de transmettre et de mener en la gagnant la guerre du faire savoir et des contes de faits.

L’audace pourrait consister à s’acharner à créer des liens entre la ville et la ruralité, faire rentrer la viticulture dans nos cités et exporter le tourisme dans nos campagnes en ne cessant pas de tirer des traits d’union entre ce qui a été et ce qui sera, comme autant de ponts jetés entre hier et demain pour que notre païs survive à ce qu’il a toujours été et prenne enfin son envol.

L’audace, c’est aussi l’Aude et son rêve d’Université, aujourd’hui celle de la vigne et du vin, qui planche depuis douze ans à Ferrals-Les-Corbières et cette année sur les différents aspects de la valeur du vin qui symbolise l’humanité car Dieu n’avait fait que l’eau, mais l’homme a fait le vin comme le rappelait Victor Hugo.

C’est bien l’humanité qui doit accompagner nos actions et parfois, force est de constater que nous en manquons.

L’humanité, consisterait aujourd’hui à reconquérir la joie de vivre, à inventer entre nous de nouveaux sujets de connivence et de confiance qui nous animeraient et que l’on ramènerait dans les espaces publics qu’ils ont peu à peu déserté.

L’humanité, cela serait enfin pouvoir faire politique sans être gêné de dire que cet engagement est d’abord un acte affectif très fort qui tend à rapprocher les gens et qui ne peut plus être réduit à la seule cause partisane.

L’humanité, c’est ce qui nous caractérise et qui peut nous inciter, citoyens audois, à nous hâter dès à présent de nous ouvrir vers les autres avec le dessein de transmettre, pour un avenir meilleur, notre part de rébellion et de bienfaisance.

L’humanité, c’est aspirer à sortir du marasme et des carcans dans lesquels on a voulu nous  enfermer sans se diriger vers un choix extrême pour un parti qui se nourrit de nos difficultés, mais au contraire en établissant enfin, sans en avoir honte, une représentation sociale positive de la fraternité.

Alors, pour notre bien commun, ne nous laissons plus aller aux choix les plus simples qui sont aussi les plus ridicules et les moins productifs. Sus à la vision manichéenne des bons et des mauvais, du blanc et du noir, du XIII et du XV, de la qualité ou de la quantité, des caves coopératives ou des caves particulières, de sa nostre et des étrangers, de la gauche et de la droite…

L’Aude est une pépite qui pourrait être l’Arcadie d’aujourd’hui, cette contrée primitive et rustique qui devrait être le pays idyllique où l’on pourrait vivre en harmonie avec la nature et le nouveau monde qui nous attend.

Alors, comme Dame Carcas, essayons de nous montrer intelligents et nourrissons le dernier porc avec le dernier sac de blé avant de le jeter par-dessus les remparts.

Sonnez trompettes ! Raisonnez Audois ! Il est temps de nous réconcilier tant dans la pensée que dans l’action pour que Carcas sonne et que danse avec elle l’Aude tout entier.

Enlisement à Malvesi !

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C’est le vendredi 13 Octobre 2017, au grand dam des superstitieux, que le Comité Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques (CODERST) s’est réuni dans le but d’éclairer la lanterne de Monsieur le Préfet de l’Aude qui a la lourde charge de décider, dans les prochains jours, si AREVA pourra dans un proche avenir implanter sur le site de Malvesi, près de Narbonne dans l’Aude, une unité de traitement thermique des déchets nitratés (TTDN).

Arguments contre arguments, les pros et les opposants se sont livrés à une bataille de positions avant de donner leur avis sur le projet à savoir au final 11 pour, 6 contre et 11 indécis inodores et sans saveur qui ont préféré laisser aux autres le soin de porter le poids de la responsabilité et du choix.

Si on rajoute à cela une faible participation à l’enquête publique, qui était l’occasion de manifester franches inquiétudes et légitimes oppositions, on ne voit pas aujourd’hui ce qui pourrait objectivement empêcher le Préfet de valider le projet TTDN THOR sur le site de Malvesi.

Mais de quoi s’agit-il ?

Malvesi, créée en 1958 aux portes de Narbonne, est la plus grande usine de conversion d’uranium au Monde. Exploitée par la société COMURHEX jusqu’en 2014, c’est aujourd’hui la société AREVA qui exploite directement l’usine et qui emploie sur le site environ 280 salariés permanents outre 300 sous-traitants.

Avec des milliers de tonnes d’uranium traités chaque année, MALVESI, classée « SEVESO seuil haut« , reçoit 100 % de l’uranium utilisé en France et traite environ un quart de l’uranium mondial, ce qui laisse chez nous un gros lot de produits toxiques dont l’ammoniac et le très dangereux acide fluorhydrique.

La présence, à trois encablures de la Cathédrale Saint Just, de simples fûts métalliques contenant le poison et des bassins de décantation de boues issues du traitement de l’uranium, alimente toutes les inquiétudes qui se nourrissent également de la mémoire des incidents qui ont vu rompre deux bassins en 2004 et inonder la plaine alentour de boues contaminées.

