Vive le rugby ! à XIII comme à XV…

Nous venons de célébrer le 75eme anniversaire du débarquement en Normandie par les forces alliées et cet événement sonnait pour les Français les premières notes réconfortantes jusque-là étouffées par un assourdissant bruit de bottes…

C’est quelques années auparavant, en 1941, que le régime de Vichy, entre autres victimes, condamnait à mort le rugby à XIII.

Le Rugby à XIII qui est né en 1895 à Hudersfield en Angleterre s’installa en France en 1934 sous l’impulsion des anglais et lorsque la deuxième guerre mondiale a éclaté, ce sport était en pleine ascension tant sur le plan sportif qu’au niveau de sa popularité.

On comptait 172 clubs dans l’hexagone dont 14, qui jouissaient d’un statut professionnel, évoluant au plus haut niveau tandis que les quinzistes marquaient un peu le pas du fait de leur amateurisme, de leurs règles poussiéreuses et surtout en raison de leur éviction de la scène internationale depuis 1932, date à laquelle les anglais refusèrent de rencontrer les tricolores dont ils condamnaient les excès de violence sur le terrain.

Aussi, ayant vu se diviser par deux le nombre de club en activité en France en moins de quinze ans, la FFR, souhaitant garantir sa pérennité, profitait de quelques acuentances de certains de ses dirigeants avec le Gouvernement de Vichy pour titiller les convictions moralisatrices du Maréchal et de ses affidés susceptibles d’être offusquées par le statut professionnel des treizistes…*

Ainsi, fut créé en Octobre 1940 par le Commissariat Général des Sports un Comité d’étude de professionnalisme et d’amateurisme qui concluait dans la foulée que « les sports professionnels devaient être supprimés« .

Un sursis de trois ans etait accordé au football, au cyclisme, à la boxe et à la pelote basque mais la sentence de mise à mort fut immédiate pour le tennis et le rugby à XIII.

L’avis de décès du rugby à XIII était officialisé par un Décret, publié le 19 décembre 1941, émanant du Secrétariat d’État à l’éducation nationale et à la jeunesse, qui a eu pour effet la dissolution de la Fédération, la spoliation de tous ses biens, la saisie de ses archives par la police de Vichy et l’obligation pour les treizistes de jouer désormais à XV pour pouvoir continuer à toucher le ballon ovale…

Ce n’est qu’en Septembre 1944 que la ligue francaise de rugby à XIII renaissait de ses cendres à Toulouse avant d’etre à nouveau autorisée, en se ralliant à l’amateurisme et sous la houlette de Paul Barrière que les Carcassonnais connaissent bien, mais il s’appellera désormais « jeu à XIII » probablement pour ne pas faire revivre l’ancienne fédération de rugby et l’empêcher ainsi de réclamer restitution de ce qui lui avait été volé.

Ce n’est que près de 50 ans plus tard, en 1993, au terme d’un très long procès engagé par la FFR qui souhaitait demeurer le seul rugby, que le « jeu » treiziste pourra renouer avec son appellation de rugby d’origine mais le mal était fait.

Le Rugby à XIII, qu’on se le dise une fois pour toutes, a bien été une des victimes du gouvernement de Vichy bien aidé en celà par une inssupportable rancune de certaines instances quinzistes qui n’ont pas hésité, à l’époque, à bannir à vie et à interdire de terrains ceux qui voulaient y jouer au rugby à deux de moins et avec les numeros inversés sur le maillot…

Cette attitude à laissé des traces et je denonce aujourd’hui ceux qui maintiennent cette malsaine concurrence, saluant au passage ceux qui comme moi estiment que le ballon ovale, peut importe le nombre de joueurs sur le terrain, n’a d’importance que par les valeurs qu’il inculque et qu’il véhicule.

Pourtant, la popularité d’avant guerre n’etaient pas définitivement perdue et commençait alors une nouvelle période de gloire..

En effet, les stades se remplissaient à nouveau et en 1951, lors de la première tournée en Australie du XIII de France emmené par Puig-Aubert, Dop, Cantoni, Mason, Martin et consorts, ces derniers remportaient 20 victoires et ramenaient une notoriété mondiale qui leur valu, à leur retour au pays, un accueil fracassant par 100.000 personnes venues acclamer a Marseille les héros du rugby.

