La civilisation de l’olivier…

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Il existe sur notre Terre un arbre si familier qu’on l’appelle par son prénom, c’est un arbre à la silhouette noueuse qui évoque chez nous dans le midi de la France le soleil, la chaleur, le chant des cigales et les collines chères à Marcel Pagnol.

C’est un arbre d’exception qui a suscité et suscite encore une fascination tant il représente notre civilisation au sein de laquelle il est omniprésent.

Il est vrai que d’après ce que l’on sait, les Perses le cultivaient il y a 14000 ans, bien avant les Egyptiens dont on sait qu’ils le faisaient pousser 6000 ans avant notre ère.

Dès 2500 AVJC, les Crétois en ont extrait de l’huile et nos ancêtres en ont planté à partir de 600 AVJC dans le Midi de la France où l’on investi encore de nos jours dans des plantations et des moulins à huile comme la famille BARDOU du Domaine des Pères qui inscrit son nom dans cette tradition à Trèbes (11) et dans le Minervois.

Même s’il n’est cultivé essentiellement que dans les pays méditerranéens, il a une dimension universelle et exerce sur l’humanité un impact fondamental.

Il est le symbole de la longévité et de la ténacité et aujourd’hui encore, de jeunes rameaux poussent sur des racines vieilles de plus de 2000 ans.

Dans le bassin Méditerranéen qui est son terroir de prédilection, il existe des arbres millénaires comme à Jérusalem où un mont porte son nom et où certains spécimens, qui constituent un trésor national, dépassent les 5000 ans.

En France et plus précisément dans le sud de la France, il était présent bien avant la vigne et il se dit qu’un des plus vieux arbres, de plus de 2000 ans, se trouve à Cap Martin dans les Alpes Maritimes tandis qu’en Espagne, dans la Senia, un spécimen dénommé « la Farga del Arion » aurait été planté en 314 sous l’empereur Constantin selon une datation  de l’université polytechnique de Madrid…

Il est un arbre sacré et à ce titre, il est souvent cité dans la bible où, dans le catholicisme ou le judaïsme, son huile est la divine source de lumière servant de guide aux hommes.

Les Hébreux pressaient son huile à la main et en enduisaient leurs grands prêtres, leurs juges et leurs rois pour que leur soit conféré la puissance et l’autorité.

Le Coran également enseigne que cet arbre est sacré, qu’il est « l’arbre central », symbole de l’Homme universel. Associé au figuier, il est l’axe du monde, l’arbre sacré du paradis au sujet duquel Mahomet aurait dit : « consommez de l’huile et frottez vous le visage car elle provient d’un arbre béni »…

Selon Homère, il est le symbole de la force, Hercule en faisait ses massues ainsi que le pieu qu’il utilisa pour vaincre le cyclope.

Il est également symbole de fidélité peut être parce que le lit de Pénélope était de son bois et qu’il n’accueillit aucun des prétendants au royaume d’Ithaque, celle-ci étant restée fidèle au héros grec durant ses 20 ans d’absence.

En 400 AVJC, dans les jardins de l’académie, Platon enseignait la philosophie à l’ombre de son feuillage et il est encore et toujours très agréable aujourd’hui de déjeuner sous cet arbre qui nous abrite comme un frère le ferait, c’est-à-dire en nous protégeant des coups de soleil mais en laissant quand même passer la lumière.

Il est symbole d’éternité car il ne perd pas ses feuilles qui demeurent vertes, couleur de l’espérance en la vie éternelle et il est aussi symbole de sagesse car les rigueurs du climat ne le rebutent pas, il donne ainsi une leçon d’exigence et de vie, portant ses fruits en hiver quand le froid condamne au sommeil tous les autres arbres et mettant l’homme à l’épreuve en lui imposant de faire montre de création et de mesure pour transformer le caractère amer du fruit en une douce huile purificatrice.

Il a été et demeure symbole de victoire et de récompense comme à Athènes aux Jeux Olympiques où jarre de son huile et couronne de ses feuilles étaient offertes aux vainqueurs

Mais quand une colombe porte à Noé un de ses rameaux à la fin du déluge, il est aussi symbole de paix entre Dieu et les hommes et de pardon.

En Inde où il est encore l’arbre de la pacification et de l’apaisement, on en offre à une rivière en crue pour la faire rentrer dans son lit ou à un typhon pour le détourner d’une région ou encore pour calmer la violence d’un tremblement de terre.

En Chine, il protégeait contre le poison et plus généralement, il était réputé pour renforcer la fécondité des femmes et accroître la vigueur sexuelle des hommes.

Il existe encore des endroits, dans le sud de la France, où l’on croit pouvoir, en plaçant quelques feuilles sous le matelas à hauteur de la tête, transformer un époux ou une épouse acariâtre en un partenaire doux et aimable.

Ce n’est par hasard enfin que les immortels de l’Académie Française arborent encore et toujours des broderies vertes sur leur habit qui représentent une de ses branches qui ornait également naguère les pièces de monnaie française de un franc.

Sur le drapeau de l’ONU, c’est encore une couronne de ses rameaux entourant le monde qui symbolise la paix universelle….

Je veux croire en la civilisation de l’olivier qui, sans que nous le réalisions vraiment, est le témoin privilégié de notre histoire qu’il accompagne à chaque instant. Il est symbole d’éternité, de paix, de fidélité, de sagesse et d’espérance et c’est sûrement pour toutes ces raisons, et bien d’autres peut-être encore, qu’un olivier a été planté dans le jardin de Christian. Comme une main tendue destinée à recevoir ce qu’il a encore à nous donner, cet arbre nous signifie que notre ami est et sera toujours là, fort et généreux, éclairant famille et amis, les invitant à réfléchir et opposant les symboles, la lumière, la force, la beauté et la sagesse à l’obscure déviance des hommes.

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Pour Christian, rallumons nos flambeaux…

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Le jeudi 22 Mars 2018 en rentrant de Paris, en voiture pour éviter d’être pris au piège tendu par les divers mouvements sociaux, je me suis surpris à râler à plusieurs reprises sur le chemin pour des choses futiles : trop de travaux sur l’autoroute, trop de radars, trop de chauffards…

Et puis en arrivant à Carcassonne, avant les derniers kilomètres et la descente sur Trèbes, fatigué mais heureux à l’idée de prendre dans la tronche à la nuit tombée notre Cité illuminée, je m’étonnais et râlais encore en constatant qu’elle se trouvait dans le noir…

Je ne savais pas à cet instant que notre Cité de Carcassonne, qui a tout vu depuis près de 1000 ans du haut de sa colline située au centre de cette route du peuple qui relie Toulouse à Montpellier, anticipait par ce deuil le drame du lendemain.

C’est sur la colline d’en face, à Grazailles, endroit idéal pour contempler le feu d’artifices du 14 Juillet, qu’est venu au monde Christian 50 ans plus tôt, quelques jours avant moi , dans l’insouciance du printemps 1968.

Je ne peux pas m’empêcher de penser au quartier d’où nous sommes issus et où toutes les communautés ont su, à l’époque et bien avant que cela devienne un concept, réellement vivre ensemble.

C’est ainsi que des individus, Français ou pas, d’origines Italiennes, Algériennes, Espagnoles, Portugaises, Marocaines et autres se trouvaient là, dans ce quartier, à cohabiter en partageant les bons et les mauvais moments et j’ai une pensée émue en y repensant pour l’abbé Mazières, curé de la paroisse du quartier qui, lorsqu’il devinait quelques tensions entre communautés, organisait un match de football qu’il arbitrait suivi d’une tournée générale de chocolat chaud dans le but de nous réconcilier.

C’est plus tard vers Trèbes, comme moi, que Christian a dirigé et construit sa vie en bâtissant avec Nathalie une famille qui constituait sa raison de vivre et en plantant ici et là des graines d’amitiés qu’il a cultivées comme le plus merveilleux des jardiniers, arrosant ses plants d’une joie de vivre permanente et utilisant en guise de soleil une loyauté et une fidélité à toute épreuve….

En 2014, il était presque l’heure de se mettre en marche pour servir les Trébéens dans le cadre des élections municipales et Christian, que j’ai sollicité, n’a pas hésité une seconde pour s’engager avec moi dans l’aventure.

C’est aussi grâce à ses exceptionnelles qualités qui ont trouvé écho chez d’autres colistiers que cette campagne s’est transformée en une somptueuse aventure humaine faite de rires, de pleurs et d’amitiés profondes qui ont laissé de belles traces dans l’esprit de tous ceux qui l’ont vécue et qui pleurent aujourd’hui avec moi notre pote Christian qui, ironie du sort, m’avait confié en s’engageant « que la première chose à réussir pour que tous nos autres projets se réalisent consistait à assurer la sécurité et le bien être des Trébéens« .

Cinquante ans ont passé et sans savoir exactement quels maillons ont cassé pour en arriver là, ce vendredi matin, 23 Mars 2018, Christian s’est levé avant tout le monde et a quitté sa maison et les siens pour aller travailler… il ne rentrera plus jamais.

A 11 heures du matin, il venait de terminer sa journée lorsqu’il a croisé la route d’un minable délinquant qui a cru qu’il suffisait de se décréter « soldat de Daesh » pour avoir le droit d’aller baiser au paradis après avoir détruit la vie des autres.

