Carcassonne 13 – Pia (stade Jean Bouin, Paris, 6 juin 2026)

Si ce titre de champion de France de rugby à 13 fait la fierté d’un village, comme le souligne un quotidien local et commun aux deux finalistes, en l’occurrence l’indépendant, et qu’il est bon de se réjouir des émotions et des satisfactions que procurent le sport en général et le rugby en particulier, il me paraît néanmoins utile de s’interroger sur le sens de la phrase prononcée à l’issue de la rencontre par Fred Camel qui dit en le déplorant que « ce sport ne fait que régresser… »

Les mauvais esprits n’y verront que pleurnichades de vaincues mais enfin, dans ce match événement à Jean Bouin ou Carcassonne, il est vrai, n’a pas produit son meilleur jeu, le suspens a été artificiellement alimenté par des décisions arbitrales anormales.

12 à 0 pour Pia puis 12 à 12 à la mi-temps puis 26 à 24 pour Pia avant un essai transformé pour Carcassonne qui menait à 3 minutes de la fin 30 à 26…

Et la, le baroud d’honneur de Pia, louable en soi, qui abouti à une action sur l’aile ou l’arrière Pianenc aplati la mechigue à la dernière minute…..en touche.

L’essai menteur et assassin de la dernière minute par lequel Pia égalise….

Essai injustement accordé mais pas transformé : 30 partout à la fin du match. Prolongation et point en or. Le premier qui marque désormais est champion…

Et le jeu reprend ses droits quelques minutes sur des bases néanmoins faussées, tentative de drop de Morgan Escaré qui est contré et dans la foulée, Theo Fages enquille un drop de 40 mètres qui passe à 50 cm au dessus de la barre.

Le drop en or ! 14 carats…

Comme dirait l’autre qui était présent dans les tribunes : c’est terminé !

Décision anormale de l’arbitre ne signifie pas ici mise en cause de l’arbitre de champ car celui ci a pu ne pas voir le ballon aplati du mauvais côté du piquet de mousse comme il n’était pas le mieux placé pour voir un en-avant d’un mètre qui mène à l’essai menteur et assassin de l’injuste égalisation qui à soustrait frauduleusement le titre de champion à Carcassonne.

Sauf que les Pianencs, à ce moment là et dans l’euphorie, n’ont peut être pas eu conscience du Hold-up auquel ils étaient en train de se livrer à l’exception évidente de Damien Huescar, arrière de Pia, qui s’est forcément très bien rendu compte qu’il n’était pas allé à dame, tout comme l’arbitre de touche mais celui ci, à sa décharge, ne s’était peut-être pas bien remis de sa scandaleuse agression du week-end précédent…

Même si Pia dérive du latin « pius », qui suggère vertu, piété et dévouement, on ne peut pas en vouloir aux Pianencs auxquels on souhaite de bien profiter de leur titre qu’ils attendaient depuis 14 ans.

Le planchot pour Pia à bout de bras… il faut laisser leurs illusions aux enfants et ne pas leur dire, qu’en France, ce sport est en train de mourir…

Ce qui est anormal par contre, c’est par exemple que la vidéo ne fasse pas partie de l’équation comme dans tous les sports qui aspirent désormais à la cour des grands et des justes car on ne peux pas être grand sans être juste.

C’est d’autant plus anormal que la vidéo était utilisée en 2019 et qu’elle a été abandonnée…

Ce qui est anormal, et ce n’est pas un problème d’arbitrage mais de gouvernance, c’est que nous n’ayons trouvé un moyen de retransmettre la finale via la télévision que 48 heures avant le match, et encore, sans chronomètre, ce qui a eu toutefois le mérite de nous procurer des images qui parlent à posteriori mais que l’on n’utilise pas en temps réel…

Ce qui est anormal également, c’est qu’on ait essayé de palier les écueils en matière d’arbitrage avec la mise en place saugrenue, dans le courant de la saison, d’une commission indépendante arbitrale qui passe sa vie à visionner les matchs passés et à infliger sur rapports des sanctions à posteriori aux joueurs dans une cohérence et une équité laissant parfois à désirer…

Si cette démarche peut s’entendre en cas de blessures et dans la nécessité de sanctionner à sa juste mesure un fait de jeu (que l’arbitre n’a pas bien vu) qui a porté atteinte à l’intégrité physique d’un joueur, c’est totalement incompréhensible si cela est mis en œuvre de façon systématique sans compter le coût financier d’une telle hasardeuse et antisportive initiative qui permettrait peut-être, si elle était supprimée, de financer la vidéo au moins durant les phases finales du championnat…

En cela notamment, le Rugby a 13 régresse, comme le dit lucidement et à juste titre Fred Camel dont il faut saluer l’engagement et l’action au côté des dirigeants Carcassonnais qui ne ménagent pas leurs efforts pour la survie de ce sport qui est un des poumons de la ville de Carcassonne.

C’est à mon avis déjà trop tard pour inverser la tendance et masquer l’odeur du sapin tant les décideurs nationaux semblent si mal inspirés et figés dans leur incapacité à trouver des solutions qui respectent leur sport, leurs clubs, leurs joueurs et leurs supporters qui n’ont surtout pas besoin, même si les racines sont profondes, de voir ainsi couper la frêle branche de l’arbre sur laquelle ils sont assis.

Il nous reste les lumières et le professionnalisme de la Super League, et des Dragons en particulier qui nous régalent et magnifient la beauté de ce sport auquel je suis très attaché au point d’être passé subitement hier, dans les tribunes de ce superbe stade de Jean Bouin, du parfait gavach au soutien inconditionnel de Carcassonne à supporter Catalan derrière les Dragons qui ont malheureusement perdu contre une superbe équipe de Wigan devant plus de 12000 spectateurs dont des milliers de supporters anglais survoltés.

Mais ces lumières là ne sont pas de nature, bien au contraire, à empêcher notre rugby à 13 national de sombrer dans une obscurité qui risque, et je le déplore, de lui être fatale.

Vive le 🏉 et les émotions qu’il procure !