
Le millésime 2022 m’est apparu ces derniers jours « al dente » pour aller trouver refuge dans quelques fioles qui demeureront toutefois derrière les fagots durant encore plusieurs mois avant de déferler sur quelques tables complaisantes mais néanmoins amies…
Dans les bouteilles, vous trouverez le San Giovese, originaire d’Italie, vinifié dans une jarre venue comme lui de Toscane qui s’est assemblé l’hiver dernier avec le Tempranillo, cépage roi d’Espagne, qui de son côté a fermenté en tournant sur lui même tous les matins durant près d’un mois dans un fût qui laissera un souvenir discret pour avoir déjà bu et agrémenté trois précédentes récoltes…

Ces deux cépages emblématiques de la culture viticole méditerranéenne seront liés par une lisque de Mourvèdre français dont on dit qu’il est somptueux lorsqu’il voit la mer du milieu, comme s’il prenait par la main ses demi-frères italiens et espagnols pour magnifier dans le bois et la pierre ce pur assemblage méditerranéen et rappeler toutes les valeurs que nous avons et cultivons en commun…
D’un côté, l’Italie et la « La divine comédie » de Dante Alighieri, écrite en 1307 mais imprimée pour la première fois en 1472.
Cet ouvrage est à l’origine de la création de la langue Italienne pour avoir été rédigé en Toscan et non en latin. C’est un poème, un conte personnel sur la rédemption, un traité sur les vertus humaines et aussi une oeuvre de science-fiction très influente. L’Enfer de Dante, avec ses différents cercles correspondant aux sept péchés capitaux, façonne encore aujourd’hui l’image que l’on peut se faire de la vie après la mort dans l’imaginaire chrétien…
De l’autre côté, l’Espagne où paraît en 1605 le « Don Quijote » de Cervantes (Q’chott en Araméen signifie vérité), qui fut écrit dans un souci d’œcuménisme en souvenir d’une Espagne, terre de rencontre des trois religions révélées.
Cette œuvre propose à l’avenir un projet culturel plaçant en son centre la puissance du verbe et la recherche de sens…
C’est à cette même époque, en France, et dès le XIIIe siècle, que Saint Louis décida de mettre son vin Parisien en vente, ce qui donna jour à un florissant commerce d’exportation favorisé par le transport fluvial qui permettra même au vin d’Auteuil d’être exporté jusqu’au Danemark !
Le vin produit à Paris, obtenu initialement à partir de cépages nobles comme le « fromenteau » et le « morillon », était réputé de bonne qualité et c’est l’augmentation de la population de la ville au XIVe siècle, et avec elle celle de la consommation et de la demande, qui allait entraîner l’apparition et l’accroissement rapide d’une viticulture populaire au travers de la plantation d’un cépage plus grossier mais au rendement plus important à savoir le « gouais », qui devint largement cultivé sur Paris et aux alentours sur de minuscules parcelles.
Au début du XVe siècle, la capitale compte quatre mille tavernes et dans le même temps, la représentation du dieu Bacchus / Dionysos, foisonne sur les toiles d’innombrables peintres et sculpteurs, dont Michel-Ange et Vélasquez…
Au fil du temps, parce que viticulture rime avec littérature, et que vins et lettres s’accordent dans la symphonie méditerranéenne du beau et du bon, la France, mais également l’Espagne et l’Italie, qui sont autant de pays qui incarnent la civilisation du vin, sont parvenus à harmoniser leurs canons et à partager un art de vivre viticole auquel j’ai plaisir à rendre hommage.
Ainsi, en hommage à ses origines, et aux miennes, entre la comédie humaine et don quichote qui sont deux œuvres de génie, ce vin s’appellera Dante i Cervantes… 🍷💫
Bienvenue Dante i Cervantès, une référence épicurienne s’il en est une.
Bravo Franck
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