Ce barbare dont il faut taire le nom pour ne pas lui donner une notoriété qu’il ne mérite pas, a tué notre ami Christian parce que celui ci était un rayon de soleil et que ce minable meurtrier n’aspirait qu’aux ténèbres. C’est Platon qui disait à juste titre que l’on peut pardonner à l’enfant qui a peur de l’obscurité mais que la vraie tragédie de la vie, c’est quand les hommes ont peur de la lumière.

La lumière, c’est faire le choix de donner sa vie pour en sauver d’autres comme l’a fait avec un courage inouïe le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame qui s’est proposé à l’obscurité dans laquelle se fourvoie l’esprit du poltron qui a choisi de détruire la vie des autres au nom d’une religion dont il n’a jamais su qu’à priori, elle n’enseignait pas le mal.

C’est par ce choix que ce héros a gagné, au prix de sa vie, le combat de la lumière qui justifie l’hommage national qui lui a été rendu et c’est aussi par ce choix qu’un peuple vit ou meurt en se rassemblant autour des valeurs qui le constituent. Il est nécessaire aujourd’hui de crier fort et de mener haut la révolte de la lumière, non seulement pour préserver nos valeurs et notre civilisation mais également pour que tous ceux qui se réjouissent des conséquences de cet obscurantisme sachent qu’ils sont déjà morts.

Notre cri sera d’autant plus entendu si nous sommes nombreux à le pousser et il faut pour cela que tous ceux qui souffrent des blessures infligées à notre pays, quelles que soient leurs nationalités et leurs origines, allument leurs flambeaux pour dénoncer l’inhumanité de ceux qui les infligent.

Les mots sont dérisoires devant un tel effroi et une telle tristesse mais ils sont nécessaires et il peut être important de les prononcer ou de les écrire à l’attention des victimes, de leur famille, de ceux qui souffrent des conséquences d’une telle barbarie ou de ceux qui, comme moi, restent figés dans l’incompréhension.

Ce besoin d’exprimer ses sentiments est humain et même si les réseaux sociaux nous donnent l’impression de partager les souffrances des victimes et de leur famille, en fait, on ne les partage pas, on tente juste de les comprendre mais on n’y parvient pas car ces souffrances sont uniques, juste visibles dans les yeux de chacun, enfouies sous leur peau, présentes à jamais dans leur cœur….

Alors « Amici » de Christian qui était un mec pétri d’humanité et également un héros pour les siens, soyons dignes de l’amitié qu’il nous a donnée et qui nous lie et rallumons nos flambeaux puis dédions lui une cuvée lumineuse de ce vin qu’il aimait tant pour qu’à chaque ouverture d’une fiole reste un peu son âme ici…

Ciao vecchio amico…

Franck Alberti

Pour que Carcas sonne et que danse avec elle l’Aude tout entier

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Je veux saluer et rendre hommage à ceux qui aiment l’Aude pour son histoire, qui l’aiment pour sa géographie, à ceux qui aiment ce département pour ses racines et qui se préoccupent de son avenir.

J’aime rappeler à mes enfants, peut-être pour les encourager à y rester, non seulement que l’Aude est magnifiquement situé au Centre de la région Occitanie, entre Gascogne et Méditerranée, entre les Cévennes et les Pyrénées,  mais également qu’il représente superbement, au point de vue territorial, la synthèse de la France.

En effet, dans l’étroitesse de ses frontières, l’Aude, que Jean Girou a fidèlement et fièrement décrit, nous offre le désert et la plaine, les causses et les coteaux, les landes et les forêts, la montagne et la mer et donc, pour ainsi dire, dans cet espace restreint, le résumé du paysage Français, un microcosme tel que s’il ne fallait garder de la France qu’un seul département comme échantillon, ce serait l’Aude qu’on choisirait car on pourrait, avec facilité, y composer toute la France.

La grande diversité de notre département est son atout mais il semble être sa faiblesse aussi si on en croit les difficultés éprouvées pour harmoniser les différents courants de notre communication collective.

L’Aude est en effet un pays de vents aux souffles alternés, du cers vif et froid qui descend du Nord et du marin épais, chaud et humide qui vient d’Espagne.

Il y a ceux qui vivent au pays du cyprès et ceux qui comme moi descendent tout droit de la civilisation de l’olivier mais il y a aussi les adeptes du sapin et du mélèze, ou bien encore ceux qui cultivent et moissonnent les blés à côté de ceux qui vendangent les vignes pour produire, certains du raisin et d’autres du vin.

Comme l’Aude possède tous les paysages, il possède aussi tous les climats, tous les fruits, toutes les fleurs, toutes les chasses, du sanglier à l’isard en passant par le lièvre et toutes les pêches aussi…

Avec ses sites déjà classés et ceux qui le seront bientôt, sa Cité devenue Grand Site, le canal du Midi, ses châteaux cathare, ou sentinelles de montagne, et plus de 50 km de plages ou de falaises sur le littoral méditerranéen, notre département est d’une beauté qui ne devrait qu’inciter à la découverte, susciter toutes sortes de vocations, forcer souvent l’admiration et inviter aussi parfois à quelques réflexions.

Pourtant, alors que le tourisme a pris globalement son envol en 2017 sur tout le territoire national, l’Aude et plus spécialement son phare emblématique que constitue la Cité de Carcassonne semble marquer le pas et connaître une baisse de fréquentation.

Bien sûr il y a eu l’an dernier encore vingt millions de nuitée dans notre département pour ceux qui ont souhaité le visiter, mais seule 14 % ont été recensées dans le Carcassonnais…

Nous avons probablement commis des erreurs techniques et stratégiques pour aboutir à un tel résultat, mais à la décharge de nos élus, il est facile de tomber dans le piège, en disposant de tels atouts, qui consiste à nous reposer sur nos lauriers et à considérer que la Cité, qui attire et fascine depuis un millénaire, attirera encore forcément 1000 ans de plus sans qu’il soit besoin d’y faire grand-chose.

Améliorer les choses est l’apanage de ceux qui n’ont rien et au contraire, ceux qui disposent de toutes les richesses ont tendance à se satisfaire du fait de penser qu’ils en disposent.

Mais existe t-il beaucoup d’endroit dans le monde comme la Cité où devant elle tu peux fermer les yeux, respirer, ré-ouvrir les yeux et avoir l’impression que tu as voyagé dans le temps ?

Il y a bien peu d’humilité à dire cela mais la Cité est bien là, au centre du département, classée comme Grand Site et dont la première grandeur devrait consister à être le moyen de rapprocher et fédérer tous les audois autour d’elle.

La seule chose que je suis en mesure d’affirmer à cet égard, parce que chacun de mes modestes engagements dans les domaines associatifs, sportifs, ludiques, traditionnels ou familiaux n’ont consisté qu’à tenter sans cesse de rapprocher les gens, c’est que l’on ne peut réaliser de belles choses qui profitent au plus grand nombre que si l’on fait abstraction de ses intérêts propres et si on recherche à partager une vision commune du bien-être collectif.

Même s’il y a un Conseil Départemental qui est censé mener une politique globale et harmonieuse, force est de constater que dans l’esprit des gens, au-delà des aspects si différents de notre territoire qui permettraient de recomposer ici toute la France, il est impossible d’expliquer pourquoi, au sein même du département, les Audois semblent se replier sur eux-mêmes.

Il y a en effet encore chez nous, comme il y avait au début du siècle dernier chez Jean de Florette ceux des Bastides Blanches et ceux de Crespin, des gens qui ne s’aiment pas, mais qui ne sauront probablement jamais pourquoi.

Par exemple, comment expliquer que les festivités majeures qui se déroulent durant l’été tant à Narbonne qu’à Carcassonne ou à Castelnaudary ont toutes lieu le même dernier week-end du mois d’Août.

Serions nous frappés sans le savoir du syndrome Catalan pour estimer que le « Festival TRENET » à Narbonne (devenu par pudeur « Barques en scène »), serait condamné à n’intéresser que les Narbonnais tandis que la Féria serait réservée aux Carcassonnais et la Fête du Cassoulet accessible qu’aux seuls habitants de la capitale chaurienne peut-être pour marquer ainsi une certaine volonté d’indépendance et même de concurrence.

En réalité, c’est simplement une idiotie et je le dis d’autant plus fermement que j’ai personnellement essayé en vain d’y remédier.

Il faut se rendre à l’évidence, l’Aude est duelle et pose en son sein des frontières partout : L’Est et l’Ouest, les campagnes et les villes, Carcassonne et Narbonne, Castelnaudary et Limoux, ses deux rugbys inconciliables, les villes phares et les communautés de communes,  leurs offices de tourisme respectifs concurrents et surabondants, la pure nature d’un côté et Monsanto/Malvesi de l’autre, les belles pensées qui s’opposent aux vilaines actions, partout des pros et des antis et leur lot d’intolérance qui nous consume à petit feu.

Il est grand temps de sonner le tocsin pour éviter d’entendre sonner l’hallali et d’essayer de rassembler les Audois autour de la nécessaire et salutaire démarche qui consiste, dans l’intérêt de tous, à rassembler nos moyens et à s’employer à mettre en avant tous les trésors que notre territoire recèle, les produits de nos terroirs, ses sites touristiques que nous avons sous les yeux et dont l’importance et l’ampleur disparaissent parfois sous la brume diffusée par les relents infectieux des discordes politiques stériles.