Aujourd’hui,  l’oeuvre du vent et du soleil ne suffisant pas pour expurger le site, l’idée a surgit de brûler les déchets…

Ainsi, le nouveau projet en discussion consiste à traiter les effluents liquides nitratés générés par la transformation de l’uranium grâce à un procédé thermique expérimental impliquant nécessairement des rejets de gaz et de fumées dans l’atmosphère.

A l’évidence, et au delà du caractère expérimental qui ne rassure pas, un four à 850 ° affublé de cheminées de plus de 30 mètres de haut qui dissiperont 350 millions de m3 de fumées par an ne laissent aucun doute sur l’existence, aux dépens de notre Région, d’une pollution atmosphérique sans précédent qui occasionnera une grave détérioration de l’image du Département dont les deux piliers principaux, que constituent la viticulture et le tourisme, seront frappés de plein fouet.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de se demander si le projet est bon ou s’il est mauvais puisque à l’évidence, en l’état de nos connaissances qui ont poussé en CODERST 11 personnes à s’abstenir,  il est mauvais.

Il semble donc que nous n’ayons que deux solutions ?

La première qui est la pire et qui ne nous ressemble pas consiste à persister dans la pratique du culte du secret, celui qui s’impose pour éviter les risques d’attentats, celui qui est de rigueur pour ne pas dévoiler à la population la réalité et la dangerosité des transports de déchets pour que les habitants de nos villes et de nos villages puissent continuer à bénéficier du droit de regarder les trains passer sans trembler de peur.

Ce secret, c’est aussi celui qui peut pousser les responsables viticoles (qui ont participé activement aux récentes consultations) à penser que ce qu’on ne peut pas éviter, il faut le vouloir et qu’il est donc préférable de se résoudre à vouloir la réalisation de ce projet sur le site de Malvesi mais à condition de le taire ou de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller les consciences qui pourraient dès lors rechigner à boire du vin produit sur un terroir exceptionnel, non plus seulement en terme de qualité, mais désormais également en matière de pollution.

On dit que le Mourvedre, pour être magnifique, doit voir la mer mais qu’en sera t-il lorsque ce raisin aura été également imbibé les fumées de Malvesi ?

La deuxième solution est de se laisser aller à croire le discours prononcé par Frédéric ROUANET, en sa qualité de Président du syndicat des vignerons de l’Aude, le 18 Octobre dernier devant la porte Narbonnaise de la Cité de Carcassonne, selon lequel « le peuple vigneron contestataire est de retour... »

Si cela est vrai, il ne suffit pas de le dire, il est temps de le montrer, d’en faire la preuve, non pas en laissant faire et en croisant les doigts pour que cela ne se sache pas mais en œuvrant véritablement pour la défense d’une viticulture dont le futur musée Narbonnais de la romanité (MuRéNa) rappellera encore qu’elle naquit à Narbonne.

Bien sûr, en l’occurence, nous ne pouvons rien casser mais nous devons prendre la main pour alerter, faire prendre conscience et mobiliser pour éviter que notre territoire soit une fois de plus sacrifié et perde son âme.

A l’heure où nous nous apprêtons à engager nos vies et nos terroirs d’une façon irréversible, nous ne sommes pas a six mois ou a un an près.

il parait indispensable que nous nous donnions du temps, un délai suffisant qui nous permette d’avoir le bon niveau d’informations et de raisonner pour aspirer à être enfin en phase et en harmonie avec notre temps.

En effet, les acteurs et les représentants de la filière viticole (qui est concernée au premier chef) doivent s’emparer des sujets majeurs comme celui ci, se parler et s’entendre pour faire « leur part » et parvenir à transformer les quatre lettres du projet destructeur (TTDN) en quatre lettres porteuses d’espoir (TPTH) comme Terroir, Pureté, Tradition et Harmonie.

Ces mots doivent guider notre action. 

Ils caractérisent le vin de qualité que nous aspirons à produire ici, mais ils définissent également la vie que nous avons à mener ensemble dans un environnement sain et agréable au cours du siècle qui s’ouvre et de ceux à venir.

Alors arrêtons de nous taire, le fait que le site de Malvesi s’enlise dans ses boues depuis 60 ans n’est pas une fatalité ni une bonne raison pour que nous acceptions a perpétuité de nous enliser avec lui.

Franck Alberti 

 

 

 

 

 

Mon plus savoureux juron !

lorette PdMTrois générations profitaient ensemble ce matin du très beau temps pour récolter le Tempranillo et terminer les vendanges 2017 !

Associant l’état d’esprit le plus traditionnel aux ambitions les plus modernes, les gestes de base accomplis demeurent similaires à ceux qui l’ont déjà été et qui le seront encore pour tirer le meilleur de notre terroir et tâcher de faire briller notre territoire.

Etre imprégné de notre passé et en être fier est une chose, s’évertuer à transmettre en est une autre, pleine de sens, consistant à ne jamais cesser de tirer des traits d’union entre ce qui a été et ce qui sera comme autant de ponts jetés entre hier et demain pour que notre païs survive à ce qu’il a toujours été et prenne son envol.

