La laïcité est elle l’ennemie des religions ?

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le 15 Janvier 1850, devant l’Assemblée Nationale, Victor Hugo manifestait déjà le souhait fondateur de voir « l’Eglise chez elle et l’Etat chez lui« .

Ce principe a été consacré par la loi du 9 Décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat mais pour autant, la laïcité doit-elle être considérée comme l’ennemie des religions ?

Oui, si on en croit les eructations de quelques faux laïques exaltés en manque cruel de discernement à l’écoute, partielle et partiale, du discours prononcé le 9 Avril 2018 par le Président Emmanuel MACRON devant la Conférence des évêques de France.

Est-ce vraiment lamentable et irresponsable de vouloir réparer le lien entre l’Eglise et l’Etat comme l’a souhaité le Président ? S’agit-il veritablement d’une défiguration de la nature laïque de la République ?

A l’évidence non si on s’en tient à la loi de 1905 qui dispose que la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes…

Certes, n’étant soumis à aucune religion, étant arbitre impartial, l’Etat ne se mêle pas des affaires internes des religions mais n’est-ce pas néanmoins son rôle de maintenir ou de réparer, le cas échéant, les liens avec elles ?

Cela constitue une étape utile et nécessaire pour respecter à la lettre et dans l’esprit la mission de l’Etat qui consiste à veiller efficacement à la cohabitation harmonieuse de ceux qui croient, quelle que soit leur croyance, et de ceux qui ne croient pas.

Faire cohabiter les croyances et les convictions religieuses, philosophiques ou politiques de ses citoyens, sans fanatisme et dans le respect mutuel : tel est l’objectif d’une République laïque dans lequel semblait, quoi qu’on en dise, s’inscrire le discours de notre Président.

En 1850, « l’Eglise chez elle et l’Etat chez lui » ne pouvait pas signifier, dans l’esprit de Victor Hugo, qu’il fallait s’ignorer et se tourner le dos, pas plus qu’il me serait interdit aujourd’hui, à l’égard de mon voisin, qui vit chez lui comme je vis chez moi, de prêter mon échelle ou même la main s’il a besoin de tailler ses arbres…

Mais il faut décidemment se méfier de ceux qui, à trop vouloir porter la bonne parole, s’en étouffent.

Voltaire disait en 1763 « si vous voulez que l’on tolère votre doctrine, commencez par n’être ni intolérants, ni intolérables ».

Près d’un siècle plus tard, Victor Hugo disait encore, dans son même discours à l’assemblée nationale : « Si le cerveau de l’humanité était là, devant leurs yeux, ouvert comme la page d’un livre, ils y feraient des ratures ».

C’est malheureusement aujourd’hui encore le cas y compris pour le grand camerlingue de la France dite Insoumise et ses sbires qui respirent la tolérance et la laïcité mais qui ont le souffle manifestement bien court…

Le débat est ouvert !

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