Mais pour cela il faut chercher à comprendre notre département et comprendre ce territoire, c’est d’abord se mettre à sa disposition pour le servir en combattant cette dualité qui l’asphyxie.

Servir l’Aude ne réside pas uniquement dans l’acte de mettre en évidence ce qui ébloui et qui marche déjà.

Servir l’Aude pourrait consister à ne pas se contenter des visiteurs qui passent moins de deux heures à la Cité avec un ticket moyen inférieur à 10 euros avant de quitter le département par l’autoroute ou le chemin de fer sans LGV vers Toulouse ou vers l’Espagne avec comme souvenir le plus prégnant celui du prix du parking tout aussi exorbitant que celui du sandwich-kebab de midi ou celui d’une ville assiégée par les supermarchés.

Servir les Audois pourrait reposer sur l’idée de déceler toutes les beautés cachées de cette terre d’Aude pour les promouvoir et inciter les visiteurs à quitter la Cité pour aller à la rencontre de tous nos autres sites remarquables à commencer par les Espaces Naturels Sensibles dont encore trop peu de gens ne soupçonnent l’existence.

Nous  devons pour cela nous ouvrir aux autres et faire découvrir cette terre riche d’histoire, de civilisation, de beauté et d’art, mais qui fait encore figure de « terre inconnue » comme un faible maillon central de notre Occitanie qui serait posé là, sur « la route du peuple », entre Toulouse et Montpellier sous le soleil et le vent qui le caractérisent et le sèchent.

Cette vision globale et sans œillère est celle qui doit désormais présider sur notre département car elle favorise l’ouverture d’esprit, mais aussi  l’esprit de conquête pouvant tout aussi bien préparer et pousser un gars ou une fille de chez nous à partir à l’assaut du monde entier que l’inciter à rester ou à revenir dans l’Aude pour y réussir sa vie.

Pour cela, il est temps de travailler au déverrouillage de notre territoire, de guérir le syndrome du pouvoir accaparé qui conduit à l’immobilisme et dans cette ère de tous les dangers qui débute, en cette époque de toutes les transitions, il faut se consacrer à rechercher ce qui est juste et dépasser les clivages.

Notre territoire doit parvenir à tourner la page des 30 dernières années et à glisser sous ses doigts celle de l’avenir, ce qui implique qu’il devienne partout de plus en plus attrayant pour toutes sortes d’initiatives et que le numérique, via le haut débit, puisse accompagner chacune d’elles pour propulser la ruralité vers le monde qui nous attend tout en préservant son authenticité.

Mais, au-delà de la nécessaire ouverture vers l’entreprise et l’innovation, notre département est particulièrement marqué par l’agriculture et plus spécialement la viticulture qu’il faut ardemment défendre et accompagner.

Même si la crise est grave et malgré les caprices de la météo qui ont encore récemment aggravé la situation de nos viticulteurs, le vin est encore partout chez nous et c’est bien d’abord à travers lui et pour lui que nous devons aménager le territoire et lutter contre la résignation en nous tournant vers l’extérieur pour transmettre notre culture et valoriser ce que nous avons de meilleur.

Pour les Audois, le vin demeure un élément identitaire et il constitue la colonne vertébrale du département. Mais, au-delà de notre histoire, notre avenir avec la viticulture ne se borne pas, contrairement à ce que l’on pourrait être tenté de croire, au rayonnement de quelques domaines étendards viti-aeno touristiques qui sont devenus néanmoins de magnifiques vitrines dont on peut être fier.

L’avenir viticole de notre département réside au moins autant si ce n’est plus dans le maintien des vins et des cépages qui lui ressemblent issus de nos caves particulières et de la coopération qui jalonnent nos riches et divers terroirs qui ont fait et qui feront encore la profondeur, la personnalité et la renommée de notre viticulture.

J’aime penser et rappeler que notre département a tellement de passé avec nos vignerons que nous ne pouvons avoir avec le vin qu’énormément d’avenir, et en ces temps particuliers où les gens ont tendance à se replier sur eux-mêmes, nous devons, imprégnés de notre passé, nous engager dans l’avenir avec audace et humanité.

Ces deux mots doivent à eux seuls donner du sens à l’action qui doit être menée.

L’audace serait de s’évertuer à convertir les risques en opportunités, cela serait faire de notre département non pas le maillon faible, mais le maillon central de l’Occitanie. C’est développer l’économie et les infrastructures. C’est mettre en œuvre des projets qui marchent, miser sur le numérique, éclairer et faire briller notre territoire dans le monde entier. C’est prendre conscience de ce que nous avons ici, en être fier tout en acceptant de transmettre et de mener en la gagnant la guerre du faire savoir et des contes de faits.

L’audace pourrait consister à s’acharner à créer des liens entre la ville et la ruralité, faire rentrer la viticulture dans nos cités et exporter le tourisme dans nos campagnes en ne cessant pas de tirer des traits d’union entre ce qui a été et ce qui sera, comme autant de ponts jetés entre hier et demain pour que notre païs survive à ce qu’il a toujours été et prenne enfin son envol.

L’audace, c’est aussi l’Aude et son rêve d’Université, aujourd’hui celle de la vigne et du vin, qui planche depuis douze ans à Ferrals-Les-Corbières et cette année sur les différents aspects de la valeur du vin qui symbolise l’humanité car Dieu n’avait fait que l’eau, mais l’homme a fait le vin comme le rappelait Victor Hugo.

C’est bien l’humanité qui doit accompagner nos actions et parfois, force est de constater que nous en manquons.

L’humanité, consisterait aujourd’hui à reconquérir la joie de vivre, à inventer entre nous de nouveaux sujets de connivence et de confiance qui nous animeraient et que l’on ramènerait dans les espaces publics qu’ils ont peu à peu déserté.

L’humanité, cela serait enfin pouvoir faire politique sans être gêné de dire que cet engagement est d’abord un acte affectif très fort qui tend à rapprocher les gens et qui ne peut plus être réduit à la seule cause partisane.

L’humanité, c’est ce qui nous caractérise et qui peut nous inciter, citoyens audois, à nous hâter dès à présent de nous ouvrir vers les autres avec le dessein de transmettre, pour un avenir meilleur, notre part de rébellion et de bienfaisance.

L’humanité, c’est aspirer à sortir du marasme et des carcans dans lesquels on a voulu nous  enfermer sans se diriger vers un choix extrême pour un parti qui se nourrit de nos difficultés, mais au contraire en établissant enfin, sans en avoir honte, une représentation sociale positive de la fraternité.

Alors, pour notre bien commun, ne nous laissons plus aller aux choix les plus simples qui sont aussi les plus ridicules et les moins productifs. Sus à la vision manichéenne des bons et des mauvais, du blanc et du noir, du XIII et du XV, de la qualité ou de la quantité, des caves coopératives ou des caves particulières, de sa nostre et des étrangers, de la gauche et de la droite…

L’Aude est une pépite qui pourrait être l’Arcadie d’aujourd’hui, cette contrée primitive et rustique qui devrait être le pays idyllique où l’on pourrait vivre en harmonie avec la nature et le nouveau monde qui nous attend.

Alors, comme Dame Carcas, essayons de nous montrer intelligents et nourrissons le dernier porc avec le dernier sac de blé avant de le jeter par-dessus les remparts.

Sonnez trompettes ! Raisonnez Audois ! Il est temps de nous réconcilier tant dans la pensée que dans l’action pour que Carcas sonne et que danse avec elle l’Aude tout entier.

Enlisement à Malvesi !

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C’est le vendredi 13 Octobre 2017, au grand dam des superstitieux, que le Comité Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques (CODERST) s’est réuni dans le but d’éclairer la lanterne de Monsieur le Préfet de l’Aude qui a la lourde charge de décider, dans les prochains jours, si AREVA pourra dans un proche avenir implanter sur le site de Malvesi, près de Narbonne dans l’Aude, une unité de traitement thermique des déchets nitratés (TTDN).

Arguments contre arguments, les pros et les opposants se sont livrés à une bataille de positions avant de donner leur avis sur le projet à savoir au final 11 pour, 6 contre et 11 indécis inodores et sans saveur qui ont préféré laisser aux autres le soin de porter le poids de la responsabilité et du choix.

Si on rajoute à cela une faible participation à l’enquête publique, qui était l’occasion de manifester franches inquiétudes et légitimes oppositions, on ne voit pas aujourd’hui ce qui pourrait objectivement empêcher le Préfet de valider le projet TTDN THOR sur le site de Malvesi.

Mais de quoi s’agit-il ?

Malvesi, créée en 1958 aux portes de Narbonne, est la plus grande usine de conversion d’uranium au Monde. Exploitée par la société COMURHEX jusqu’en 2014, c’est aujourd’hui la société AREVA qui exploite directement l’usine et qui emploie sur le site environ 280 salariés permanents outre 300 sous-traitants.

Avec des milliers de tonnes d’uranium traités chaque année, MALVESI, classée « SEVESO seuil haut« , reçoit 100 % de l’uranium utilisé en France et traite environ un quart de l’uranium mondial, ce qui laisse chez nous un gros lot de produits toxiques dont l’ammoniac et le très dangereux acide fluorhydrique.