Le XIII de France renouvela ses exploits en 1955 puis en 1960 et localement, durant cette periode, il existe des images de nos stades, dans nos têtes et sur photographies, comme celui de la Pépinière a Carcassonne devenu Albert Domec, plein à craquer comme on ne l’a jamais revu.

À partir de 1968 et malgré une place en finale de la coupe du monde, des virages sûrement mal négociés par les instances annoncèrent le declin du XIII que Jacques Fouroux, ancien capitaine du XV de France, ne parvenait pas à relancer en 1995 en dépit de la qualité et de la noblesse de son projet.

Aujourd’hui, le XIII français se remet à briller dans le championnat anglais avec les Dragons Catalans, qui ont même gagné la Cup à Wembley l’an dernier devant 80.000 spectateurs et le Club de Toulouse Olympique qui mérite de suivre le même chemin pour récompenser les Toulousains d’avoir tellement fait pour les deux rugby, pour l’ovalie en général.

M’inspirant de Jean Giraudoux, je pense comme lui que le rugby c’est à « Six ou huit joueurs forts et actifs, deux légers et rusés, quatre grands rapides, et un dernier, modèle de flegme et de sang-froid. Le rugby, c’est la proportion idéale entre les hommes » et c’est aussi vrai aujourd’hui pour les femmes…

Pourquoi ne serais-je pas autant satisfait ce soir de voir d’un coté la Coupe de France Lors Derby gagnée pour la quinzième fois de son histoire, à XIII, par une équipe de Carcassonne qui était donnée pour morte à la fin de la saison dernière et de voir de l’autre coté la qualification, à XV, du Stade Toulousain pour sa vingt huitièmes finales du championnat.

C’est effectivement à Toulouse, notamment, que le XIII comme le XV ont eu quelques unes de leurs plus belles heures de gloire, tant aux Minimes qu’au Stadium l’un et l’autre systématiquement plein à craquer et ce n’est peut être pas par hasard si, sous l’impulsion de son president @didierlacroixx, le Stade Toulousain va bientôt permettre au TO XIII de recevoir dignement ses adversaires anglais à Ernest Wallon.

Belle leçon de tolérance et d’ouverture en perspective qui merite d’etre saluée et qui devrait faire des émules pour qu’un jour les deux rugby parviennent à se traiter sans rivalité, d’égal a égal, pour que plus jamais on affuble du mot infamant « jeu » ce noble sport qui se joue aussi magnifiquement à XIII…

Pour oublier la triste période où un rugby a participé au meurtre de son frère au rythme du bruit des bottes sur la triste et détestable partition de la Collaboration, c’est encore aujourd’hui sous l’égide d’une nouvelle collaboration, au sens de l’entraide et du soutien dans une Paix retrouvée, que l’ovalie retrouvera ses lettres de noblesse et les valeurs qui façonnent ce ballon si étrange portées par tous ceux qui en jouent quels que soit leur nombre sur le terrain.

Vive donc le rugby ! A XIII comme à XV…

Franck Alberti

*Robert Fassolette – histoire politique du conflit des deux rugby en France

* photo : France / Kiwi 8 Janvier 1956 au Stadium à Toulouse

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Trèbes 2020 : Soyons dignes et à la hauteur des enjeux

Cinq ans se sont écoulés depuis les précédentes élections Municipales et c’est à Trèbes, où j’ai émigré de Carcassonne il y a plus de trente ans, que j’ai cru devoir m’engager au début de l’année 2014, après un quart de siècle marqué par le règne de Claude BANIS auquel on doit, malgré de trop nombreuses dissensions créées au sein de ses administrés, de belles réalisations sur la commune.

En 2014, Les barons locaux qui avaient toujours été adjoints au Maire depuis les années 80 n’avaient qu’une seule idée en tête : y rester, n’hésitant pas pour cela à se lancer dans la bataille avec pour seul bagage la volonté de nuire au seul motif qu’étant en place depuis tellement longtemps ils ne comprenaient pas pourquoi ils n’y seraient pas encore davantage, comme si la ville leur appartenait.

Au soir du premier tour, cela se soldait par 172 voix a leur actif et c’était déjà les prémisses d’une certaine idée du « dégagisme » qui pointait son nez.