C’est peut être cela la seule raison d’être du Putain de Moine :  elle tient moins à son goût qu’à sa dimension symbolique qui a fait divaguer l’expression favorite de l’arrière grand-mère jusqu’à devenir mon plus savoureux juron, fruit de la terre et de mes illusions, vendangé aujourd’hui par l’arrière petite fille qui, peut être, l’élaborera en l’améliorant demain avant de transmettre à son tour.

Qu’il en soit ainsi !

 

 

La Fayette nous voilà !

En ce lendemain de fête nationale, il faut admettre que ce fut un bel hommage à l’amitié franco-americaine que celui rendu sur les Champs Élysées par le President Macron qui fit remarquer, avec beaucoup de tolerance dans un contexte relationnel particulier, que la présence du président américain était le signe entre nos peuples d’une amitié qui traverse le temps, guidés que nous sommes les uns et les autres par des textes fondateurs jumeaux.

En effet, parce qu’il est toujours préférable d’essayer de donner un sens à chaque chose, qui mieux que le marquis de La Fayette peut symboliser ce héros de nos deux mondes et incarner cet amour de la liberté partagée par la France et les États-Unis qui lui fit respecter toute sa vie cet engagement formidable : « aucun obstacle, aucun mécompte, aucun chagrin ne me détourne ou me ralentit dans le but unique de ma vie : le bien être de tous et la liberté partout ».

Lié fraternellement à Benjamin Franklin et au Général Washington dont il intégra l’état major avant de devenir lui même Major Général de l’armée américaine, il constitua avec eux les figures de l’indépendance pour laquelle il avait pris fait et cause.

Rentré en France, au lendemain de la prise de la Bastille le 14 juillet, il se fit nommer commandant de la Garde Nationale chargé d’assurer l’ordre dans Paris et décida, il y a exactement aujourd’hui 228 ans, la destruction de la Bastille.

Il se dit que c’est aussi à lui que la France doit le rajout du blanc royal au bleu et au rouge des couleurs de Paris puis l’acceptation par le Roi dès le 17 juillet 1789 de la cocarde tricolore.

Au sein de l’Assemblée nationale constituée à la suite du serment du Jeu de Paume, il proposa le 26 août 1789, apres l’avoir inspiré avec Sieyès et Mirabeau, la premiere declaration des droits de l’homme et du citoyen largement inspirée de la déclaration d’independance des États-Unis du 4 juillet 1776.

Et c’est encore son nom que le Colonel américain Stanton invoquait le 4 Juillet 1917 à Paris sur sa tombe au cimetière Picpus où il est enterré en disant : « La Fayette nous voilà ! »

Quelles que soient les personnalités de nos Presidents respectifs dans le passé ou pour l’avenir, ces liens très forts qui nous unissent dont La Fayette est le symbole justifiaient amplement qu’Emmanuel Macron affirme hier, pour le centenaire de notre alliance dans le combat contre l’Allemagne, que rien, « rien ne nous séparera jamais des États-Unis d’Amérique ».

Le rêve du coq…

En me réveillant ce 11 juin, il m’a semblé que j’avais rêvé de coqs.

Dans mon rêve, le coq du voisin et le mien se chantaient au petit matin des ritournelles pour annoncer la résurrection quotidienne de l’astre du jour et présider à la défaite des ténèbres.

On dit que rêver d’un coq annonce souvent une bonne nouvelle et en ce jour d’élection j’en accepte volontiers l’augure…

Mais rêver d’un combat de coqs présage un conflit ou une bataille comme si, peut être ici dans l’Aude pour représenter la nation, la République En Marche allait mener le combat contre le Front National.

N’oublions pas que le coq, qui est l’emblème Français, est encore quelque chose qui nous vient de l’étranger. A l’origine, ce sont les Romains qui ont nommé l’habitant de la Gaule « Gallus » qui signifie aussi « coq ».

Jules Cesar dans sa « Guerre des Gaules » comparaît la vaillance du coq protégeant farouchement sa basse cour à la fougue des guerriers gaulois.

Mais il faudra attendre la fin du moyen âge pour voir les souverains français accepter le coq comme emblème de leur courage et de leur vigilance et c’est seulement depuis la Renaissance que le coq personnifie la Nation Française.

Pour autant, dans mon rêve, je ne jette pas la pierre au coq car au terme du combat à mort qu’il se livre avec celui du voisin, il a déjà eu la sienne, dit-on, munie d’un pouvoir merveilleux permettant d’accéder à la force de l’équilibre et de la lumière.

Cette pierre du coq, qui serait cristalline et que l’on trouverait dans les entrailles de mon pauvre animal défunt, permettrait à celui qui la possède, selon la légende, d’accéder a la lumiere et de se rectifier, c’est à dire de marcher et si possible, loi de moralisation de la vie publique oblige, de marcher droit après avoir été boiteux.

A la fin de mon rêve, je m’apprêtais donc à conseiller à toutes les femmes et à tous les hommes politiques de notre pays d’acheter un coq…

Et là, d’un coup, je réalise que cela n’est pas un rêve et qu’il me faut aller voter car comme disait Marcel Pagnol à propos d’un autre animal, quand on a commencé d’étrangler le coq,  il faut le finir !

Franck Alberti

coq lorette