La présence, à trois encablures de la Cathédrale Saint Just, de simples fûts métalliques contenant le poison et des bassins de décantation de boues issues du traitement de l’uranium, alimente toutes les inquiétudes qui se nourrissent également de la mémoire des incidents qui ont vu rompre deux bassins en 2004 et inonder la plaine alentour de boues contaminées.

Aujourd’hui,  l’oeuvre du vent et du soleil ne suffisant pas pour expurger le site, l’idée a surgit de brûler les déchets…

Ainsi, le nouveau projet en discussion consiste à traiter les effluents liquides nitratés générés par la transformation de l’uranium grâce à un procédé thermique expérimental impliquant nécessairement des rejets de gaz et de fumées dans l’atmosphère.

A l’évidence, et au delà du caractère expérimental qui ne rassure pas, un four à 850 ° affublé de cheminées de plus de 30 mètres de haut qui dissiperont 350 millions de m3 de fumées par an ne laissent aucun doute sur l’existence, aux dépens de notre Région, d’une pollution atmosphérique sans précédent qui occasionnera une grave détérioration de l’image du Département dont les deux piliers principaux, que constituent la viticulture et le tourisme, seront frappés de plein fouet.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de se demander si le projet est bon ou s’il est mauvais puisque à l’évidence, en l’état de nos connaissances qui ont poussé en CODERST 11 personnes à s’abstenir,  il est mauvais.

Il semble donc que nous n’ayons que deux solutions ?

La première qui est la pire et qui ne nous ressemble pas consiste à persister dans la pratique du culte du secret, celui qui s’impose pour éviter les risques d’attentats, celui qui est de rigueur pour ne pas dévoiler à la population la réalité et la dangerosité des transports de déchets pour que les habitants de nos villes et de nos villages puissent continuer à bénéficier du droit de regarder les trains passer sans trembler de peur.

Ce secret, c’est aussi celui qui peut pousser les responsables viticoles (qui ont participé activement aux récentes consultations) à penser que ce qu’on ne peut pas éviter, il faut le vouloir et qu’il est donc préférable de se résoudre à vouloir la réalisation de ce projet sur le site de Malvesi mais à condition de le taire ou de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller les consciences qui pourraient dès lors rechigner à boire du vin produit sur un terroir exceptionnel, non plus seulement en terme de qualité, mais désormais également en matière de pollution.

On dit que le Mourvedre, pour être magnifique, doit voir la mer mais qu’en sera t-il lorsque ce raisin aura été également imbibé les fumées de Malvesi ?

La deuxième solution est de se laisser aller à croire le discours prononcé par Frédéric ROUANET, en sa qualité de Président du syndicat des vignerons de l’Aude, le 18 Octobre dernier devant la porte Narbonnaise de la Cité de Carcassonne, selon lequel « le peuple vigneron contestataire est de retour... »

Si cela est vrai, il ne suffit pas de le dire, il est temps de le montrer, d’en faire la preuve, non pas en laissant faire et en croisant les doigts pour que cela ne se sache pas mais en œuvrant véritablement pour la défense d’une viticulture dont le futur musée Narbonnais de la romanité (MuRéNa) rappellera encore qu’elle naquit à Narbonne.

Bien sûr, en l’occurence, nous ne pouvons rien casser mais nous devons prendre la main pour alerter, faire prendre conscience et mobiliser pour éviter que notre territoire soit une fois de plus sacrifié et perde son âme.

A l’heure où nous nous apprêtons à engager nos vies et nos terroirs d’une façon irréversible, nous ne sommes pas a six mois ou a un an près.

il parait indispensable que nous nous donnions du temps, un délai suffisant qui nous permette d’avoir le bon niveau d’informations et de raisonner pour aspirer à être enfin en phase et en harmonie avec notre temps.

En effet, les acteurs et les représentants de la filière viticole (qui est concernée au premier chef) doivent s’emparer des sujets majeurs comme celui ci, se parler et s’entendre pour faire « leur part » et parvenir à transformer les quatre lettres du projet destructeur (TTDN) en quatre lettres porteuses d’espoir (TPTH) comme Terroir, Pureté, Tradition et Harmonie.

Ces mots doivent guider notre action. 

Ils caractérisent le vin de qualité que nous aspirons à produire ici, mais ils définissent également la vie que nous avons à mener ensemble dans un environnement sain et agréable au cours du siècle qui s’ouvre et de ceux à venir.

Alors arrêtons de nous taire, le fait que le site de Malvesi s’enlise dans ses boues depuis 60 ans n’est pas une fatalité ni une bonne raison pour que nous acceptions a perpétuité de nous enliser avec lui.

Franck Alberti 

 

 

 

 

 

Mon plus savoureux juron !

lorette PdMTrois générations profitaient ensemble ce matin du très beau temps pour récolter le Tempranillo et terminer les vendanges 2017 !

Associant l’état d’esprit le plus traditionnel aux ambitions les plus modernes, les gestes de base accomplis demeurent similaires à ceux qui l’ont déjà été et qui le seront encore pour tirer le meilleur de notre terroir et tâcher de faire briller notre territoire.

Etre imprégné de notre passé et en être fier est une chose, s’évertuer à transmettre en est une autre, pleine de sens, consistant à ne jamais cesser de tirer des traits d’union entre ce qui a été et ce qui sera comme autant de ponts jetés entre hier et demain pour que notre païs survive à ce qu’il a toujours été et prenne son envol.

C’est peut être cela la seule raison d’être du Putain de Moine :  elle tient moins à son goût qu’à sa dimension symbolique qui a fait divaguer l’expression favorite de l’arrière grand-mère jusqu’à devenir mon plus savoureux juron, fruit de la terre et de mes illusions, vendangé aujourd’hui par l’arrière petite fille qui, peut être, l’élaborera en l’améliorant demain avant de transmettre à son tour.

Qu’il en soit ainsi !

 

 

La Fayette nous voilà !

En ce lendemain de fête nationale, il faut admettre que ce fut un bel hommage à l’amitié franco-americaine que celui rendu sur les Champs Élysées par le President Macron qui fit remarquer, avec beaucoup de tolerance dans un contexte relationnel particulier, que la présence du président américain était le signe entre nos peuples d’une amitié qui traverse le temps, guidés que nous sommes les uns et les autres par des textes fondateurs jumeaux.

En effet, parce qu’il est toujours préférable d’essayer de donner un sens à chaque chose, qui mieux que le marquis de La Fayette peut symboliser ce héros de nos deux mondes et incarner cet amour de la liberté partagée par la France et les États-Unis qui lui fit respecter toute sa vie cet engagement formidable : « aucun obstacle, aucun mécompte, aucun chagrin ne me détourne ou me ralentit dans le but unique de ma vie : le bien être de tous et la liberté partout ».

Lié fraternellement à Benjamin Franklin et au Général Washington dont il intégra l’état major avant de devenir lui même Major Général de l’armée américaine, il constitua avec eux les figures de l’indépendance pour laquelle il avait pris fait et cause.

Rentré en France, au lendemain de la prise de la Bastille le 14 juillet, il se fit nommer commandant de la Garde Nationale chargé d’assurer l’ordre dans Paris et décida, il y a exactement aujourd’hui 228 ans, la destruction de la Bastille.

Il se dit que c’est aussi à lui que la France doit le rajout du blanc royal au bleu et au rouge des couleurs de Paris puis l’acceptation par le Roi dès le 17 juillet 1789 de la cocarde tricolore.

Au sein de l’Assemblée nationale constituée à la suite du serment du Jeu de Paume, il proposa le 26 août 1789, apres l’avoir inspiré avec Sieyès et Mirabeau, la premiere declaration des droits de l’homme et du citoyen largement inspirée de la déclaration d’independance des États-Unis du 4 juillet 1776.

Et c’est encore son nom que le Colonel américain Stanton invoquait le 4 Juillet 1917 à Paris sur sa tombe au cimetière Picpus où il est enterré en disant : « La Fayette nous voilà ! »

Quelles que soient les personnalités de nos Presidents respectifs dans le passé ou pour l’avenir, ces liens très forts qui nous unissent dont La Fayette est le symbole justifiaient amplement qu’Emmanuel Macron affirme hier, pour le centenaire de notre alliance dans le combat contre l’Allemagne, que rien, « rien ne nous séparera jamais des États-Unis d’Amérique ».

Le rêve du coq…

En me réveillant ce 11 juin, il m’a semblé que j’avais rêvé de coqs.

Dans mon rêve, le coq du voisin et le mien se chantaient au petit matin des ritournelles pour annoncer la résurrection quotidienne de l’astre du jour et présider à la défaite des ténèbres.

On dit que rêver d’un coq annonce souvent une bonne nouvelle et en ce jour d’élection j’en accepte volontiers l’augure…

Mais rêver d’un combat de coqs présage un conflit ou une bataille comme si, peut être ici dans l’Aude pour représenter la nation, la République En Marche allait mener le combat contre le Front National.

N’oublions pas que le coq, qui est l’emblème Français, est encore quelque chose qui nous vient de l’étranger. A l’origine, ce sont les Romains qui ont nommé l’habitant de la Gaule « Gallus » qui signifie aussi « coq ».

Jules Cesar dans sa « Guerre des Gaules » comparaît la vaillance du coq protégeant farouchement sa basse cour à la fougue des guerriers gaulois.