De son coté, le Rassemblement Bleu Marine tentait déjà de faire main basse sur la ville, emmené pour cela par un enfant du village, issu d’une famille d’agriculteurs, qui s’est très tôt engagé politiquement au RPR puis au RPF, cher à Charles Pasqua, avant de se promener opportunément dans les rangs du FN devenu RN, promenade qui l’a conduit aujourd’hui à devenir conseiller Régional d’Occitanie et membre du bureau national du parti d’extrême droite.

Le parti socialiste quant à lui, du haut de son omnipotence départementale et avec le sentiment d’avoir été si longtemps injustement dépossédé de la ville aux trois B, se mettait en transe à l’idée de se réapproprier la commune mais se déchirait pour mettre en place sa tête de liste et le combat fut rude entre celui, président du Club de rugby, qui pensait que c’était incontestablement son tour au bénéfice de ses précédentes vaines candidatures et l’autre, président du club de football, qui s’engageait le 7 Janvier 2014, entre autres promesses et comme s’il s’agissait de l’ambition suprême, à rendre la ville au parti.

Il me semblait que Trèbes ne méritait pas les querelles qui s’annonçaient mais il n’en fallait pas plus pour que je décide d’y participer en constituant autour de moi une équipe qui s’est transformée en une liste, que j’ai présentée au public le 7 Février 2014 et que j’ai cru devoir composer, peut être naïvement et certainement trop tôt, de femmes et d’hommes issus de tous bords et de toutes sensibilités qui avaient pour vocation de se rassembler et d’appeler au rassemblement de tous autour de projets simples et réalisables, non partisans, adaptés à notre ville, s’inscrivant dans l’intérêt de tous les citoyens.

Une association pour aller « ensemble plus loin » était créée avec un objet qui résumait l’essentiel du programme que nous allions défendre.

Alors que la droite commençait à se diluer, que la gauche s’effritait et que le système partisan ne valait plus que par la politique des slogans, par ses oppositions systématiques et stupides, ses basses stratégies et ses promesses non tenues, nous pensions que le temps était venu à Trèbes où les citoyens auraient la capacité de prendre leur destin en main et de se rassembler autour d’un nouveau mode de partage s’inscrivant dans l’intérêt de tous, équilibré, apaisé et constructif. C’est ce que nous proposions.

Mais si rien n’est plus puissant qu’une idée dont le temps est venu, c’est aussi avoir tort que d’avoir raison trop tôt.

En effet, l’heure n’était manifestement pas encore venue de mettre en œuvre nos idées non partisanes mais malgré l’échec, j’avais néanmoins acquis la conviction que personne ne pourrait plus arrêter ce qui se levait parce que finalement, notre seule revendication était celle de la sortie des carcans partisans et de la réhabilitation de notre liberté et c’est au nom de cette liberté, n’ayant personnellement pas eu d’autre ambition que celle d’œuvrer pour l’ensemble des Trébèens, que nous nous sommes retirés au deuxième tour malgré les plus de 17 % de votants enregistrés au premier, refusant ainsi de négocier quoi que ce soit avec quelque candidat que ce soit demeurant en lice, ce qui constituait simplement la suite logique de la campagne saine, sincère et engagée que nous avions menée.

Le 30 Mars 2014, à l’issue du deuxième tour et à trente votants près, c’est Eric MENASSI, un autre enfant du village, qui traînait ses guêtres sur le même banc d’école que le premier, qui a été élu sous la banniere « vraiment Trebes » en recueillant 1252 voix, soit quand même moins de 30 % des inscrits.

*******

Le Maire et son équipe auront fait ce qu’ils ont pu durant ce mandat, dirigés et aiguillés par le tout puissant Conseil Départemental.

Mais tout ceci n’a plus aucun intérêt aujourd’hui à Trèbes.

