La civilisation de l’olivier…

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Il existe sur notre Terre un arbre si familier qu’on l’appelle par son prénom, c’est un arbre à la silhouette noueuse qui évoque chez nous dans le midi de la France le soleil, la chaleur, le chant des cigales et les collines chères à Marcel Pagnol.

C’est un arbre d’exception qui a suscité et suscite encore une fascination tant il représente notre civilisation au sein de laquelle il est omniprésent.

Il est vrai que d’après ce que l’on sait, les Perses le cultivaient il y a 14000 ans, bien avant les Egyptiens dont on sait qu’ils le faisaient pousser 6000 ans avant notre ère.

Dès 2500 AVJC, les Crétois en ont extrait de l’huile et nos ancêtres en ont planté à partir de 600 AVJC dans le Midi de la France où l’on investi encore de nos jours dans des plantations et des moulins à huile comme la famille BARDOU du Domaine des Pères qui inscrit son nom dans cette tradition à Trèbes (11) et dans le Minervois.

Même s’il n’est cultivé essentiellement que dans les pays méditerranéens, il a une dimension universelle et exerce sur l’humanité un impact fondamental.

Il est le symbole de la longévité et de la ténacité et aujourd’hui encore, de jeunes rameaux poussent sur des racines vieilles de plus de 2000 ans.

Dans le bassin Méditerranéen qui est son terroir de prédilection, il existe des arbres millénaires comme à Jérusalem où un mont porte son nom et où certains spécimens, qui constituent un trésor national, dépassent les 5000 ans.

En France et plus précisément dans le sud de la France, il était présent bien avant la vigne et il se dit qu’un des plus vieux arbres, de plus de 2000 ans, se trouve à Cap Martin dans les Alpes Maritimes tandis qu’en Espagne, dans la Senia, un spécimen dénommé « la Farga del Arion » aurait été planté en 314 sous l’empereur Constantin selon une datation  de l’université polytechnique de Madrid…

Il est un arbre sacré et à ce titre, il est souvent cité dans la bible où, dans le catholicisme ou le judaïsme, son huile est la divine source de lumière servant de guide aux hommes.

Les Hébreux pressaient son huile à la main et en enduisaient leurs grands prêtres, leurs juges et leurs rois pour que leur soit conféré la puissance et l’autorité.

Le Coran également enseigne que cet arbre est sacré, qu’il est « l’arbre central », symbole de l’Homme universel. Associé au figuier, il est l’axe du monde, l’arbre sacré du paradis au sujet duquel Mahomet aurait dit : « consommez de l’huile et frottez vous le visage car elle provient d’un arbre béni »…

Selon Homère, il est le symbole de la force, Hercule en faisait ses massues ainsi que le pieu qu’il utilisa pour vaincre le cyclope.

Il est également symbole de fidélité peut être parce que le lit de Pénélope était de son bois et qu’il n’accueillit aucun des prétendants au royaume d’Ithaque, celle-ci étant restée fidèle au héros grec durant ses 20 ans d’absence.

En 400 AVJC, dans les jardins de l’académie, Platon enseignait la philosophie à l’ombre de son feuillage et il est encore et toujours très agréable aujourd’hui de déjeuner sous cet arbre qui nous abrite comme un frère le ferait, c’est-à-dire en nous protégeant des coups de soleil mais en laissant quand même passer la lumière.

Il est symbole d’éternité car il ne perd pas ses feuilles qui demeurent vertes, couleur de l’espérance en la vie éternelle et il est aussi symbole de sagesse car les rigueurs du climat ne le rebutent pas, il donne ainsi une leçon d’exigence et de vie, portant ses fruits en hiver quand le froid condamne au sommeil tous les autres arbres et mettant l’homme à l’épreuve en lui imposant de faire montre de création et de mesure pour transformer le caractère amer du fruit en une douce huile purificatrice.

Il a été et demeure symbole de victoire et de récompense comme à Athènes aux Jeux Olympiques où jarre de son huile et couronne de ses feuilles étaient offertes aux vainqueurs

Mais quand une colombe porte à Noé un de ses rameaux à la fin du déluge, il est aussi symbole de paix entre Dieu et les hommes et de pardon.

En Inde où il est encore l’arbre de la pacification et de l’apaisement, on en offre à une rivière en crue pour la faire rentrer dans son lit ou à un typhon pour le détourner d’une région ou encore pour calmer la violence d’un tremblement de terre.

En Chine, il protégeait contre le poison et plus généralement, il était réputé pour renforcer la fécondité des femmes et accroître la vigueur sexuelle des hommes.

Il existe encore des endroits, dans le sud de la France, où l’on croit pouvoir, en plaçant quelques feuilles sous le matelas à hauteur de la tête, transformer un époux ou une épouse acariâtre en un partenaire doux et aimable.

Ce n’est par hasard enfin que les immortels de l’Académie Française arborent encore et toujours des broderies vertes sur leur habit qui représentent une de ses branches qui ornait également naguère les pièces de monnaie française de un franc.

Sur le drapeau de l’ONU, c’est encore une couronne de ses rameaux entourant le monde qui symbolise la paix universelle….

Je veux croire en la civilisation de l’olivier qui, sans que nous le réalisions vraiment, est le témoin privilégié de notre histoire qu’il accompagne à chaque instant. Il est symbole d’éternité, de paix, de fidélité, de sagesse et d’espérance et c’est sûrement pour toutes ces raisons, et bien d’autres peut-être encore, qu’un olivier a été planté dans le jardin de Christian. Comme une main tendue destinée à recevoir ce qu’il a encore à nous donner, cet arbre nous signifie que notre ami est et sera toujours là, fort et généreux, éclairant famille et amis, les invitant à réfléchir et opposant les symboles, la lumière, la force, la beauté et la sagesse à l’obscure déviance des hommes.