Mais il faudra attendre la fin du moyen âge pour voir les souverains français accepter le coq comme emblème de leur courage et de leur vigilance et c’est seulement depuis la Renaissance que le coq personnifie la Nation Française.

Pour autant, dans mon rêve, je ne jette pas la pierre au coq car au terme du combat à mort qu’il se livre avec celui du voisin, il a déjà eu la sienne, dit-on, munie d’un pouvoir merveilleux permettant d’accéder à la force de l’équilibre et de la lumière.

Cette pierre du coq, qui serait cristalline et que l’on trouverait dans les entrailles de mon pauvre animal défunt, permettrait à celui qui la possède, selon la légende, d’accéder a la lumiere et de se rectifier, c’est à dire de marcher et si possible, loi de moralisation de la vie publique oblige, de marcher droit après avoir été boiteux.

A la fin de mon rêve, je m’apprêtais donc à conseiller à toutes les femmes et à tous les hommes politiques de notre pays d’acheter un coq…

Et là, d’un coup, je réalise que cela n’est pas un rêve et qu’il me faut aller voter car comme disait Marcel Pagnol à propos d’un autre animal, quand on a commencé d’étrangler le coq,  il faut le finir !

Franck Alberti

coq lorette

 

Le train du discrédit…

plantation vigne

Dans notre département agricole et rural, la vigne et le vin forment un couple royal bien fatigué mais non encore déchu duquel il faut prendre grand soin car la crise actuelle, à l’instar de celles passées, est grave.

Alors que nous sortons d’une trop courte période favorable dont le faste n’a pas véritablement pu être réalisé ni apprécié, notre viticulture sombre à nouveau dans un nouvel abîme que nous n’avons pas su anticiper.

Après la grêle et les derniers caprices de la météo qui ont encore récemment aggravé la situation avec 60.000 hectares de vignes gelés en Occitanie dont 18.000 dans l’Aude, nos vignerons ont de multiples et véritables raisons d’être en colère.

Parmi ces raisons, il semble qu’il en existe une plus facile à combattre que les autres, celle qui consiste officiellement à essayer d’obtenir la mise en place d’une régulation européenne sur l’importation des vins pour éviter en réalité aux vins étrangers et notamment espagnols d’être parfois déloyalement vendus en France.

Ce grief, qui a figure de coupable idéal que l’on guillotine sans procès ni jugement, a conduit récemment les syndicats vignerons et leurs comités activistes à agir.

Il est évidemment toujours plus facile de désigner « l’étranger » comme le responsable de tous les maux que de lutter contre les caprices de la météo en abordant la très délicate politique assurantielle à revisiter ou le coût des personnels et des traitements impliquant une nécessaire harmonisation européenne étant précisé que dans ce domaine également, les Espagnols sont encore favorisés du fait de la physionomie de leurs territoires qui leur permet de réaliser quelques substantielles économies.

Mais, si ces raisins de la colère conduisent aujourd’hui encore à quelques actions symboliques et spectaculaires menées principalement dans le but d’obtenir quelques entretiens avec les nouvelles autorités nationales récemment nommées, il a quand même été observé, ici ou là, quelques actions « de repli » qui paraissent, à l’œil de l’observateur que je suis, particulièrement ridicules et très sûrement contre-productives.

En qualité d’Audois enraciné dans mon territoire, je veux modestement favoriser la défense de ce qui a forgé l’identité de notre département, encourager la préservation de la mémoire des 87 qui sont partis d’Argeliers au son du clairon pour donner naissance au Comité de Défense Viticole et encore celle des 80.000 manifestants qui se sont réunis le 5 Mai 1907 à Narbonne avec parmi eux les figures emblématiques d’Ernest Ferroul ou de Marcelin Albert qui aurait été mieux inspiré de rentrer de Paris à cheval après avoir rencontré Clémenceau…

Cent dix ans plus tard, dans le respect de cette mémoire et de mon serment, je veux être l’ardent défenseur d’un syndicalisme actuel, responsable et constructif dont les actions sont jalonnées de symboles forts que tout un peuple peut comprendre comme il comprend que les agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur travail et qu’il faut les aider à y parvenir.

Mais je déplore comme d’autres le manque de discernement tout comme la colère imbécile qui dénature et discrédite le cœur du combat à mener.

Je déplore les contradictions inexplicables tout comme le fait de ne pas se poser les bonnes questions et de ne jamais se remettre en cause.

Se remettre en cause, tenant l’inertie de la culture de la vigne, c’est essayer d’avoir une vision à plus long terme et s’interroger simplement par exemple sur le fait que lorsque nous avions des vins d’entrée de gamme il y a 25 ans, nous n’avions pas les marchés correspondants et pourquoi maintenant qu’il y a ces marchés, nous ne produisons plus les produits adéquats que les marchands se procurent ailleurs…

L’Aude est-elle vouée à être systématiquement en décalage avec son temps ?

Se poser les bonnes questions, c’est se demander par exemple le sens que peut avoir le fait de dénigrer l’Europe au point de vouloir en sortir sans même réaliser qu’elle a vocation à nous apporter plus que ce qu’elle semble nous enlever, pourvu que l’on s’attache dans  l’avenir à modifier certaines de ses règles ?

Mais il y a plus grave !

Comment justifier en effet que dans la nuit du 23 au 24 Mai dernier à Trèbes (11), chez un négociant plutôt connu pour avoir sans cesse depuis des lustres soutenu les producteurs Languedociens, plusieurs wagons contenant des milliers d’hectolitres de vin ont été vidés dans la nature au nom de la lutte contre les vins espagnols ou, dit en des termes plus politiquement corrects, dans le but d’obtenir la mise en place d’une régulation européenne sur l’importation des vins.

On a déjà vu meilleure entrée en matière pour donner envie de discuter et de construire…

Mais au-delà, comment éviter le discrédit rédhibitoire en constatant que cette production sacrifiée au nom de la colère contre les vins étrangers pourrait avoir conduit en réalité à la disparition insensée de plus de 3.000 hectolitres de bons vins de nos terroirs languedociens et audois, soit l’équivalent de plus de 400.000 bouteilles…

Il y a parfois des coupables présumés qui sont en réalité des innocents faisant l’objet de sacrifices expiatoires et en même temps des imbéciles avérés qui ne comprennent pas que couper les dernières branches auxquelles nous sommes accrochés conduit irrémédiablement à tomber en s’écrasant comme des m….. tout en distillant une odeur nauséabonde de nature à dissuader pour longtemps nos autorités à risquer une discussion nécessairement vouée à l’échec.

De surcroît, quand tous les négociants qui jouent le jeu de notre région auront disparu, il ne restera fatalement plus que ceux qui n’hésiteront pas à importer massivement des vins étrangers… bravo les artistes pour votre stratégie !

Quelles que soient nos souffrances et nos exaspérations, celles-ci ne donnent pas tous les droits à ceux qui démolissent en dépit du bon sens pour obtenir voix au chapitre sans savoir quoi dire et comment le dire. Cela ne donne surtout pas le droit de jeter l’opprobre et de prendre le train du discrédit jeté sur l’ensemble de la filière viticole voir au-delà sur un département tout entier dont elle est la colonne vertébrale.

Mais à la décharge des vignerons concernés et à l’instar de Clémenceau pour Marcelin Albert qui aurait mieux fait de conserver son indépendance, le plus édifiant est qu’il y a forcément quelqu’un aujourd’hui qui «paye le billet de train», manipulant la colère vigneronne pour de sombres raisons politiques et d’autres encore, tel le rapace, qui tentent de profiter de la peur de ceux qui n’ont plus de perspective pour les années à venir que celle de se laisser entraîner dans l’isolement et l’immobilisme.

A quelques jours des élections législatives, ne pas dénoncer cette situation serait en être complice et contribuer à empêcher notre territoire de prendre le train de l’avenir.

Franck Alberti

L’accent

ALARIC.jpgL’accent du pays qui est le mien, pour ne parler que de celui que je tiens, n’est pas que dans le langage, il est aussi dans l’esprit et dans le cœur de ceux qui l’ont tellement qu’ils ne l’entendent même  plus…

Pour les Audois, la vigne et le vin demeurent des éléments identitaires qui racontent au travers de nos terroirs l’histoire de notre territoire mais notre accent inimitable, qui roule sur la langue en parlant de chez nous, transporte jusqu’ici même quand on est loin.

Quelqu’un a dit un jour que trimbaler son accent, c’est emporter dans le monde entier un peu de sa terre à ses souliers.

Quand on est de l’Aude, trimbaler son accent hors de nos frontières, c’est exporter un peu de sa vigne où que l’on aille et finalement, chaque fois que l’on cause, c’est encore parler de son pays en parlant d’autres choses.

Continuons à marcher…

vignes TS

J’ai fait partie de ceux qui déploraient, depuis de nombreuses années, le fait que notre pays était bloqué.

L’idée du nécessaire déverrouillage de notre société a présidé à mes premiers engagements politiques avant même qu’il en soit l’heure et c’est naturellement, dès l’origine du mouvement, que j’ai rejoint « En Marche » avec enthousiasme pour relayer autour de moi les premières inspirations d’Emmanuel MACRON, révolutionnaires mais constructives tant sur la forme que sur le fond, permettant à nouveau d’espérer dans l’avenir et donnant envie, au-delà des logiques partisanes, de faire sa part dans le cadre d’une aventure collective destinée à transformer ensemble notre pays.

