Cela paraît peu mais en réalité, c’est énorme et ce n’est que grâce à l’action admirable des pompiers que l’ampleur des dégâts n’est pas plus catastrophique encore.

Bravo et merci à eux !

Il faut également remercier ceux qui, au cœur du sinistre dans les zones directement impactées et parfois confinées, ont ouvert leurs portes, leurs frigos et leur cœur pour accueillir et réconforter les plus démunis..

Près de 3% de la superficie totale du département de l’Aude ont été parcourus par les flammes dans les Corbières en 48 heures, les 6 et 7 août 2025.

C’est sur la base de tels actes, empreints de solidarité et de fraternité, que nous pourrons reconstruire nos Corbières.

Mais à l’instar d’une maison détruite par les inondations que l’on ne reconstruit pas à l’identique en zone inondable, on doit songer à reconstruire nos Corbières avalées par le brasier dans le prisme du réchauffement du climat et des chaleurs extrêmes qui pèsent régulièrement et de plus en plus sur notre territoire qui est également parcouru par des vents puissants et soutenus.

Alors bien sûr que la vigne est notre identité dont on ne ne saurait se passer sans perdre notre âme mais il ne faut pas oublier qu’elle produit des raisins dont la vocation est d’être transformés en vin et on ne peut pas non plus occulter la crise que traverse actuellement la filière viticole qui pousse grand nombre de vignerons et de viticulteurs a arracher leurs vignes qui ne rapportent guère plus, parfois, que le coût de leur entretien, la faute à plusieurs facteurs que nous avons subis ces dernières années, tantôt le gel, la grêle ou la sécheresse récurrente qui ne pourra désormais être combattue que par l’irrigation qui est un sujet majeur et vital pour la survie de la viticulture dans notre territoire.

Mais la crise viticole résulte également du fait qu’il semble se boire de moins en moins de vin dans notre pays et dans le monde et qu’il est en conséquence de plus en plus difficile de vendre à bon prix l’ensemble de nos productions…

Et si on rajoute que la vocation « coupe feu » des vignes n’est effective que si elles sont entretenues, on ne peut pas se borner, en occultant tout ce qui précède, à dire en substance comme s’il s’agissait de la solution ultime plantons des vignes et les incendies ne se propageront plus…

Sans nul doute ceux qui resteront après la crise auront, y compris dans nos Corbières reconstruites, de très beaux jours devant eux dans le royaume de la vigne et du vin mais aujourd’hui, il est urgent de réfléchir à ne pas faire n’importe quoi.

Surtout, au delà des vignes, si possible irriguées et entretenues, qui resteront la marque de nos plaines et de nos reliefs, songeons à replanter des essences adaptées et non plus seulement des résineux qui flambent comme on vient de le constater plus vite encore que les flammes ne peuvent l’espérer.

N’oublions pas qu’avant la vigne chez nous trônaient les oliviers notamment, au bois dense et peu résineux, et qu’à l’instar des chênes verts ou des chênes lièges à l’écorce épaisse et peu inflammable, ceux ci résistent davantage au feu qui, malheureusement, risque de s’inviter encore régulièrement sur notre territoire.

C’est l’occasion ou jamais de rechercher l’union sacrée, dans la réflexion et dans l’action inspirées par le bons sens, pour la préservation des intérêts collectifs de notre territoire et de ceux qui y vivent…