Les haines et les dissensions, pourtant présentes comme jamais, n’ont plus aucun sens quand on pense que quatre ans jour pour jour après le premier tour des élections municipales qui se sont déroulées le 23 Mars 2014, Carcassonne et Trèbes étaient odieusement frappées par un minable barbare qui a semé la terreur en s’attaquant à des innocents, blessant deux personnes et causant de sang-froid la mort de Messieurs Hervé SOSNA, Jean MAZIERES, Arnaud BELTRAME et de mon ami Christian MEDVES qui était sur ma liste quatre ans auparavant et qui avait dit et écrit de lui, au moment de s’engager :

« Né à Carcassonne il y a 45 ans, c’est le charme de Trèbes, de son vieux village, de son clocher, du canal, de sa proximité avec la ville tout en étant rurale qui nous ont décidé avec mon épouse de nous enraciner à Trèbes il y a 18 ans.
Mon métier c’est Boucher et j’ai la chance de pouvoir l’exercer dans ma ville.
Aujourd’hui, Trèbes est en plein devenir, en pleine expansion et il est important de bien aborder cette évolution.
La première chose à réussir pour que tous les autres projets se réalisent, c’est assurer la sécurité et le bien être des Trébèens. »

Et si assurer la sécurité et le bien être des Trébèens constituaient encore aujourd’hui la première chose à réussir pour que tous les autres projets puissent se réaliser…

Ce drame a laminé la commune de Trèbes et ses habitants et comme si cela n’était pas suffisant, moins de sept mois plus tard, dans le courant de la même année 2018, de terribles inondations anéantissaient une partie de la ville, de très nombreuses maisons, ses installations, sa piscine, le camping, des écoles, traumatisant toute la population et tuant six personnes dans la funeste nuit du 15 Octobre.

Lors de la cérémonie organisée en hommage aux victimes des attentats un an plus tard le 23 Mars 2019, le premier Ministre de la France, Monsieur Edouard Philippe, rendait hommage à « la très grande petite ville de Trèbes » qui était devenue, bien malgré elle, « le symbole de la destruction et de la reconstruction ».

Et si les seules choses qui comptaient vraiment ne résidaient désormais que dans la nécessité de reconstruire cette ville et de regonfler le moral de ses habitants…

Et si la seule chose véritablement utile ne consistait qu’à agir ensemble pour mettre en œuvre et réussir cette reconstruction…

Et si les Trébèens n’avaient besoin que de se sentir assistés, aidés pour pouvoir reconstruire et trouver en eux une bonne raison de ne pas quitter définitivement la ville comme déjà, de nombreuses personnes l’ont fait.

Et si les futurs élus de la commune n’avaient pas d’autres choix que de s’engager pour être dignes et à la hauteur du symbole qu’est devenue la ville de Trèbes qui se serait bien passée d’une telle notoriété…

Et si les futurs élus de Trèbes n’avaient pas d’autres choix que d’enterrer la hache de guerre et de ranger les dissensions et les haines nourries par leurs partisans respectifs, sentiments qui n’ont plus leur place dans une cité qui a souffert comme Trèbes a souffert…

Et si, pour nous en convaincre, nous nous rappelions un instant l’élan de solidarité immense qui s’est emparé de tous les Trébéens dans les jours qui ont suivi les inondations durant lesquels il n’existait plus qu’un maître mot, celui de l’entraide dans la reconstruction à laquelle nous devons tous continuer à participer au-delà de nos différences et jusqu’à la satisfaction générale.

Trèbes a été confrontée, en raison des évènements tragiques qui l’ont terrassée, à une situation inimaginable et les Trébéens lui doivent d’être à la hauteur et donc de réagir d’une manière inimaginable.

Il est inconcevable qu’à l’approche des prochaines échéances électorales, nous puissions oublier les drames qui ont frappé notre commune et faire comme si rien ne s’était passé.

Trèbes n’a pas besoin de vivre cela ! Elle doit marquer sa différence.

Notre différence, c’est que nous ne pouvons pas nous permettre de nier ou de nous attaquer au symbole qu’est devenue notre ville, notre souci ne pouvant pas consister en 2020, comme c’était le cas en 2014, de débusquer l’ennemi, de l’insulter, de le calomnier et de l’exclure pour demain et pour après demain…

Personne ne devrait pouvoir se lancer dans une prochaine campagne avec l’idée fixe de conquérir ou de conserver la Mairie de Trèbes.

Trèbes n’est pas en mesure de supporter que l’on s’engage contre quelque chose ou quelqu’un alors qu’on doit le faire uniquement pour elle, pour sa reconstruction.

Personne ne devrait pouvoir se lancer dans une prochaine campagne à Trebes en pensant qu’en raison de ce qui s’est passé il ne pourra que gagner.