J’ai décidé de marcher depuis le premier jour pour inviter les citoyens Audois à marcher avec nous et contribuer à faire élire Emmanuel MACRON comme notre nouveau Président de la République pour le quinquennat à venir.

Voilà qui est fait au terme d’un combat rude et douloureux, mais tellement empreint d’espérance au soir du 7 Mai 2017.

Nous espérons en effet que notre Président aura la capacité à redonner à chacun une perspective à l’aube de cette nouvelle époque qui s’ouvre au moyen d’un processus démocratique renouvelé et d’un programme audacieux permettant à la fois de libérer et de protéger tous les citoyens.

Il faudrait que nous puissions croire également au retour de la confiance et de l’enthousiasme de ceux qui aspirent désormais, dans le cadre d’un nouveau partage, juste et équilibré, à se rassembler autour de projets d’intérêts communs et à dépasser le cadre étriqué des partis qui ne servent, dans une alternance devenue stérile et symbole d’immobilisme, que les intérêts de certains au détriment de ceux des autres.

Mais cette transformation de notre pays qu’Emmanuel MACRON propose de réaliser ne sera possible que si nous disposons d’une majorité de députés à l’Assemblée Nationale clairs et nets dans leurs engagements et d’autant de fiables et solides relais au sein des départements capables d’aider les citoyens à convertir leurs regards sur la politique pour que nous puissions nous réconcilier et parvenir ensemble, du plus profond de nos territoires, à transformer notre pays.

Pour que cette transformation s’opère, le premier chantier est celui du renouveau démocratique et politique, au travers des femmes et des hommes qui s’engagent dans notre pays au service des intérêts de chacun.

Si cet ouvrage fondamental est correctement réalisé, en souhaitant que les intérêts particuliers contrariés n’affectent pas trop la recherche de l’intérêt collectif, il favorisera la réussite de tous les autres chantiers.

Il est un impératif en cette période de transition, surtout ne pas s’arrêter de marcher sous peine de s’immobiliser.

Une fois notre démocratie rénovée, la moralisation de la vie politique, à laquelle les candidats en partie investis hier par la République En Marche devront participer, sera de nature à nous redonner non seulement confiance dans l’engagement des femmes et des hommes politiques de notre pays mais également espoir dans leur capacité à réformer notre société dans le respect des valeurs de notre république.

Mais s’engager dans le cadre des élections législatives, pour nos candidats fraîchement désignés, c’est aussi et surtout aimer leur territoire pour bien le représenter et connaître ceux qui le peuplent pour mieux les servir.

Il faut aimer l’Aude pour son histoire,  l’aimer pour sa géographie, aimer ce département pour ses racines et pour l’avenir qu’on doit ensemble lui préparer.

Magnifiquement situé au Centre de la région Occitanie, entre Gascogne et Méditerranée, entre les Cévennes et les Pyrénées, notre département représente superbement, au point de vue territorial, la synthèse de la France.

En effet, dans l’étroitesse de ses frontières, l’Aude, que Jean Girou a fidèlement et fièrement décrit, nous offre le désert et la plaine, les causses et les coteaux, les landes et les forêts, la montagne et la mer et donc, pour ainsi dire, dans cet espace restreint, le résumé du paysage Français.

L’Aude est pays du cyprès et de l’olivier, mais aussi du sapin et du mélèze, un pays de blé, un pays de vignes bien sur.

L’Aude est un pays de vents aux souffles alternés, du cers vif et froid qui descend du Nord et du marin épais, chaud et humide qui vient d’Espagne.

Comme l’Aude possède tous les paysages, il possède aussi tous les climats, tous les fruits, toutes les fleurs, toutes les chasses, du sanglier à l’Isard en passant par le lièvre et toutes les pèches aussi…

L’Aude est un microcosme tel que s’il ne fallait garder de la France qu’un seul département comme échantillon, ce serait l’Aude qu’on choisirait car on pourrait, avec facilité, recomposer toute la France.

L’Aude est un paradis mais les gens qui le peuplent ne le savent pas toujours.

Avec ses sites classés, sa Cité désormais Grand Site, le canal du midi, ses châteaux cathares ou « sentinelles de montagne » et plus de 50 km de plages ou de falaises sur le littoral méditerranéen, notre département est d’une beauté qui incite à la découverte, suscite toutes sortes de vocations, force parfois l’admiration et incite aussi à quelques réflexions mais jamais, ne laisse indifférent.

Notre fierté d’être Audois, on doit  la partager et les candidats de la République En Marche, ainsi que ceux qui seront animés des mêmes intentions, doivent continuer à marcher et à agir sans cesse pour tenter de rapprocher les gens, pour rassembler les Audois autour de la nécessaire démarche qui consiste, dans l’intérêt de tous, à mettre en avant tous les trésors que notre territoire recèle, les produits de nos terroirs, ses sites touristiques que nous avons sous les yeux et dont nous cessons parfois de réaliser l’importance et l’ampleur…

Mais comprendre notre département et le servir ne réside pas uniquement dans l’acte de mettre en évidence ce qui éblouit et qui marche déjà,  c’est aussi et surtout déceler toutes les beautés cachées de cette terre d’Aude, aller à la rencontre de tous ses habitants puis découvrir et promouvoir ses  autres sites remarquables et ses Espaces Naturels Sensibles dont encore trop peu de gens ne soupçonnent l’existence.

Faire politique et servir notre département et ses habitants impliquent pour nos candidats qui marchent désormais vers l’Assemblée Nationale de prendre le temps de poser le regard sur ce qui fait  l’histoire de notre territoire, ses traditions et sa personnalité, ce que le voyageur ignore mais que nos représentants doivent connaître et à leur tour transmettre.

Nous devons être incités à nous ouvrir aux autres et à faire découvrir cette terre riche d’histoire, de civilisation, de beauté et d’art mais qui fait encore figure de « terre inconnue » comme un faible maillon central de notre Occitanie qui serait posé là, sur « la route du peuple », entre Toulouse et Montpellier sous le soleil et le vent qui le sèchent et le caractérisent.

Rien n’est plus puissant qu’une idée quand son heure est venue et l’offre politique qui convient le mieux à notre département est bien celle proposée par Emmanuel MACRON .

Elle doit être mise en œuvre par son gouvernement et sérieusement relayée bientôt par nos futurs députés de cette République qui Marche pour favoriser l’ouverture et l’esprit de conquête pouvant tout aussi bien préparer et pousser un gars ou une fille de chez nous à partir à l’assaut du monde entier que les inciter à rester ou à revenir dans l’Aude pour y réussir leur vie.

Pour cela, nos représentants à l’Assemblée Nationale que nous devons encourager devront en permanence travailler pour déverrouiller notre territoire,  guérir le syndrome du pouvoir accaparé qui conduit à l’immobilisme et dans cette ère de tous les dangers qui débute, en cette époque de toutes les transitions, ils devront se consacrer à rechercher ce qui est juste et dépasser les clivages.

Leur action devra permettre à notre territoire de parvenir à tourner la page des 30 dernières années et à glisser sous ses doigts celle de l’avenir, ce qui implique qu’il devienne de plus en plus attrayant pour toutes sortes d’initiatives et que le numérique via le haut débit puisse accompagner chacune d’elles pour rendre la ruralité au monde qui l’entoure tout en préservant son authenticité. Tel est le véritable défi à relever.

Dans 5 ans, au bénéfice de l’action de nos représentants, nous ne devrons plus parler de la France rurale comme d’un territoire délaissé.

Mais au-delà de la nécessaire ouverture vers l’entreprise et l’innovation, notre département et plus spécialement la 1ere circonscription de l’Aude, qui s’étend des frontières du Tarn à celles des Pyrénées Orientales, en passant par la Montagne Noire, la Cité de Carcassonne, le Lézignanais, l’Ouveillanais et le Ginestacois, est particulièrement marquée par la viticulture au soutien de laquelle nos candidats futurs députés devront sans relâche s’inscrire.

En effet, dans notre département agricole et rural, la vigne est une reine fatiguée mais non encore déchue à laquelle il faut prendre garde car la crise actuelle, à l’instar de celles passées, est grave.

Malgré les caprices de la météo qui ont encore récemment aggravé la situation de nos viticulteurs dans les jours qui ont précédé le premier tour de l’élection présidentielle, ce qui pose notamment la question du nécessaire changement de la politique assurantielle, le vin est encore partout chez nous et c’est bien d’abord à travers lui et pour lui que nous devons lutter contre la résignation en nous tournant vers l’extérieur pour transmettre notre culture et valoriser ce que nous avons de meilleur.

Pour les audois, le vin demeure un élément identitaire et tout comme l’accent inimitable qui parle de chez nous lorsqu’il roule sur la langue, le vin de l’Aude parle aussi et lorsqu’on connait le terroir d’où il vient, il ne parle plus, il raconte une histoire, notre histoire.

Au-delà de notre histoire, notre avenir avec la viticulture ne se borne pas, contrairement à ce que l’on pourrait être tenté de croire, au rayonnement de quelques domaines étendards viti-aeno touristiques qui sont devenus néanmoins de magnifiques vitrines dont on peut être fiers.

L’avenir viticole de notre département réside au moins autant si ce n’est plus dans le maintien des vins et des cépages qui lui ressemblent issus de nos caves particulières et de la coopération qui jalonnent nos riches et divers terroirs qui ont fait et qui feront encore, j’en suis persuadé, la profondeur, la personnalité et la renommée de notre viticulture.

Notre département a tellement de passé avec nos vignerons que nous ne pouvons avoir avec le vin qu’énormément d’avenir et en ces temps particuliers où les gens ont tendance à se replier sur eux-mêmes, nous devons, imprégnés de notre passé, nous engager dans l’avenir avec audace et humanité.

L’audace, c’est s’évertuer à convertir les risques en opportunités, c’est faire de notre département non pas le maillon faible mais le maillon central de l’Occitanie, c’est allier le plus traditionnel avec le plus moderne, c’est développer l’économie et les infrastructures, mettre en œuvre des projets qui marchent, miser sur le numérique, éclairer et faire briller notre territoire dans le monde entier, prendre conscience de ce que nous avons ici, en être fier tout en acceptant de transmettre, créer des liens entre la ville et la ruralité, faire rentrer la viticulture dans nos cités et exporter le tourisme dans nos campagnes en ne cessant pas de tirer des traits d’union entre ce qui a été et ce qui sera, comme autant de ponts jetés entre hier et demain pour que notre païs survive à ce qu’il a toujours été et prenne son envol.

L’humanité qui doit accompagner le tout, c’est reconquérir la joie de vivre, c’est inventer entre nous de nouveaux sujets de connivence et de confiance qui vont nous animer et que l’on va ramener dans les espaces publics qu’ils ont peu à peu désertés.

L’humanité,  c’est faire politique sans être gêné de dire que cet engagement est d’abord un acte affectif très fort qui tend à rapprocher les gens et qui ne peut plus être réduit à la cause partisane.

L’humanité, c’est ce qui nous caractérise et qui peut vous inciter, citoyens audois, à vous hâter dès à présent de vous ouvrir vers les autres avec le dessein de transmettre, pour un avenir meilleur, votre part de rébellion et de bienfaisance.

L’humanité, c’est aspirer à sortir du marasme dans lequel nous sommes enfermés sans se diriger vers un vote extrême pour un parti qui se nourrit de nos difficultés, mais au contraire en établissant enfin, sans en avoir honte, une représentation sociale positive de la fraternité.

Les candidats de cette République qui Marche ont besoin de nous pour que ce projet devienne réalité, Ils auront encore besoin de nous pour libérer notre pays et pour que leur engagement en qualité de députés puisse contribuer à nous rapprocher et qu’ils puissent ainsi continuer à se procurer, dans le cadre du mandat que nous devons leur confier, le seul bonheur qui existe et que je leur souhaite, celui qui résulte du fait de s’occuper des autres.

Pour ma part, en cette période de transition et de rénovation de la République où nous essuyons nécessairement les plâtres, j’ai décidé de persévérer et de continuer à faire modestement ma part dans l’intérêt de mon territoire et de ceux qui le peuplent…

Alors citoyens Audois, sans boiter,  sans état d’âme… continuons à marcher.

Franck ALBERTI

Charpenté, avec du corps et des jambes…

2016-04-24 16.51.24

 A une amie qui me demande de lui donner une bonne raison de voter pour Emmanuel MACRON au second tour de l’élection présidentielle et pas seulement contre le FN… je réponds que le programme d’Emmanuel  MACRON est comme les bons vins qu’elle sert sur son comptoir pour nous mettre en appétit et nous permettre de refaire le monde en attendant qu’une place à table se libère pour le  repas.

Il est charpenté, avec du corps et des jambes…

***

Je te dis d’abord que tu te trouves, comme bon nombre d’autres citoyens français, déboussolée voir bloquée au regard de ce qui se trame comme l’est aussi notre système politique du fait d’une alternance menteuse, assénée depuis tant d’années, et qui ne nous présente plus le moindre changement.

Au contraire, ce changement promis et non avenu constituait le fonds de commerce des partis politiques classiques comportant deux établissements, la majorité et l’opposition exploités par chacun d’eux en alternance, ce qui eu pour effet de plonger les Français dans le marasme qu’ils ne supportent plus aujourd’hui.

Cette alternance du pareil au même est devenue le symbole de l’immobilisme incarné par les partis de gouvernement classiques qui, dans l’escalier de l’histoire politique de notre pays, ont manifestement raté une marche.

La question à laquelle répond en premier lieu le vote pour EM est : comment sauver la France d’une Présidence extrémiste et d’une révolution violente ?

Pour y parvenir, il faut s’efforcer de changer d’humeur et de vouloir être optimiste, reprendre espoir dans l’avenir, espoir dans la jeunesse, espoir dans un homme et une équipe qui comprend notre monde et ce qu’il va devenir et qui a su, en une année, imposer aux carcans politiques une nécessaire remise en question et placer les Français en situation de redresser la tête.

Je te dis ensuite, parce que je sais que tu y seras sensible, que le projet est charpenté par un des grands chantiers qu’Emmanuel MACRON propose dans le cadre de son contrat avec la nation qui porte sur le nécessaire renouveau démocratique.

Depuis le début de sa démarche et même avant sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, il a eu une volonté forte de rénover notre démocratie et d’impliquer les citoyens pour inciter le plus grand nombre à faire leur part dans la vie politique de notre pays.

C’est le chantier transversal et permanent que l’on retrouve dans le programme d’Emmanuel MACRON et qui a été mis en marche dès l’origine du mouvement par la consultation du peuple, la constitution de comités qui ont travaillé et suggéré des idées qui font aujourd’hui partie du programme proposé aux français.

Le renouveau démocratique, c’est aussi dorénavant mettre en vigueur le non-cumul des mandats de nos élus dans le temps, réduire le nombre de parlementaires et introduire une dose de proportionnelle au Parlement, clarifier les rémunérations des élus, exiger la probité des femmes et des hommes politiques, encourager la parité.

Telle est la charpente du projet d’Emmanuel MACRON qui est de bonne constitution et qui ouvre une belle perspective sinon de vieillissement à tout le moins de pérennité.

Je te dis également que ce projet a du corps et qu’il n’y a rien qui puisse te nuire bien au contraire.

Même si tu ne fais pas partie des plus défavorisées, loin s’en faut, tu ne peux pas contester la nécessité des actions prévues qui consistent à faire plus dans notre société pour ceux qui ont moins à savoir :

  • Augmenter le minimum vieillesse et l’allocation handicapé de 100 € par mois
  • Débloquer un 13eme mois pour les salariés au SMIC en supprimant les cotisations salariales
  • Rendre l’assurance chômage universelle accessible aux salariés mais également aux indépendants pour protéger chacun dans leurs carrières et leurs initiatives
  • Mobiliser plus de moyens dans les zones d’éducation prioritaire
  • Doubler le nombre de maisons de santé pour lutter contre les déserts médicaux, prendre en charge à 100 % les frais de lunette ainsi que de prothèses auditives ou dentaires.

Je pense que tu pourrais apprécier également la volonté de protéger les droits de chacun et de faire vivre le progressisme notamment :

  • Par la préservation du mariage pour tous
  • Par le maintien de l’aide médicale d’état
  • Par le fait d’ériger en grande cause nationale du quinquennat l’égalité femmes-hommes

Comment pourrais-tu par ailleurs ne pas être sensible à l’urgence écologique qui nous impose de changer en profondeur notre modèle économique pour le rendre durable et respectueux de l’environnement :

  • En investissant massivement pour l’écologie
  • En passant de 75 à 50 % d’énergie nucléaire et en doublant la capacité en éolien et en solaire d’ici 2022 tout en sortant des énergies fossiles, décourager l’usage du diesel et interdire les pesticides et perturbateurs endocrinien

 Je te dis aussi, sachant à quel point tu es entreprenante, que tu ne devrais pouvoir qu’être enthousiaste à l’idée d’encourager le développement de nouvelles formes d’activités avec :

  • Le lancement d’un grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros
  • La création d’un Accélérateur National d’Innovation Sociale pour soutenir les projets innovants
  • Le soutien des pôles territoriaux de coopération économique pour favoriser l’économie sociale et solidaire

Je te dis et t’assure que la protection et la sécurité des citoyens ne sera pas en reste, que nos enfants auront tous les mêmes chances de progresser et de réussir, que les fractures qui nous divisent et nous séparent seront comblées par le fait de privilégier la laïcité, de préserver notre langue et notre culture.

Je te dis enfin que les jambes de ce projet, celles qui permettent de marcher et d’avancer pour en évaluer la maturité et rendre efficaces toutes les actions basées sur les idées proposées, c’est un contrat avec la nation qui est soumis à chacun des citoyens, un contrat qui prévoit la mise en œuvre d’un nouveau partage.

Ce nouveau partage, on le retrouve dans tous les secteurs du programme d’Emmanuel MACRON, c’est celui qui conduit à avoir une vision globale pour proposer à tous les Français un pacte social dans lequel chacun doit trouver son compte, dans une relation équilibrée qui permette de faire l’effort ou la concession de donner, mais à condition de recevoir en échange.