Personne ne devrait pouvoir se lancer dans une prochaine campagne à Trèbes sans avoir la volonté primordiale de faire montre d’humilité et d’aller à l’essentiel, de rassembler toutes les bonnes volontés et de gommer les dissensions devenues ridicules au regard des drames qui nous ont traumatisés et de l’ampleur de la destruction et du traumatisme que la ville et ses habitants ont subi.

La prochaine équipe Municipale devra être obligatoirement composée de femmes et d’hommes qui auront la capacité à célébrer tout ce qui doit nécessairement nous unir et à agir dans le seul but de réussir non seulement la remise en marche de la commune qui prendra de nombreuses années mais également la remise en état de la confiance en l’avenir des Trébéens qui ont souffert et qui souffrent encore d’avoir autant été au cœur de la tourmente en si peu de temps.

La responsabilité de la future équipe Municipale consistera obligatoirement à sortir des querelles partisanes et à engager dans l’œuvre collective de reconstruction toute la population qui n’a pas besoin, contrairement à ce qu’elle pourrait penser, d’être impliquée dans un combat où les bas-instincts prendraient à nouveau le dessus.

Comment peut-on imaginer pouvoir reconstruire la ville de Trèbes en excluant de cet énorme chantier les deux tiers ou la moitié de la population ?

C’est bien ce qui se trame si on ne propose rien d’autre !

Le souci permanent de la future équipe Municipale devra donc être celui de la réconciliation et il devra consister à veiller en permanence à n’oublier personne sur le chemin.

Ne pas oublier nos ainés ni nos enfants,

Ne pas oublier nos actifs, nos commerçants, nos agriculteurs et ceux qui aspirent à le devenir.

Ne pas oublier ceux qui songent à quitter la ville et essayer de leur donner envie d’y rester ne serait ce que par l’image que nous allons leur renvoyer.

Ne pas oublier ceux qui pourraient venir s’y installer auquel nous allons devoir garantir la sécurité et un bien être retrouvé dans notre ville dont l’objectif serait à terme de redevenir attractive.

En bref, il ne faudra oublier personne et n’oublier personne, c’est d’abord penser à tous et agir pour tous, mais cela ne sera pas encore suffisant.

N’oublier personne, c’est aussi témoigner du respect pour tous et permettre à chacun d’avoir droit à une perspective dans sa ville,

N’oublier personne, c’est ne pas être partisan, ne pas agir pour les uns et contre les autres…

Ainsi, parce qu’à Trèbes, comme toujours, cela ne se passera pas comme ailleurs et parce qu’à Trèbes en 2014 figuraient pas moins de cinq listes aux Municipales, je suggère que les candidats potentiels ne se bornent pas en 2020 à « ouvrir » leur liste à quelques personnes venues d’autres horizons pour ratisser plus large comme cela va et doit se faire banalement partout ailleurs.

Le prochain mandat qui débutera en 2020 pour s’achever en 2026 sera forcément à Trèbes un mandat de transition destiné à la seule reconstruction.

Aussi, je suggère que soit constituée pour les prochaines élections municipales de Trèbes non pas une troisième liste qui aurait pour vocation de rassembler ceux qui ne sont pas passionnés par les deux autres listes et même s’ils sont nombreux, cette initiative banale qui ne serait pas à la hauteur des enjeux, pourrait juste porter la responsabilité de ce qui se profile, c’est-à-dire propulser Trèbes plus encore vers la division et le repli qui la gangrène déjà.

Pour être à la hauteur des enjeux, il n’y a qu’une seule solution et je regrette que personne ne l’ait suggérée avant aujourd’hui.

Pour être à la hauteur des enjeux, Il faut parvenir dans huit mois à ne constituer et à ne déposer qu’une seule liste sur laquelle figurera autant de femmes que d’hommes issus de tous les bords voir de toutes les listes précédemment en lisse de sorte que les 29 candidats, laissant au vestiaire les parties qui les clivent, seront tous élus pour composer le futur conseil municipal qui se rassemblera autour d’un projet de reconstruction dont le préambule serait, comme Christian le souhaitait, le retour du bien être et de la sécurité des Trébéens permettant la réalisation de l’entier projet de reconstruction et qui, recueillant l’agrément de tous, renverra à la population l’image d’une magnifique et enthousiasmante union sacrée pour la bonne cause et l’intérêt de tous…

Et pourquoi les mêmes ne sauraient-ils pas défendre d’une même voix les intérêts de Trèbes auprès de Carcassonne Agglo ?