Ce nouveau partage, sur le plan politique, c’est de permettre à chaque Français, qu’il soit homme ou femme et avec une égalité entre eux, qu’ils soient artisans, entrepreneurs, commerçants, fonctionnaires ou chômeurs, de s’engager pour servir le pays à condition que cet engagement soit limité dans le temps pour qu’on puisse servir notre pays et s’engager pour les autres en sachant que cela n’est pas un métier et qu’il ne sert à rien de songer à « s’accrocher aux branches ».

Mais ce nouveau partage, on le retrouve aussi dans le domaine économique et social. Il consistera à libérer l’économie, et en même temps à protéger et cela consiste à sortir du carcan droite/gauche et à se demander comment penser et agir pour tous, comment prendre des mesures concrètes pour débloquer notre pays et en même temps remettre les plus défavorisés au cœur du débat politique.

En matière de lutte contre le chômage par exemple qui est une priorité, le nouveau partage consiste à protéger tout le monde y compris les indépendants et même sous conditions ceux qui démissionnent. L’Etat va les former et peut être leur apprendre un nouveau métier, mais en contre partie, ils devront accepter les offres d’emplois qui leur sont proposées.

Ce pacte social consistera aussi à donner plus de liberté aux entreprises et davantage de confiance aux entrepreneurs afin qu’ils créent des emplois, et en même temps à permettre aux salariés de voir augmenter leur pouvoir d’achat et vivre décemment de leur travail grâce à par une baisse de charges et au delà par une extension du principe de participation qui existe depuis plus de 50 ans, et qui doit être utilisé davantage pour permettre aux salariés de partager les fruits de leurs efforts.

C’est cela le pacte social proposé par Emmanuel MACRON, les jambes de son projet qui nous permettront de marcher et d’avancer et de réaliser le déblocage de notre pays dans une République sociale apaisée, apaisante et juste qui nous redonnera confiance et espoir.

Mais il ne suffira pas qu’il soit élu le 7 Mai prochain pour que ce nouveau partage devienne effectif, il faut que nous fassions chacun notre part car c’est aux Français que ce pacte est proposé pour que nous puissions tous ensemble redresser la tête, nous tenir droit, marcher, agir, courir vers ceux qui avec nous reconstruirons l’Europe au sein de laquelle la France rayonnera.

Alors ma chère Elo, c’est peut être simplement cela la révolution qu’il nous propose :

Refaire France, Etre France, celle qui rassemble et pas celle qui trie, et en redevenir collectivement fiers.

Je te souhaite d’y croire comme j’y crois en espérant que cela réussisse car nous n’avons plus le choix et pour qu’un de ces prochains jours, sur le comptoir de ton noble établissement, nous refassions le monde non plus pour le changer, mais pour le plaisir de se rappeler le chemin parcouru pour accomplir le miracle du vin, charpenté, avec du corps et des jambes qui doit refaire de l’homme ce qu’il n’aurait jamais du cesser d’être : l’ami de l’homme.

Avec toute mon amitié, Franck ALBERTI

Le choix est pourtant simple pour qui aime la France…

aragonLe 23 Avril 2017, Emmanuel MACRON est arrivé en tête du premier tour de l’élection Présidentielle et Marine LE PEN s’est qualifiée en second pour le deuxième round qui oppose désormais la France qui veut trier ses citoyens à celle qui aspire à les rassembler.

Marine Le Pen, qui dit choisir la France, en réalité la menace.

Elle menace la France et les Français du chaos et de l’enfermement. Aussi, désormais nous avons un choix simple à faire :

  • Soit s’enfermer dans le camp de ceux qui veulent que notre pays s’immobilise et s’isole du Monde
  • Soit voter le 7 Mai prochain Emmanuel MACRON pour finaliser le déblocage des rouages politiques de notre pays et relever tous les défis de l’avenir.

Ceux dont le candidat soutenu au premier tour n’est plus en lice au second et dont je crois pouvoir comprendre la frustration doivent néanmoins être incités à ne pas se tromper. Ils peuvent par leur vote du 7 Mai contribuer à changer positivement notre pays en choisissant entre démolir et reconstruire.

Dans les 10 jours qui nous séparent de l’élection de notre prochain président de la République, il faut agir pour dissuader d’un votre « de repli sur soi » les adeptes de la seule démolition, ceux qui tendent à se laisser aller au vote pulsion pour MLP, résultat de la haine et du rejet des 25 dernières années d’immobilisme associées à la peur de n’avoir d’autre perspective pour les années à venir que celle de s’isoler afin d’échapper à un mal être éprouvé au quotidien.

Le FN se nourrit de ce mal être qu’il amplifie chez les gens qui croient, en se fourvoyant, en sa capacité à solutionner leurs problèmes. C’est le cercle vicieux du populisme d’exclusion.

En effet, en jouant avec nos plus bas instincts, le FN a ouvert une faille devenue une voie dans laquelle se sont engouffrés plus de sept millions de suffrages le 23 Avril dernier.

Ce vote ainsi massivement recueilli apparaît néanmoins comme principalement « défoulatoire », le FN ne présentant objectivement aucune solution, le but visiblement poursuivi se bornant à vouloir rétrécir et démolir le système sans aucun plan viable de reconstruction.

Qui peut prétendre sérieusement aimer la France et en même temps s’engager dans cette voie nationaliste qui mène au défoulement certes, mais surtout à l’isolement et à la précipitation de notre pays dans le chaos.

Quinze ans après le père en 2002, nous avons l’héritière au second tour de l’élection la plus importante pour l’avenir de notre pays.

Comment aurait-il pu en être autrement ?  Avec les crises économiques et financières qui n’en finissent plus, le chômage de masse, une Europe qui se délite, les attentats djihadistes, le Brexit, le poids de Poutine à l’Est et l’élection de Trump à l’Ouest, les anciens refrains chantés à tue-tête par les vieux partis politiques sonnaient de plus en plus faux et préparaient la partition du requiem pour les violons du FN.

Mais ne nous trompons pas, par nature et par choix, le FN ne résoudra pas les problèmes des Français car il a besoin de nos problèmes pour exister.

Les carcans des vieux partis sont en train d’exploser et c’est Emmanuel MACRON qui est le seul capable de faire preuve, dans le dépassement des clivages, de la volonté vraie d’affronter tous les problèmes qui se posent au peuple Français et de les régler avec justice, justesse, équilibre et discernement.

C’est le seul qui pourra éclairer notre chemin et nous offrir une perspective dans la compréhension de ce que notre monde, notre environnement, nos métiers et nos conditions de vie seront demain.

Ce qui compte maintenant, après la frustration liée au résultat du premier tour et dans les jours qui nous séparent du second, c’est d’achever la conversion de notre regard sur la politique et de faire accepter partout l’idée que le temps est venu de travailler main dans la main avec ceux, d’où qu’ils viennent, qui sont ou qui seront animés de la même envie de remettre l’intérêt général au cœur de nos préoccupations.

Il faut s’engager pour soigner et préserver notre Démocratie en moralisant la politique.

Il faut redonner confiance aux citoyens et j’ai la faiblesse de penser qu’avec l’élection d’Emmanuel MACRON et la mise en place efficace de son programme, le FN perdra même sa vocation à exister et à sévir.

Tels sont les vrais progrès et le véritable changement qui,  en votant Emmanuel MACRON nous permettront d’accéder à la redécouverte du bonheur de participer à une aventure collective dans laquelle nous retrouverons nos origines pionnières et universalistes qui ont toujours caractérisé la France.

Avec Emmanuel MACRON comme Président et pour ceux qui aiment vraiment la France, il ne s’agira pas de combattre et de détruire l’autre mais au contraire de changer la donne pour protéger tout le monde avec la bienveillance qui doit présider en toutes circonstances aux relations entre les citoyens.

Pour qui aime la France, le choix ne peut pas être celui d’une France haineuse et repliée sur elle-même comme nous le promet MLP mais celui d’une France réconciliée, apaisée et apaisante.

Pour qui aime la France, le choix ne peut pas être celui de la discrimination mais bien celui de l’éducation, de la culture comme bases de notre épanouissement et de notre ouverture aux autres.

Pour qui aime la France, le choix ne saurait être celui du nationalisme qui emprisonne derrière des barreaux de haine mais au contraire celui de l’humanisme qui libère et permet d’espérer en l’avenir.

Pour qui aime la France, le choix consiste à relever le défi de notre pays, celui d’une génération qui se lève dans la dignité et dans l’unité.

Pour qui aime la France, le choix n’est pas de céder à la peur et à la tentation de l’isolement pour ne pas avoir à affronter le monde mais c’est au contraire le choix simple du candidat de l’Europe, d’une nouvelle Europe, une Europe capable de faire voyager notre espérance commune à travers le monde tout au long du XXIème siècle.

Choisir l’Europe est un atout majeur, gage de paix, au sujet duquel nous devons nous remettre collectivement à rêver et c’est bien au moment où elle est au plus mal que nous devons la réinventer, la refaçonner pour lui donner un nouveau contenu et plus de sens.

En votant massivement pour Emmanuel MACRON le 7 Mai prochain, nous nous mettrons en marche vers tous ceux qui doivent avec nous reconstruire l’Europe au sein de laquelle la France rayonnera.

Alors nous ferons France, nous serons France et nous en serons collectivement fiers.