Quand les uns et les autres cesseront de se jeter à la figure leurs reproches ad hominem, peut-être songeront ils à former des propositions constructives pour que Trebes envisage de retrouver sa figure et les Trebeens le bien-être auquel ils aspirent ?

Ne sommes-nous pas tous d’accord pour baisser les impôts locaux ?

Ne sommes-nous pas tous d’accord pour améliorer les conditions de vie dans la ville de Trèbes en organisant durablement son développement notamment en matière d’économie et de tourisme…

Ne sommes-nous pas tous d’accord pour que sorte enfin de sa torpeur la zone de Beragne, dernier Parc Regional d’Activites Économique (PRAE) du Sud de la France à sortie d’autoroute sur lequel ne pousse encore que du blé dur, et au sujet duquel, comme à chaque veille d’élection depuis 30 ans, des annonces de démarrage immédiat vont bientôt être diffusées à la population…

Ne sommes-nous pas tous d’accord pour favoriser la prise en charge de nos enfants ainsi que la solidarité avec les anciens et les plus démunis, pour aider les associations qui œuvrent pour nos loisirs et dans les domaines sportifs, éducatifs ou humanitaires…

Ne sommes-nous pas tous d’accord pour encourager la culture accessible à tous, pour valoriser le patrimoine de Trèbes, tous ses quartiers, ses traditions et ses terroirs tout en modernisant tous les moyens propres à y parvenir…

C’était l’objet de mon engagement en 2014 et il demeure intact et même conforté aujourd’hui.

Ainsi, pourvu que chacun jette dans le fleuve les carcans des parties qui les clivent, dans ce mandat de transition, le Maire pourrait rester le Maire, ses opposants devenir ses adjoints, chacun s’engageant à s’extirper de l’emprise des egos qui nous empêcheraient de mener à bien cette magnifique entreprise qui fera, sans nul doute, parler encore une fois de Trèbes bien au-delà de la région non pas cette fois-ci en rapport aux drames qui l’ont frappée mais eu égard à cette initiative humaine et humaniste que les Trébèens auront su prendre en raison des circonstances et avec la dignité et la hauteur qui s’imposent.

Cette idée apparemment fantasmagorique, qui relève peut-être d’une utopie, constitue pourtant le paroxysme de l’engagement politique dans l’intérêt de tous et s’il n’est évidemment pas réalisable partout, il est néanmoins réalisable à Trèbes et en 2020 en raison de ce que les gens y ont vécu et en fonction de ce qu’ils sont en droit d’y attendre car il n’y a qu’ensemble que nous pourrons reconstruire Trèbes, il n’y a qu’ensemble et en renvoyant cette image d’union que nous pourrons la mener plus loin.

Je sais que cette idée ne laissera pas indifférent ceux qui aiment leur ville et dont la volonté ne consiste qu’à s’engager pour elle et pour l’ensemble de ses habitants.

Et si cela marchait ?

Qui pourrait en effet refuser de tenter cette aventure d’union municipale dans l’intérêt de nos concitoyens Trébéens qui ont bien droit et besoin d’une telle conversion positive du regard sur la politique locale ?

Ce que vous venez de lire vous incite peut-être à sourire et à rétorquer que « la politique c’est sérieux !  » mais c’est bien parce que la politique c’est sérieux et qu’il n’y a pas de plus beaux engagements que celui qui consiste à s’engager pour servir les autres que j’invite chacun à y réfléchir sérieusement et à réaliser à quel point nous serions bien inspirés d’essayer d’y donner suite avec détermination.

J’invite le Maire bien entendu, j’invite ses opposants évidemment et je m’engage bien sûr moi-même à faire comme les autres, le cas échéant, ma part sur ce chantier pour que cela réussisse.

Nous devons bien cela aux Trébèens car le pessimisme de la lucidité sur notre passé nous oblige à l’optimisme de la détermination pour notre avenir.

A vous lire ! et tant pis pour celui qui osera refuser, signifiant ainsi qu’il privilégie ses intérêts personnels à ceux de la commune !

Franck ALBERTI